Question écrite de Mme Laurence Trastour-Isnart (Les Républicains - Alpes-Maritimes )

Texte de la question

Question publiée au JO le : 07/08/2018 page : 7065

Mme Laurence Trastour-Isnart attire M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur, sur les doléances des sapeurs-pompiers qui souhaitent que le 112 devienne le numéro d’appel unique en cas d’urgence. Si depuis plusieurs années, l’État a engagé des réflexions et des expérimentations portant sur l’unification des plateformes de réception des appels d’urgence, différentes associations de sapeurs-pompiers déplorent que l’on apprenne toujours aux personnes suivant les actions de sensibilisation aux gestes qui sauvent la palanquée de tous les numéros d’appel des secours : 15, 17, 18, 112, 114, et cætera. Or un appel au mauvais service de secours lors d’une urgence rallonge la durée de l’appel et sollicite plusieurs opérateurs répétant une même question, ce qui engendre une perte de temps inutile, voire grave. C’est pourquoi, elle souhaite connaître les mesures envisagées par le Gouvernement pour imposer le 112 comme numéro unique aux institutions publiques, associatives et lors des actions de sensibilisation aux gestes salvateurs.

Texte de la réponse

Réponse publiée au JO le : 02/10/2018 page : 8841

Le projet de système d’information unifié des services d’incendie et de secours (SIS) et de la sécurité civile, nommé NexSIS 18-112, est conduit depuis avril 2017 par une équipe de préfiguration, placée sous l’autorité du directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, pour assurer la création de l’établissement public administratif porteur du programme, proposer la cible fonctionnelle de la solution, compléter l’analyse des choix technologiques, garantir l’interopérabilité des systèmes et proposer la stratégie industrielle adaptée. Un an après le début des travaux de cette mission de préfiguration, toutes les spécifications techniques et fonctionnelles de NexSIS ont été rédigées et synthétisées dans un plan projet, qui permettra l’engagement d’un processus de développement dans le cadre d’une méthode souple et fera l’objet d’échanges avec la gouvernance des SIS en septembre 2018. La mission de préfiguration a par ailleurs pris une part active aux travaux engagés par le ministère de l’intérieur en collaboration avec le ministère des solidarités et de la santé, afin de définir le cadre d’interopérabilité des situations d’urgence, de prévoir son implémentation pour répondre aux besoins de partage de données avec les systèmes d’information opérationnel des autres services d’urgence. Répondant aux caractéristiques des grands projets informatiques, conformément à l’article 3 du décret n° 2014-879 du 1er août 2014 relatif au système d’information et de communication de l’État, NexSIS fait actuellement l’objet d’un avis conforme de la direction interministérielle du numérique et des systèmes d’information et de communication de l’État. Le déploiement de NexSIS est envisagé de manière progressive de 2021 à 2025, en cohérence avec les besoins des SIS, la fin des amortissements financiers des systèmes actuellement en service et de leurs obsolescences effectives. Une version prototype de NexSIS, attendue fin 2019-début 2020, sera déployée en phase de test dans le SDIS 77. Cette version évoluera courant 2020, afin d’intégrer toutes les fonctionnalités attendues en version initiale, et effectuera l’ensemble des tests de qualification. La version opérationnelle sera généralisée, fin 2020, pour l’ensemble des SDIS qui migreront vers NexSIS, dès l’année 2021. En plein accord avec l’assemblée des départements de France et l’association des maires de France et présidents d’intercommunalités, il a été choisi de laisser à chaque SIS le libre choix de migration vers le futur système unifié. S’agissant de l’établissement public administratif à gouvernance partagée entre l’État et les SIS, après avoir reçu un avis favorable, une fois l’ensemble des consultations préliminaires terminées, le projet de décret portant création de l’agence du numérique de la sécurité civile est actuellement en cours d’étude au sein de la section de l’intérieur du Conseil d’État. Sa publication est attendue pour l’automne 2018. Enfin, pour faire suite à la déclaration du Président de la République du 6 octobre 2017 [1], d’étudier la création des plates-formes uniques de réception des appels d’urgence et la mise en place du numéro unique d’appel d’urgence européen, une mission conjointe d’évaluation de l’Inspection générale de l’administration et de l’inspection générale des affaires sociales a été diligentée le 5 janvier 2018 par les ministres de l’intérieur et de la santé. Les conclusions de cette mission conjointe, qui permettra au gouvernement de conduire les arbitrages dans le domaine des numéros d’urgence (112, 15, 17 et 18), sont attendues pour l’automne 2018.

Notes

[1« Ensuite, ce quinquennat doit être aussi l’occasion avec ce même objectif, de mettre en place des plates-formes uniques de réception des appels d’urgence. Aux États-Unis, il suffit de faire le 911 ; en Europe et tout particulièrement en France, c’est beaucoup plus compliqué. Au moment de la mise en place en l’an 2000 au niveau européen du numéro d’appel d’urgence unique 112, de nombreux États européens ont réorganisé leur numéro d’appel comme l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg, la Finlande ou la Suède, souvent pour n’en conserver qu’un seul ; mais la France a conservé le 15, le 17, le 18 et elle a rajouté le 112 et le 115. Nous n’avions pas alors saisi tout le potentiel et l’opportunité offerte par cette réforme pour nos concitoyens mais nous avons besoin d’une plateforme commune, de simplifier les choses et d’avoir une plateforme commune de réception des appels beaucoup plus simple - des innovations ont été faites sur certains territoires, des centres commun ont émergé dans une quinzaine de départements, je souhaite que nous puissions aller plus loin, simplifier les choses pour qu’un meilleur service, une plus grande simplification, ces réflexes du quotidien soient pleinement adoptés. »

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