La noyade est une détresse respiratoire aiguë due à la pénétration d’eau dans voies aériennes et digestives. Au sens strict, on distingue les noyés, qui décèdent à la suite de cette submersion et les quasi-noyés qui survivent à la submersion, même s’ils sont trouvés en état de mort apparente.

Il s’agit d’un accident relativement fréquent : en 2002, l’enquête noyades [1] a recensé 3141 noyades pendant la saison été (entre le 1er juin et le 30 septembre) dont 409, soit 13 %, ont été suivies de décès.

Dix ans plus tard, la situation est toujours préoccupante. Sur la même période d’été, il y eu 1235 noyades accidentelles, entraînant 496 décès (40 %) [2].

Circonstances et prévention

Piscines privées

Il y aurait environ 400 000 piscines privées en France. Les noyades accidentelles concernent majoritairement des enfants de moins de six ans et sont souvent consécutives à une chute, un défaut de surveillance, au franchissement d’une barrière de sécurité, au fait de ne pas savoir nager. Il est donc essentiel de maintenir une surveillance rapprochée permanente des jeunes enfants lorsqu’ils se trouvent aux abords d’une piscine privée, même lorsque des dispositifs de sécurité (barrières...) sont présents.

Par ailleurs, la loi du 3 janvier 2003 relative à la sécurité des piscines impose la mise en place de dispositifs de sécurité normalisés, à compter du 1er janvier 2004, dans toute nouvelle piscine enterrée non close à usage individuel ou collectif. Pour les piscines installées avant cette date, ces dispositifs devront être mis en place avant le 1er janvier 2006. Les principaux équipements normalisés proposés aux consommateurs sont les barrières de sécurité, les systèmes d’alarme, les couvertures et les abris de piscines. Les barrières de sécurité, qui seraient le moyen de protection le plus simple et le plus efficace, sont régies par une norme expérimentale publiée par l’Afnor [3].

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Photo CDC

Piscines ouvertes au public

Les noyades accidentelles dans ces établissements sont souvent liées au fait de ne pas savoir nager, aux conduites à risques ou à la présence d’une pathologie préexistante. L’apprentissage précoce et une bonne maîtrise de la nage, la prise de conscience des dangers de l’eau pour éviter les conduites à risques volontaires ou non, sont les principaux moyens de prévention.

Noyades en cours d’eau

Les noyades en cours d’eau présentent un risque élevé de décès. Elles sont souvent le fait d’adultes. Les chutes, l’alcool et les accidents nautiques en sont les principaux facteurs. Concernant les activités nautiques, il faut rappeler l’importance du port d’un gilet de sauvetage.

Plans d’eau

Les noyades en plan d’eau sont souvent liées à la survenue d’un malaise, ou à un problème de santé préexistant. Par ailleurs, de nombreux plans d’eau ne sont pas surveillés, et relativement isolés ce qui rend l’intervention des secours tardive. Lorsque survient une noyade, la connaissance des gestes de secourisme par les témoins de l’accident est donc importante.

Noyades en mer

Les noyades en mer surviennent essentiellement dans la région Aquitaine (Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gironde). Dans la plupart des cas, le phénomène appelé « courant de baïne » est en cause. Toutefois, grâce à l’intervention immédiate des maîtres-nageurs sauveteurs présents sur les plage, ces noyades sont rarement suivies d’une hospitalisation.

Dans les cas les plus graves conduisant parfois au décès, les forts courants, l’épuisement, la survenue de malaises, la baignade en zone interdite constituent les causes d’accident les plus fréquentes. Les maîtres-nageurs sauveteurs donnent les conseils suivants :

- éviter le choc thermo-différentiel (hydrocution) en entrant progressivement dans l’eau, en se mouillant d’abord les bras et le cou ; cela doit être particulièrement observé après une exposition prolongée au soleil ;
- se baigner dans les zones surveillées,
- s’informer sur les courants de baïne, informer les personnes autour de soi (en particulier les touristes) des dangers méconnus de ces courants ;
- ne pas se laisser tenter par un bain de minuit après une soirée arrosée : l’acool est un facteur de risque supplémentaire et les plages ne sont pas surveillées le soir ;
- éviter de plonger dans la vague de bord à marée haute, cette pratique étant à l’origine de traumatismes du rachis cervical.

