Faux sang en formation secourisme : conservation et bonnes pratiques

Réglementation européenne, durées de conservation, conditions de stockage et précautions sanitaires pour les organismes de formation

par Frédéric Séguret — 23 janvier 2026 — dernière mise à jour 26 janvier 2026 — 18 min

Le sang artificiel est un consommable incontournable des formations aux premiers secours. Pourtant, sa nature de produit cosmétique au sens du Règlement européen (CE) n°1223/2009 reste méconnue des formateurs. Quelles mentions vérifier sur l’étiquetage ? Combien de temps conserver un flacon après ouverture ? Comment prévenir les risques de contamination ? Ce guide pratique détaille les obligations réglementaires et les bonnes pratiques de conservation pour garantir la sécurité des victimes simulées lors des exercices PSE1, PSE2 et PSC1.

Les simulations de situations d’urgence constituent un pilier pédagogique des formations PSE1, PSE2 et PSC1. Le maquillage des victimes simulées, et notamment l’utilisation de faux sang, renforce le réalisme des exercices et prépare les apprenants aux conditions réelles d’intervention. Toutefois, l’application de ces produits sur la peau humaine n’est pas sans conséquence réglementaire ni sanitaire. Les organismes de formation doivent s’assurer de la conformité de leurs produits et mettre en place des procédures de conservation adaptées.

Le faux sang relève de la réglementation cosmétique européenne

Le faux sang appliqué sur la peau d’une victime simulée répond à la définition d’un produit cosmétique au sens du Règlement (CE) n°1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 [1]. Ce texte définit en effet le produit cosmétique comme « toute substance ou tout mélange destiné à être mis en contact avec les parties superficielles du corps humain (épiderme, systèmes pileux et capillaire, ongles, lèvres et organes génitaux externes) ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles ».

Cette classification implique des obligations précises pour les fabricants, mais également des points de vigilance pour les utilisateurs professionnels que sont les organismes de formation.

Vérifier la conformité des produits achetés

Avant toute utilisation, les formateurs doivent s’assurer que les flacons de faux sang comportent les mentions obligatoires prévues par la réglementation européenne [2]. La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) doit figurer sur l’étiquetage et détailler l’ensemble des ingrédients composant le produit, par exemple : Aqua, Glycerin, CI 16035. Le numéro de lot est également obligatoire et permet d’assurer la traçabilité du produit en cas de problème.

Concernant la durée de conservation, deux cas de figure se présentent. Pour les produits dont la durabilité minimale excède trente mois, le fabricant indique la PAO (Period After Opening), représentée par le symbole d’un pot ouvert accompagné d’une durée en mois (12M, 18M). Cette mention précise le délai d’utilisation après ouverture du flacon. Pour les produits dont la durabilité est inférieure à trente mois, une date de durabilité minimale (DDM) explicite doit figurer sur l’emballage, généralement sous la forme « À utiliser avant fin 12/2025 ».

Enfin, le nom et l’adresse de la personne responsable au sein de l’Union européenne doivent être mentionnés, garantissant un interlocuteur identifiable en cas de signalement.

Les principaux fabricants conformes aux exigences européennes comprennent notamment Kryolan (Allemagne), Maqpro (France), Ben Nye et Mehron (États-Unis, distribués en Europe). Du côté des fournisseurs spécialisés secourisme en France, YLEA, Securimed et Dumont Sécurité proposent des produits adaptés aux formations.

Comprendre la composition pour mieux anticiper les risques

Les formulations de faux sang commercial reposent généralement sur une base assurant la viscosité et la texture (glycérine, hydroxyéthylcellulose, sirop de maïs hydrolysé), associée à un solvant pour la fluidité (eau, propylène glycol). Les pigments confèrent la couleur caractéristique, principalement le CI 16035 (Rouge 40), le CI 42090 (Bleu 1) ou le carmin CI 75470 pour les formulations naturelles.

L’élément déterminant pour la conservation réside dans les conservateurs. Ces substances, parmi lesquelles le benzoate de sodium, le sorbate de potassium, le phénoxyéthanol ou le méthylparabène, assurent la stabilité microbiologique du produit et préviennent le développement de bactéries et de moisissures. Certains fabricants, comme Ben Nye, ajoutent également des arômes (menthe poivrée) pour améliorer le confort lors des simulations d’hémorragie buccale.

Il convient de souligner que la présence de conservateurs ne rend pas le produit impérissable. Après la première ouverture, l’oxygène dégrade progressivement ces substances protectrices, chaque manipulation introduit des contaminants potentiels, et l’efficacité antimicrobienne diminue inexorablement avec le temps.

