Aux États-Unis, une étude a montré que lorsque la population est mieux formée aux gestes qui sauvent, ce progrès profite largement à la survie des hommes jeunes victimes d’un arrêt cardiaque dans un lieu public, mais très peu aux femmes. Plusieurs facteurs médicaux pourraient l’expliquer, notamment le fait que les femmes ont plus souvent des rythmes non choquables. Elles sont également plus souvent âgées ou seules lorsqu’un arrêt cardiaque survient. Mais cela pourrait aussi être dû à un facteur psychologique affectant les témoins éventuels de l’arrêt cardiaque, qui seraient moins enclins à commencer une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) et à utiliser un défibrillateur sur une femme que sur un homme. [1]

Simulation d’accident de plongée
Photo Allan Dangreaux partagée sous licence CC BY-NC-ND 2.0

Biais psychologique

Une autre étude [2] a identifié cinq raisons potentielles :
- l’inquiétude d’être soupçonné de gestes déplacés ;
- la crainte d’être accusé d’une agression sexuelle ;
- la peur de causer des blessures physiques en appuyant trop fort ;
- la difficulté de reconnaître un malaise cardiaque chez une femme, notamment à travers l’idée qu’une femme aurait moins de risque d’avoir un problème cardiaque, et serait plus susceptible de dramatiser un malaise mineur ou de feindre un tel malaise ;
- l’idée que la poitrine rend le massage cardiaque plus délicat.

Enfin, une dernière étude a confirmé que lorsque des témoins sont placés dans un environnement virtuel pour simuler une intervention sur une victime d’arrêt cardiaque, ils entreprennent effectivement moins souvent les gestes qui sauvent lorsque la victime virtuelle est une femme, ce qui tend à démontrer que le biais psychologique existe bien.

Les clichés ont la vie dure

En réalité, les femmes sont plus susceptibles d’être touchées par une maladie cardiovasculaire que les hommes. Les troubles cardiaques sont d’ailleurs la première cause de mortalité chez les femmes, bien avant le cancer du sein, comme le rappelle cette vidéo.

Avant la ménopause, les femmes ont quatre fois moins de risque de faire un infarctus que les hommes. La proportion de femmes jeunes aujourd’hui victimes d’infarctus du myocarde a toutefois tendance à s’accroître, notamment en raison de l’augmentation du tabagisme et de l’obésité chez ces dernières. Après la ménopause, les risques sont équivalents pour les deux sexes. Pourtant l’infarctus reste considéré comme une maladie masculine caractéristique des hommes stressés au travail [3].

Rôle des formateurs

En conséquence, il serait prudent de mettre l’accent pendant les formations du grand public sur le fait que le comportement approprié en cas d’arrêt cardiaque est le même qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme. Les formateurs peuvent notamment réaliser les démonstrations en utilisant une victime femme plutôt qu’un homme, pour insister sur cet aspect.

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