Situation de détresse

Les quasi-noyés peuvent présenter différents tableaux, selon le stade de la noyade [1], [4].

stade état de la victime bilan secouriste
Aquastress accident aquatique sans inhalation de liquide, hyperventilation, tachychardie, frissons, tremblements Victime consciente, qui respire, faible, angoissée, a froid. Pouls et ventilation accélérés.
Petite noyade encombrement liquidien broncho-pulmonaire, cyanose des extrémités, épuisement, hypothermie Victime consciente, qui respire, épuisée, angoissée, cyanosée, froide. Présente des signes de détresse ventilatoire. Pouls accéléré.
Grande noyade détresse respiratoire aiguë Conscience altérée (inconscient ou conscient avec trouble du comportement), détresse ventilatoire majeure, ventilation rapide ou lente, pouls accéléré. Victime froide.
Anoxie arrêt cardio-respiratoire en cours d’installation ou avéré et coma aréactif Victime inconsciente aréactive, pas de ventilation, pouls très lent ou absent, pouls radial non perçu, hypothermie.

Les troubles observés sont dus à l’irruption de l’eau dans les voies aériennes, puis dans les alvéoles pulmonaires, ce qui provoque la destruction des alvéoles pulmonaires, donc la détresse ventilatoire.

Conduite à tenir par les secouristes

Dans tous les cas , après avoir sorti la victime de l’eau :

- oxygénothérapie après libération et désobstruction des voies aériennes
- si consciente : inhalation simple avec un débit adaptée à l’âge
- la ventilation est absente ou inférieure à 6 mouvements par minute : insufflations
- appeler le 15 et demander un renfort médical même pour les cas semblant sans gravité car une aggravation secondaire est toujours possible
- déshabillage, séchage et emballage dans une couverture isotherme sans retarder la pratique des gestes de réanimation
- ne pas tenter d’extraire l’eau intra-pulmonaire
- ne pas faire vomir la victime
- surveiller en attendant l’arrivée des secours médicaux : la conscience, la coloration, la ventilation, le pouls, l’efficacité de l’oxygénothérapie

En fonction des signes observés :

- pose d’un collier cervical si chute la tête la première
arrêt cardio-ventilatoire : massage cardiaque externe, ventilation artificielle et mise en place du défibrillateur semi-automatique (DSA),
- si trouble de la vigilance avec présence de ventilation : position latérale de sécurité (PLS)
- si consciente : position demi-assise.

Voir aussi à ce sujet le site de la Croix-Rouge française [5]

Notes

[1Ministère de l’intérieur, Institut de veille sanitaire Surveillance épidémiologique des noyades : enquête noyade 2002. En ligne http://www.invs.sante.fr/publications/2003/noyades_2002/

[2INVS, DGSCGC, Enquête noyades 2012, premiers résultats définitifs (PDF), 5 décembre 2012

[3AFNOR PR NF P90-306 Septembre 2003 Éléments de protection pour piscines privées familiales ou à usage collectif - Barrières de protection et moyens d’accès au bassin - Exigences de sécurité et méthodes d’essai

[4Dr F. Richter (2003) Noyades et pertes de connaissance dans l’eau en plongée, Secourisme Revue n°142 pp. 7-13 (édité par l’ANIMS)

[5Croix-Rouge française (2003) Que faire en cas de noyade. En ligne
...bobos/noyade.asp

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> La noyade

16 mai 2005 par Martial

Dans le lien suivant http://www.secourisme.net/article1.html les termes de "petit hypoxique" (pour le stade 2) et "grand hypoxique" (stade 3) ont-ils été abandonnés au profit d’une terminologie de vulgarisation ("petite noyade" et "grande noyade") ?

Dans lien suivant http://www.distrimed.com/conseils/page_noyade.htm ne trouvez-vous pas inacceptable le protocole de traitement d’une victime de la noyade ?

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> La noyade

4 juin 2005

actuellement et selon enquete 2004 la terminologie est toujours de aquastress,petite hypoxie,gde hypoxie,anoxie,et donc enseignée dans les bnssa,beesan,caepmns,sb.

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