Respecter les durées de conservation

Les durées de conservation varient selon le type de produit et son état (ouvert ou non). Le tableau suivant synthétise les durées de conservation selon les différents types de produits :

Type de produit Non ouvert Après ouverture Observations
Sang liquide/gel 30 mois 6-12 mois Contamination via outils
Sang coagulé/pâte 2-3 ans 12-18 mois Risque de dessèchement
Eye Blood Selon DDM 1 mois maximum Zone sensible
Capsules buccales 1-2 ans Usage unique Gélatine sensible à l’humidité
Sang en poudre (sec) 2-3 ans 24 mois Sensible à l’humidité
Poudre cosmétique diluée Jeter en fin de session Pas de conservateurs
Concentré médical dilué 6-12 mois Eau distillée recommandée

Pour le sang liquide ou en gel, la durée de conservation non ouvert atteint généralement trente mois minimum. Après ouverture, la PAO se situe entre six et douze mois, l’introduction de bactéries via les outils de prélèvement accélérant la dégradation [3].

Le sang coagulé ou en pâte présente une durabilité légèrement supérieure, de deux à trois ans non ouvert, et de douze à dix-huit mois après ouverture. Le risque principal réside davantage dans le dessèchement que dans la contamination microbienne.

Les produits destinés aux zones sensibles requièrent une vigilance accrue. L’Eye Blood de Kryolan, formulé pour les simulations oculaires, ne doit pas être utilisé au-delà d’un mois après ouverture en raison de la sensibilité particulière de la zone péri-oculaire et des conservateurs spécifiques employés. Les capsules buccales à base de gélatine sont quant à elles destinées à un usage unique et se conservent un à deux ans dans leur emballage d’origine.

Le cas particulier du sang en poudre

Les formulations de faux sang en poudre constituent une alternative intéressante pour les organismes de formation, notamment pour le stockage longue durée. Il convient toutefois de distinguer deux catégories de produits aux propriétés très différentes.

Les poudres cosmétiques simples, comme le Blood Powder de Kryolan, sont composées d’argile (kaolin), d’agents de texture (myristate de magnésium) et de colorants, sans conservateurs. Sous forme sèche, elles se conservent deux à trois ans après ouverture si elles sont maintenues à l’abri de l’humidité [4]. La poudre s’applique sur la peau sèche et s’active au contact d’un médium humide (eau, glycérine diluée, sirop de maïs), créant l’apparition soudaine d’un saignement visible uniquement au moment souhaité.

En revanche, une fois mélangées à l’eau, ces poudres deviennent un simple mélange aqueux dépourvu de toute protection antimicrobienne. La recommandation est alors de préparer uniquement la quantité nécessaire pour la session et jeter systématiquement le mélange à la fin de la journée. En cas de nécessité (formation se poursuivant le lendemain), un stockage au réfrigérateur entre 4 et 8°C permet une conservation maximale de vingt-quatre heures.

Les concentrés formulés pour simulation médicale, comme le TrueClot Blood Simulant Concentrate, sont des produits industriels spécifiquement conçus pour une utilisation en formation. Ces formulations brevetées, initialement développées pour la formation médicale militaire américaine, intègrent des agents stabilisants qui permettent une conservation prolongée. Sous forme de concentré non ouvert, ils se conservent jusqu’à trois ans. Une fois dilués avec de l’eau distillée, ces produits peuvent se conserver six à douze mois à température ambiante, sous réserve de respecter les instructions du fabricant [5]. En revanche, tout sang simulé ayant coagulé (pour les produits simulant la coagulation) doit être éliminé immédiatement sans possibilité de réutilisation.

Pour un organisme de formation au secourisme utilisant des poudres cosmétiques simples, la règle opérationnelle est donc claire : ne jamais conserver le mélange dilué d’une session à l’autre. Cette contrainte est compensée par la grande stabilité de la poudre sèche, qui permet de ne préparer que la quantité strictement nécessaire au moment voulu.

Optimiser les conditions de stockage

La température de stockage idéale se situe entre 15 et 25°C, dans un environnement stable [6]. Les chocs thermiques constituent l’ennemi principal de ces produits : le stockage dans un véhicule exposé aux variations saisonnières, le gel ou les températures dépassant 30°C altèrent rapidement les propriétés du faux sang. La réfrigération n’est pas nécessaire pour les produits professionnels, mais peut ralentir l’oxydation dans certains cas.

Le stockage à l’abri des rayons ultraviolets s’avère également essentiel. L’exposition à la lumière entraîne une altération des pigments, faisant virer le rouge caractéristique vers des teintes marron ou orangées moins réalistes et potentiellement plus irritantes. Un contenant hermétique et opaque, conservé dans une armoire fermée éloignée des sources de chaleur et d’humidité, constitue la configuration optimale.

