La prise en charge de victimes susceptibles de présenter un traumatisme du crâne nécessite de réaliser et transmettre un bilan spécifique détaillé. Celui-ci se révélera important pour la prise en charge médicale de la victime et le diagnostic de ses lésions.

Les différents types de traumatismes

Les lésions possibles du crâne résultent de son anatomie. La figure ci-contre présente de manière très simplifiée ses différentes parties. On distingue :

- les os de la voûte, partie relativement mince,
- les hémisphères cérébraux formant le cerveau proprement dit (le cerveau permet la conscience, la mémoire, les mouvements volontaires et exerce un contrôle inconscient sur plusieurs fonctions de l’organisme),
- le cervelet, ou petit cerveau (son activité n’est pas sous le contrôle de la volonté, il permet de coordonner les mouvements musculaires et participe en particulier à l’équilibre),
- enfin le tronc cérébral (il véhicule les influx nerveux partant et arrivant du cerveau, et commande directement certaines fonctions vitales telles que la respiration, la circulation...)

La contusion du cerveau

Exemple de situation : un motard casqué percute avec la tête un poteau. Le tronc cérébral percute alors les structures osseuses de la base du crâne et s’en trouve « sidéré ». Cela entraîne une perte de conscience. Au même moment, le cerveau est projeté contre la voûte, ce qui entraîne une contusion devant et derrière la tête. Cette contusion apparaît doublement localisée au niveau de l’impact et à l’opposé en raison du contrecoup.

La contusion provoque un œdème cérébral qui apparaît plus ou moins vite. L’examen initial par le secouriste est très important pour juger de l’évolution ultérieure de la victime.

Le choc direct

Il peut en résulter une fracture de la voûte crânienne, et un hématome intracrânien.

Le trauma crâno-facial

Le traumatisme crânien s’accompagne d’un traumatisme de la face, pouvant conduire à une rupture de la base du crâne. Dans ce cas on peut parfois observer l’écoulement d’un liquide clair par le nez. Une disparition de l’odorat de la victime laisse augurer le cisaillement des filets nerveux de l’odorat dans la fracture crano-facialle. Ces signes initiaux sont important pour le bilan de la victime et doivent être soigneusement notés et transmis.

Les hématomes

Une enveloppe blanche, la dure mère, entoure le cerveau. Elle est irriguée de vaisseaux sanguins. On distingue deux types de lésions :

- l’hématome extra-dural est un saignement situé entre la voûte crânienne et le cerveau. Typiquement, la victime présente une perte de connaissance initiale, puis reprend conscience. Ensuite, le développement de l’hématome provoque un coma. Il peut aussi y avoir coma d’emblée, sans reprise de connaissance ;
- il peut aussi y avoir un hématome sous-dural, c’est à dire situé entre la dure mère et le cerveau.

Importance du bilan initial

Le premier examen, réalisé par l’équipe secouriste sur le lieu de l’accident, revêt une importance considérable pour le diagnostic médical. En effet, il faut profiter de la période de conscience de la victime pour noter un certain nombre de signes. Il faut aussi noter l’évolution de ces signes dans le temps, jusqu’à la médicalisation.

On utilise couramment l’échelle de Glasgow, qui est répandue mondialement. Elle permet d’établir un score neurologique initial.

L’échelle de Glasgow

L’échelle de Glascow est constituée par l’addition de 3 notes attribuées à l’ouverture des yeux, la réponse verbale et la motricité. Pour chaque paramètre la note est attribuée en fonction de l’état de la victime en se référant aux critères ci-dessous.

OUVERTURE DES YEUX RÉPONSE VERBALE MEILLEURE RÉPONSE MOTRICE
4 SPONTANÉE Ouverture spontanée des yeux 5 ORIENTÉE La victime a conscience de soi et de son environnement 6 OBÉIT A un ordre oral
3 AU BRUIT à la parole 4 CONFUSE Conversation possible mais confuse ou désorientée 5 ORIENTÉE Réagit à un stimuli par un mouvement de flexion pour faire disparaître la cause de la douleur.
2 A LA DOULEUR Provoquée par une stimulation des membres ou du tronc 3 INAPPROPRIÉE Mots compréhensibles mais conversation impossible 4 ÉVITEMENT Pas orienté mais flexion rapide du coude avec évitement
1 JAMAIS 2 INCOMPRÉHENSIBLE Gémissements ou grognements 3 DÉCORTICATION Membre sup. : réponse en flexion lente ; membre inf. : extension.
1 RIEN 2
DÉCÉRÉBRATION
Membre sup. en rotation interne et hyper extension.
Membre inf. en extension et flexion plantaire
1 RIEN

Le score minimal d’une victime est 3 (coma aréactif), le maximum 15 (sujet « en bonne santé »).

Les autres signes à rechercher

Le score de Glasgow ne prend pas en compte certains signes qu’il faut rechercher en supplément. On notera en particulier :

- une motricité non symétrique
- les paralysies observables
- la réactivité des pupilles à la lumière
- la taille des pupilles
- l’asymétrie pupillaire
- les plaies du cuir chevelu
- les écoulements de liquide (nez, oreille)

mise à jour 28/03/01 avec les conseils d’Yves Bénisty

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Les traumatismes du crâne

18 juin 2015 par manu

Qu’en est il de la pose d’une poche de froid lors d’un coup ou d’un saignement au niveau du crane - est e préconisé oui ou non et pourquoi ??

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Les traumatismes du crâne

16 juin 2006 par djidji68spv

est t’il vrais qu’une personne qui est ds le coma entend tout ce qu’elle entend autour d’elle est ce quond lui dit

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Les traumatismes du crâne

9 août 2007

j ai ete victime d un accident de la route il y a trois mois et j ’etais dans le coma pendant un mois.

POUR MA PART JE N AI ABSOLUMENT RIEN ENTENDU DU MONDE EXTERIEUR, c’est-à-dire je n ’entendeai ni les medecins, ni ma famille quiétait presente chaque jour.

Il m ’a semblé voir l’eau delà et j ’ai vu les membres de ma famille décedé

en tous cas je n’étais plus dans ce monde.

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Les traumatismes du crâne

14 février 2006 par pompier du 31

bjrs je voudrais savoir si c est vrai qu on l on a une asymetrie pupillaire opposée au coté du traumatisme cranien pupille gauche modifiée pour un tc a droite par exemple merci de votre reponse

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Les traumatismes du crâne

8 mars 2006 par MaximeNoelLamy

Oui, le nerf crânien sera affecté du côté contrelatéral. Si l’hématome est situé d’un côté de la boîte crânienne, l’augmentation de pression se fera d’abord sentir plus intensément du côté opposé ; le crâne est un espace au volume limité et le côté qui augmente de volume presse sur l’autre côté, qui est comprimé sur l’os. Le réflexe pupillaire est contrôlé par le nerf crânien oculomoteur, qui peut être comprimé dans de telles situation. La pupille du côté opposé sera donc la première à être dilatée et à répondree mal à la lumière. Par contre, après quelques temps, l’oeil où se situe la masse (hémorragie dans ce cas) aura aussi un réflexe pupillaire aboli.

En espérant que ce te sera utile,

Maxime Noël-Lamy

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