Au Japon, les courses à pied sur route sont très populaires. Le nombre de coureurs ne cesse d’augmenter, ce qui a pour conséquence d’augmenter le nombre d’arrêts cardiaques qu’il faut prendre en charge, à raison d’environ 1 pour 65 500 coureurs. Le temps d’intervention étant évidemment primordial pour la prise en charge des sportifs, les Japonais ont mis au point une méthode d’intervention qui permet d’acheminer les secouristes très rapidement sur les lieux. Elle a été appliquée sur des distances de 10 km jusqu’au marathon.

Le système repose sur des équipes mobiles. Il s’agit de binômes de paramédics à vélo, qui ont avec eux un défibrillateur et une trousse d’urgence. Leur rayon d’action est de 1,5 km.

Paramédics à vélo en Grande-Bretagne
source illustration

D’autres binômes sont à pied. Ces derniers sont de simples secouristes, moins expérimentés que les paramédics, mais capables de réaliser une RCP. Ils sont eux aussi munis d’un défibrillateur et d’un sac de premiers secours.

Enfin les signaleurs sont chargés de donner l’alerte et sont eux-mêmes formés aux premiers secours. Ils sont également capables de réaliser une RCP.

Le dispositif associe également des participants à la course, médecins, qui se sont portés volontaires pour intervenir en cas de besoin. Ils sont géolocalisés grâce à leur téléphone, à l’aide d’une application fournissant leur position GPS.

Le tout est complété par un poste de secours médicalisé tous les cinq kilomètres, plus une régulation médicale centrale.

Ce système est dimensionné pour permettre de débuter une RCP en moins d’une minute après l’alerte, et de défibriller en moins de trois minutes. Les équipes sont également capables de prendre en charge des traumatismes et malaises comme l’hyperthermie.

Lorsqu’un signaleur constate un coureur en difficulté, il contacte la régulation médicale, qui elle-même transmet l’alerte aux équipes les plus proches à l’aide d’une application de type médias sociaux. Les équipes mobiles se rendent sur place et rendent compte à la régulation médicale, ce qui permet à cette dernière de décider si la victime nécessite un transport. Les secouristes restent sur place jusqu’au départ de la victime ou sa prise en charge par un véhicule d’urgence.

Résultats

Pendant les douze premières années de suivi de ce dispositif, les équipes ont pu constater que 70 % des ACR ont eu lieu dans le dernier quart de la course ou sur la ligne d’arrivée. Dans 87 % des cas, la victime présentait des gasps.

Trente personnes ont présenté un arrêt cardiaque, dont deux sans témoins. Les deux coureurs en arrêt sans témoin sont décédés. Les vingt-huit autres ont été pris en charge en moins d’une minute et ont pu être sauvés et réanimés sans séquelles.

Source : Mobile Automated External Defibrillator Response System during Road Races https://www.nejm.org/doi/full/10.10...

Voir aussi : Mort subite du sportif : quelles sont les pratiques les plus à risques ?

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