Les produits en poudre requièrent des précautions spécifiques. Contrairement aux formulations liquides, leur ennemi principal n’est pas la température mais l’humidité. Le stockage doit impérativement s’effectuer dans un contenant hermétique, à l’écart de toute source d’humidité (salle de bain, proximité de lavabos, zones de vapeur). L’ajout d’un sachet de gel de silice dans le contenant de stockage permet d’absorber l’humidité résiduelle et de prolonger significativement la durée de vie du produit. En cas d’exposition à l’humidité, la poudre s’agglomère et prend une consistance pâteuse qui la rend inutilisable.

Règle d’or : ne pas prélever directement dans le contenant d’origine

La pratique la plus importante pour préserver la qualité du faux sang consiste à ne jamais tremper un outil ou les doigts directement dans la bouteille principale. Cette règle, simple en apparence, est trop souvent négligée en situation de formation où le temps presse.

La procédure correcte se déroule en trois temps : verser une petite quantité de produit dans un godet ou sur une palette propre, prélever avec les outils appropriés, puis éliminer systématiquement le surplus sans jamais le remettre dans la bouteille d’origine. Cette discipline garantit que le stock principal reste exempt de contamination tout au long de son utilisation.

Pour les poudres, la même vigilance s’impose : prélever avec un pinceau propre, une houppette ou une spatule, et surtout ne jamais introduire d’applicateur humide dans le pot de poudre. La dilution doit toujours se faire sur la peau ou dans un récipient séparé.

Identifier les signes de détérioration

Avant chaque session de formation, une inspection visuelle et olfactive du produit s’impose. Plusieurs signes doivent alerter le formateur et conduire à éliminer immédiatement le produit concerné.

Une odeur aigre ou vinaigrée traduit une fermentation bactérienne et impose de jeter le flacon sans hésitation. De même, une odeur de rance signale l’oxydation des corps gras présents dans la formulation. La présence de filaments, points noirs ou verts constitue un signe évident de développement de moisissures et nécessite une élimination immédiate.

La séparation de phases peut être normale si le produit redevient homogène après agitation. En revanche, si des grumeaux persistent après mélange, le produit doit être écarté. Un changement radical de viscosité témoigne d’une instabilité chimique irréversible. Enfin, un changement de couleur marqué indique une oxydation des pigments : le produit devient moins réaliste et potentiellement plus irritant.

Pour les poudres, les signes de détérioration diffèrent légèrement : formation de grumeaux persistants même en l’absence d’humidité visible, décoloration manifeste (perte du ton rouge ou brun attendu), odeur anormale (moisi, rance), ou aspect moisi visible (taches, duvet). Si la poudre a pris une consistance pâteuse ou collante, elle a absorbé de l’humidité et doit être éliminée.

Prendre en compte les risques sanitaires selon les zones d’application

Le niveau de risque varie considérablement selon la zone d’application du faux sang. Sur peau saine, le risque se limite essentiellement à une dermatite de contact, évitable par l’utilisation d’un produit certifié et non périmé.

Les applications à proximité des yeux présentent un risque de conjonctivite ou d’infection oculaire. Seuls les produits spécifiquement formulés pour cette zone, comme l’Eye Blood, peuvent être utilisés, et jamais sur un œil déjà irrité.

Pour les simulations d’hémorragie buccale, le risque d’ingestion de contaminants impose l’utilisation exclusive de produits portant la mention « Food Grade » ou explicitement comestibles, de préférence en doses uniques.

L’application sur peau lésée doit être absolument évitée, le risque d’infection étant alors majeur.

En cas de contamination d’un produit, les pathogènes les plus fréquemment rencontrés sont Staphylococcus aureus (infections cutanées, furoncles), Pseudomonas aeruginosa (infections graves en présence de micro-lésions) et diverses moisissures comme Aspergillus ou Penicillium (allergies, irritations).

Mettre en place une gestion rigoureuse des stocks

Les organismes de formation gagneront à adopter quelques pratiques simples mais systématiques. La traçabilité implique de noter au marqueur indélébile la date d’ouverture sur chaque flacon dès la première utilisation. La rotation des stocks selon le principe FIFO (First In, First Out) garantit l’utilisation prioritaire des produits les plus anciens.

Le mélange d’un fond de bouteille avec un lot neuf doit être proscrit, cette pratique compromettant la traçabilité et contaminant potentiellement le produit frais. Le choix de petits conditionnements (50 à 100 ml) plutôt que de bidons d’un litre limite la durée d’ouverture et donc le risque de dégradation.

