L’application permet d’envoyer des alertes ou des SOS dans son voisinage, dans un rayon de 500 m.

Imaginez que vous soyez secouriste prépositionné sur un poste de secours. Tout à coup, vous recevez un message sur votre smartphone, envoyé par un participant à la manifestation dont vous assurez la couverture sanitaire. Le message est un SOS qui vous informe qu’une personne fait un malaise à moins de 500 m et a besoin d’assistance. Vous prévenez votre chef d’équipe qui vous accompagne sur place et vous prenez en charge la victime. Grâce à ce système, ce témoin n’aura pas perdu de temps à trouver et rejoindre votre poste de secours pour vous alerter. Les précieuses minutes gagnées vous permettent de sauver une vie. L’intervention terminée, vous reprenez votre smartphone, et en une seconde vous informez toutes les personnes de la manifestation que la victime a bien été secourue.

Science-fiction ? Non, ce scénario pourrait devenir réalité dès aujourd’hui, grâce à une toute nouvelle application, Qwidam.

L’interface de Qwidam

Entraide

Les quidams, ce sont les personnes que l’on croise, sans pouvoir les désigner avec plus de précision, parce qu’on ne les connaît pas. Pour autant ils ou elles peuvent nous renseigner, nous aider ou avoir besoin d’aide. Telle est l’idée de base de l’application Qwidam : permettre à des inconnus de s’entraider.

Les deux actions que sont invités à réaliser les utilisateurs (ou qwidams) sont :

- l’émission d’une alerte : elle vise à signaler une zone de danger ou une situation à risque que les autres utilisateurs pourront ainsi éviter ;
- l’émission d’un SOS : il vise à demander de l’aide, par exemple pour rechercher un enfant perdu ou être secouru.

L’application n’est pas reliée directement aux services d’urgence, mais, si nécessaire, l’utilisateur peut alerter les secours (15, 17, 18) à l’aide d’un bouton dans l’interface de l’application. De plus, l’application indique si un service de secours a été appelé à l’aide d’un de ces boutons, ce qui permet d’éviter de doubler inutilement l’appel.

Toutes les personnes situées dans un rayon de 500 m, ou à défaut les 10 plus proches, reçoivent sur leur smartphone l’alerte ou le SOS émis par le qwidam. De plus chacun peut définir deux contacts d’urgence qui reçoivent également le SOS où qu’ils soient dans le monde. Dès lors, les personnes qui ont reçu l’information peuvent si elles le souhaitent apporter leur aide dans le cas d’un SOS, ou confirmer la réalité du problème dans le cas d’une alerte. La confirmation permet de valider l’information et la rendre plus crédible. Il existe aussi une possibilité de relayer l’information dans son propre voisinage si nécessaire, pour que les personnes aux alentours puissent également se mettre en sécurité.

Les personnes qui ne font pas partie du voisinage ni des contacts d’urgence ne reçoivent pas l’information de manière automatique. Néanmoins, il est toujours possible de visualiser l’ensemble des alertes et SOS en temps réel sur la carte du monde interactive de l’application. Cette carte indique les alertes par une pastille orange et les SOS par une pastille rouge.

En temps normal, les qwidams sont anonymes. L’identité partielle (prénom et première lettre du nom, photo de profil et sujets d’intérêt) n’est révélée qu’en cas d’émission d’alerte ou de SOS et d’interaction.

Exemple d’utilisation de Qwidam
Romain perdu son chat à Castres, et demande de l’aide pour le retrouver.

Financement

L’application a été mise en ligne sur les stores Apple et Android en août 2015. Elle a été financée par ses deux promoteurs, Henri Lefebvre et Jonathan Konckier, ainsi que par un appel à dons sur la plateforme Kisskissbankbank qui a réuni plus de 8000 €.

Pour la suite, Jonathan Konckier a indiqué que l’application pourrait être financée grâce à des services payants fournis aux entreprises. Il évoque notamment les gestionnaires d’ERP qui, grâce à l’application, peuvent envoyer au public des alertes ou des consignes dans un périmètre défini (un stade ou un aéroport par exemple). Autre application possible, les entreprises ayant des salariés qui travaillent en environnement hostile. L’application permet de leur envoyer une alerte à tout moment, sans pour autant servir de mouchard qui révèle leurs mouvements à leur patron, ce qui ne serait pas accepté par les employés.

Jonathan Konckier a également indiqué que des droits spécifiques peuvent être ouverts à des personnes identifiées pour envoyer des alertes au-delà du rayon de 500 m. Cela peut être particulièrement intéressant pour les services publics. On peut imaginer une mairie qui voudrait prévenir les qwidams de sa commune, un SDIS qui voudrait envoyer une alerte à tous ceux de son département.

Pour les secouristes

Pour les secouristes, il est évidemment très intéressant d’avoir l’application installée sur soi pour apporter son aide, que ce soit en tant que citoyen dans son voisinage, mais aussi en poste de secours. Il serait dommage de manquer le SOS d’un qwidam quand on dispose de tout le matériel nécessaire pour apporter les premiers soins.

A l’avenir l’application pourrait permettre à chacun de choisir de s’identifier selon ses capacités particulières (médicales, secouristes...) Néanmoins dans un premier temps Jonathan Konckier préfère que ce soient les citoyens qui s’approprient l’outil avant tout, sans distinction de compétence. En effet l’application ne sera utile que si elle est utilisée par un grand nombre de personnes. Jonathan ne cache pas que son objectif est que l’application devienne un outil incontournable grâce à une adoption en masse, c’est-à-dire par toute personne qui se considère acteur de sa propre sécurité.

Tout l’intérêt de Qwidam est que l’application repose en premier lieu sur l’interaction entre citoyens, sans néanmoins interdire une ouverture sur les gestionnaires de crise publics et privés. Il se différencie ainsi des initiatives telles qu’ISAR+, qui vise également à la mise en place d’alertes périmétriques et à la collecte de renseignements, mais qui est pilotée de manière institutionnelle.

Pour que le système fonctionne de manière efficace, il est important qu’il soit adopté par un grand nombre de personnes. N’hésitez donc pas à adopter et faire adopter Qwidam à votre entourage. Cela vous servira forcément un jour.

Sur le Web : Qwidam

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