La mise en PLS d’un blessé de la route nécessite des précautions particulières, celui-ci pouvant être victime de lésions cervicales. Les secouristes en équipe disposent d’une technique à trois secouristes qui permet de maîtriser le risque d’aggravation d’une telle lésion. Le CAPSU préconise que dans le cadre de l’enseignement des gestes face à un accident de la route, le grand public apprenne une technique de PLS à deux personnes.

Nous avons un problème en France avec la PLS, position latérale de sécurité (et d’attente) mise au point par le Professeur Marcel ARNAUD dans le cadre du secourisme routier. Cette PLS était donc pratiquée à trois secouristes. Parfois même à quatre : un à la tête qui dirige la manœuvre, un aux pieds, deux sur le côté opposé au retournement.

Mais, avec la création des GES (gestes élémentaires de survie) il a été proposé à partir de 1976 une PLS pratiquée seul. Ce qui était exceptionnel. C’est ensuite ce qui est resté et on a « oublié » la PLS à trois secouristes et même à deux !

Rappel de quelques références du CAPSU sur la PLS (liste non exhaustive) :

- Lettre du Professeur Marcel ARNAUD du 23.10.1976 sur la PLS pratiquée « seul » ! (Publiée dès le 1er mémoire sur les « 5 gestes qui sauvent » en 1981).
- 7e mémoire sur les « 5 gestes qui sauvent » (1999).
- Tome IV sur l’œuvre du Professeur ARNAUD (PLSA) en 2006.
- 10e mémoire, volume 2 sur les « 5 gestes qui sauvent » en 2008.
- Bulletins du CAPSU n° 38 (2006), puis 39, 40, 41, 42, 43.

Pour la mise à jour des références bibliographiques du CAPSU en 2014, le thème PLS sera ajouté afin de regrouper, de lister, tous les articles, textes divers, etc. publiés par l’association à ce sujet.

Nous nous heurtons, pour l’approbation du projet de formation aux « 5 gestes » à la discussion, voire la critique, sur le 5e geste « sauvegarder » (garder la vie sauve) par la mise en PLS (sur le côté) d’un blessé inconscient (ce qui peut être le cas d’une personne éjectée, d’un piéton renversé ou du conducteur d’un deux-roues).

Ce fut le cas en 1998 lors du débat d’un projet de loi sur la sécurité routière au Parlement où, dans « l’incertitude », l’amendement du député Patrick DELNATTE fut repoussé !

Le ministre de l’Intérieur, lors du débat à l’Assemblée le 11 octobre 2012 pour la discussion de la proposition de loi du député Bernard GERARD reprendra cette argumentation. Il faut y mettre un terme !

Il faut distinguer, nous le répétons sans cesse, la mise en PLS dans l’attente de l’arrivée des secours – car il y a urgence pour la survie de la victime – d’une personne « malade » ou d’une personne « blessée » — que ce soit lors d’un accident de la route ou d’un autre accident (domestique par exemple). Pour mettre une personne inconsciente, non blessée, en PLS, on peut le faire seul sans précautions particulières. La victime doit être en position latérale, tête bien positionnée pour assurer la LVA (liberté des voies respiratoires aériennes) que l’on surveille jusqu’à l’arrivée des secours.

Mais pour un blessé, il faut prendre des précautions afin de ne pas aggraver des fractures ou autres lésions… même si on n’a pas le choix, il faut mettre le blessé inconscient en position latérale !

Le CAPSU souhaite un débat afin qu’on n’y revienne plus en permanence même si la PLS (5e geste) nous la préconisons à deux personnes : une qui se charge essentiellement de la tête et une qui pivote le corps sur le côté et va le caler.

Dans un article « Positions d’attente et de transport » (Urgence pratique n° 29 – 1998) trois médecins font le point sur diverses positions à donner aux blessés.

S’agissant de la PLS (en reprenant le dessin de France Sélection – éditeur du « Précis de secourisme routier » du Professeur ARNAUD, 1ère édition 1971), ils rappellent les précautions à prendre si un blessé (de la route) peut être « potentiellement porteur d’une lésion du rachis cervical ». C’est en effet la hantise de tous les intervenants, qu’ils soient sapeurs-pompiers, médecins de SMUR ou secouristes des associations lors de postes de secours. Mais ils savent prendre les précautions qui s’imposent car la PLS « en équipe » n’est pas la PLS « seul » !

Et ils ajoutent : « mais même dans cette situation, c’est le risque vital qui prime ».

Extrait :

La PLS est indiquée en cas de troubles isolés de la conscience, c’est-à-dire en l’absence de détresse respiratoire ou circulatoire associée. Elle permet d’assurer un certain degré de liberté des voies aériennes (la tête de la victime est ramenée avec précaution vers l’arrière) et de limiter le risque d’inhalation du contenu gastrique (la bouche est légèrement ouverte et dirigée vers le sol). La mise en PLS constitue une manœuvre à risques dans le cadre de la prise en charge d’un blessé potentiellement porteur d’une lésion du rachis cervical, mais même dans cette situation, c’est le risque vital qui prime devant l’éventuelle aggravation d’une lésion neurologique supposée. (...)

Pour les « 5 gestes » (face à un accident de la route), il est prévu dans le projet pédagogique la PLS à deux personnes (une à la tête qui dirige et contrôle la manœuvre – l’autre sur le côté pour placer le corps latéralement).

Evidemment, si un témoin se trouve seul, il pratiquera la PLS seul en prenant toutes les précautions possibles.

Il suffit de voir sur Internet – donc à disposition de toute la population – ce qui est indiqué au sujet de la PLS. On parle alors de « sauveteur isolé ». Voir sur Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Positi....

Pour la formation au sein de l’Éducation nationale, nous avons repris le référentiel qui reprend le programme PSC1??. Que ce soit une personne inconsciente victime d’un malaise ou d’un accident, la consigne est claire : placer en position latérale de sécurité (PLS) une victime qui a perdu connaissance et qui respire, en proposant la méthode à suivre. On voit bien que pour un blessé de la route il n’est pas possible de retenir cette méthode !

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PLS : extrait du référentiel PSC1 Éducation nationale

Nous devons donc en rester aux consignes de son créateur, Le Professeur ARNAUD (qui a approuvé la brochure « 5 gestes » en 1972) :

- Secouristes professionnels ou des associations : PLS à 3
- Public (5 gestes) : PLS à 2.

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