Une inspection systématique de l’odeur, de l’aspect et de la texture avant chaque formation permet de détecter précocement tout problème. La mise en place d’une fiche de suivi par flacon, mentionnant le produit, le fabricant, le numéro de lot, la date d’achat, la PAO indiquée, la date d’ouverture et les inspections successives, constitue une bonne pratique à généraliser.

Adapter les précautions aux cas particuliers

Certaines situations requièrent des précautions renforcées. Pour les simulations d’hémorragie buccale, seuls les produits « Food Grade » sont acceptables, idéalement sous forme de doses uniques. Les simulations oculaires nécessitent un Eye Blood certifié, avec une PAO maximale d’un mois, et sont contre-indiquées sur un œil présentant la moindre irritation.

L’utilisation de grandes quantités de faux sang pour des exercices d’envergure impose de décanter dans des flacons pompes préalablement désinfectés et totalement séchés avant remplissage, l’humidité résiduelle favorisant le développement microbien.

Les formations itinérantes appellent à constituer des kits individuels en petits formats et à éviter absolument le stockage prolongé dans un véhicule, où les variations thermiques compromettent rapidement la qualité des produits.

Le sang en poudre convient particulièrement aux formations itinérantes en raison de sa légèreté et de sa stabilité. Toutefois, pour les poudres cosmétiques simples (sans conservateurs), il est impératif de ne préparer que la quantité strictement nécessaire pour chaque session plutôt que de diluer l’ensemble du stock à l’avance. Emporter la poudre sèche et procéder à la dilution sur place avec de l’eau (ou mieux, activer directement sur la peau avec un médium humide) garantit un produit frais et limite les risques de contamination pendant le transport.

Questions fréquentes

Non. La date de péremption ou la PAO constituent des limites impératives. Même si le produit semble visuellement acceptable, l’efficacité des conservateurs n’est plus garantie au-delà de ces délais. Le risque d’irritation cutanée ou d’infection augmente significativement, exposant l’organisme de formation à une responsabilité en cas de réaction chez un participant.

L’absence de date de péremption ou de PAO sur un flacon de faux sang constitue un premier signal d’alerte quant à la conformité du produit au Règlement européen (CE) n°1223/2009. En principe, un produit cosmétique commercialisé légalement dans l’Union européenne doit obligatoirement comporter soit une DDM (date de durabilité minimale) si sa durée de conservation est inférieure à trente mois, soit une PAO (période après ouverture) dans le cas contraire.

En l’absence de toute indication, et si le produit provient d’un fournisseur fiable, il est raisonnable d’appliquer par défaut les durées de conservation les plus prudentes observées sur le marché : six mois après ouverture pour un sang liquide ou en gel, douze mois pour un sang coagulé ou en pâte. Il convient impérativement de noter la date d’ouverture sur le flacon dès la première utilisation. Au-delà de ces délais, ou au moindre signe de détérioration (odeur, aspect, texture), le produit doit être éliminé. Dans tous les cas, il est préférable de privilégier à l’avenir des produits correctement étiquetés, garantissant une meilleure traçabilité et une sécurité juridique pour l’organisme de formation.

Oui, comme tout produit cosmétique. Les pigments, notamment le carmin (CI 75470) d’origine naturelle, et certains conservateurs comme les parabènes peuvent déclencher des réactions chez les personnes sensibilisées. Il est recommandé d’interroger les participants sur leurs antécédents allergiques avant les exercices de maquillage et de disposer de la liste INCI pour identifier les composants en cas de réaction.

Ce n’est généralement pas nécessaire pour les produits professionnels correctement formulés. Un stockage entre 15 et 25°C dans un endroit sec et à l’abri de la lumière suffit. Toutefois, la réfrigération peut prolonger légèrement la durée de vie après ouverture en ralentissant l’oxydation, à condition d’éviter le gel qui déstabilise les émulsions.

Cette pratique est fortement déconseillée. Les préparations artisanales à base de sirop de maïs ou de colorants alimentaires ne bénéficient d’aucune évaluation de sécurité, ne contiennent pas de conservateurs adaptés et se dégradent très rapidement. En cas de réaction cutanée chez un participant, l’organisme de formation se trouverait en difficulté pour justifier l’utilisation d’un produit non conforme à la réglementation cosmétique.

Le faux sang commercial peut être jeté avec les ordures ménagères ordinaires après avoir vidé le contenu dans un absorbant (papier, sciure). Les flacons en plastique sont recyclables selon les consignes locales. Il n’existe pas de filière de collecte spécifique pour ces produits cosmétiques.

Les formulations professionnelles sont généralement conçues pour être lavables. Toutefois, certains pigments peuvent laisser des traces sur les textiles clairs, notamment en cas de séchage prolongé. Il est conseillé de rincer rapidement à l’eau froide les vêtements souillés et de prévoir des tenues de protection pour les exercices impliquant des quantités importantes de faux sang.

En pratique, un flacon de 100 ml suffit généralement pour plusieurs sessions de formation standard. Pour un exercice de grande ampleur impliquant de nombreuses victimes simulées, prévoir 30 à 50 ml par victime maquillée permet d’éviter les ruptures de stock tout en limitant le gaspillage.

Le sang en poudre présente plusieurs avantages pour les organismes de formation. Sa durée de conservation non ouvert atteint deux à trois ans, et jusqu’à vingt-quatre mois après ouverture pour la poudre sèche. Son poids et son encombrement réduits facilitent le transport et le stockage, ce qui le rend particulièrement adapté aux formations itinérantes. Une petite quantité de poudre permet de produire un effet réaliste, ce qui s’avère économique. Enfin, la possibilité de préparer uniquement la quantité nécessaire limite le gaspillage. En contrepartie, ces produits nécessitent une vigilance accrue quant à l’humidité de stockage, et pour les poudres cosmétiques simples, le mélange dilué ne doit pas être conservé d’une session à l’autre.

Cela dépend du type de produit. Les poudres cosmétiques simples (type Kryolan Blood Powder), composées d’argile et de colorants sans conservateurs, ne doivent pas être conservées après dilution. Une fois mélangées à l’eau, elles constituent un milieu aqueux propice à la prolifération bactérienne. La recommandation est de jeter le mélange à la fin de chaque session de formation. En cas de nécessité absolue, un stockage au réfrigérateur (4-8°C) permet une conservation maximale de vingt-quatre heures.

En revanche, les concentrés formulés pour simulation médicale (type TrueClot) sont spécifiquement conçus pour une conservation prolongée. Dilués avec de l’eau distillée, ils peuvent se conserver six à douze mois à température ambiante. Il convient de se référer aux instructions du fabricant pour chaque produit.

Une poudre de qualité se présente sous forme de grains fins et secs, s’écoulant librement. Les signes d’absorption d’humidité incluent l’agglomération en blocs compacts, une consistance collante ou pâteuse, un changement de couleur vers des teintes brunâtres, ou une odeur inhabituelle. Dans tous ces cas, le produit doit être éliminé car ses propriétés sont irrémédiablement altérées et le risque de contamination microbienne devient significatif.

Synthèse opérationnelle

Pour les formateurs et responsables pédagogiques, les points essentiels à retenir sont les suivants :

Vérifier systématiquement la conformité des produits achetés : présence de la liste INCI, du numéro de lot, de la PAO ou DDM, et des coordonnées du responsable européen.

Respecter impérativement les durées de conservation après ouverture : six à douze mois pour les liquides, un mois maximum pour l’Eye Blood, usage unique pour les capsules buccales.

Ne jamais prélever directement dans la bouteille avec un outil ou les doigts, mais verser la petite quantité de faux sang nécessaire dans un contenant intermédiaire et ne jamais le remettre dans la bouteille principale.

Stocker correctement les flacons : température stable entre 15 et 25°C, à l’abri de la lumière, dans un contenant hermétique.

Inspecter avant chaque utilisation : au moindre doute sur l’odeur, l’aspect ou la texture, éliminer le produit sans hésitation.

Tracer les ouvertures : noter la date d’ouverture sur chaque flacon et mettre en place une fiche de suivi pour les stocks importants.

Pour le sang en poudre : stocker impérativement au sec avec un sachet dessiccant si nécessaire, ne jamais introduire d’applicateur humide dans le pot, et pour les poudres cosmétiques simples (sans conservateurs), jeter systématiquement le mélange dilué à la fin de chaque session.

Ces précautions, simples à mettre en œuvre, garantissent la sécurité des participants tout en optimisant la durée de vie des consommables de maquillage.

Modifié le 26 janvier : ajout du sang en poudre.

Notes

[3Ces données correspondent aux pratiques courantes du secteur et aux indications des principaux fabricants (Kryolan, Maqpro, Ben Nye, Mehron), mais peuvent varier selon les formulations.

[4Kryolan indique une PAO de 24 mois pour son Blood Powder.

[5TrueClot recommande l’utilisation d’eau distillée pour maximiser la durée de conservation après dilution. L’eau du robinet peut réduire cette durée et interférer avec certaines propriétés du produit.

[6Ces conditions correspondent aux bonnes pratiques généralement admises pour les produits cosmétiques à base aqueuse.

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