Recommandations ERC 2025 : synthèse des nouveautés

par Frédéric Séguret — 2 novembre 2025 — dernière mise à jour 31 janvier 2026 — 18 min

L’European Resuscitation Council (ERC) a publié ses recommandations 2025 sur la réanimation, fondées sur le Consensus on Science (CoSTR) de l’ILCOR. Reconnaissance de l’arrêt cardiaque, paramètres de RCP, utilisation du DAE pédiatrique, place du garrot : ces guidelines actualisent les pratiques européennes. Si elles n’ont pas encore d’impact réglementaire en France, elles préfigurent les évolutions à venir des référentiels PSC et PSE. Synthèse des changements clés et de leurs implications.

Tableau comparatif ERC 2021 vs ERC 2025
Thématique ERC 2021 ERC 2025
Chaîne de survie 4 maillons classiques (reconnaissance, RCP précoce, défibrillation, soins spécialisés) Refonte conceptuelle : prévention intégrée au 1er maillon, rétablissement à long terme ajouté comme 4e maillon
Reconnaissance de l’AC Accent sur l’absence de réaction et de respiration normale Précisions renforcées sur le gasp et les mouvements convulsifs initiaux comme signes d’AC
Séquence grand public vérifier la conscience → alerter les secours → débuter la RCP Séquence reformulée 3C (CHECK – CALL 112 – CPR)
DAE pédiatrique Mode pédiatrique recommandé si disponible Seuil précisé : mode pédiatrique pour enfants < 25 kg ; position antéro-postérieure si électrodes trop grandes
Garrot Mentionné comme option Renforcé comme option précoce pour hémorragies d’extrémité non contrôlées par pression directe
Formation Importance de la formation du grand public Accent sur la formation obligatoire dès 4 ans, progression par âge, et levée des barrières psychologiques

L’enjeu en chiffres : état des lieux européen

Avant d’aborder les évolutions techniques, il est utile de mesurer l’ampleur du défi. Les données épidémiologiques publiées par l’ERC en 2025 dressent un tableau contrasté de la prise en charge de l’arrêt cardiaque en Europe :

 Incidence : 55 arrêts cardiaques extrahospitaliers pour 100 000 habitants par an
 Profil des victimes : âge moyen de 67 ans, 65 % d’hommes
 Lieu de survenue : 70 % au domicile, environ 10 % dans les lieux publics ou en EHPAD
 Rythme choquable initial : seulement 20 % des cas
 Taux de RCP par témoin : 58 % en moyenne européenne, mais avec des écarts considérables (de 13 % à 82 % selon les pays)
 Utilisation du DAE avant l’arrivée des secours : de 2,6 % à 59 % selon les pays
 Survie globale : 7,5 % en moyenne, variant de 3,1 % à 35 % selon les pays

Ces disparités soulignent l’importance des systèmes de formation et d’organisation des secours. L’ERC note également que seul un survivant sur trois accède à un programme de réhabilitation, et à peine 10 % bénéficient d’une rééducation pour lésions cérébrales. Le dernier maillon de la chaîne de survie — le rétablissement à long terme — reste donc largement à construire.

Inscription dans la continuité scientifique internationale

Les lignes directrices 2025 (guidelines) du Conseil Européen de Réanimation (European Resuscitation Council) s’inscrivent dans une démarche de mise à jour quinquennale régulière entreprise par l’ERC pour garantir que la pratique de la réanimation en Europe soit fondée sur les données scientifiques les plus récentes.

Ces directives représentent une étape importante, non seulement parce qu’elles synthétisent la science la plus récente, mais aussi par les évolutions conceptuelles qu’elles intègrent, notamment en matière d’approche systémique, d’équité, et de continuité des soins.

L’ERC publie des lignes directrices sur la réanimation depuis 1992 et a établi un cycle d’actualisation quinquennal à partir de 2000. Les directives ERC 2025 suivent la publication des éditions 2015 et 2021, cette dernière ayant été publiée avec un an de retard en raison de la pandémie de COVID-19.

Comme toutes les éditions précédentes depuis 2000, les lignes directrices 2025 sont basées sur le consensus scientifique international produit par l’International Liaison Committee on Resuscitation (ILCOR). Plus spécifiquement, elles sont informées par l’ILCOR Consensus on Science with Treatment Recommendations (CoSTR) 2025.

Une révision conceptuelle de la chaîne de survie

Le concept de la chaîne de survie, initialement introduit il y a 20 ans, a fait l’objet d’une révision dans l’édition 2025. L’ERC a choisi de conserver le format simple à quatre maillons tout en actualisant leur contenu pour refléter les avancées scientifiques récentes concernant la prévention, la survie et le rétablissement à long terme.

Les changements portent sur une nouvelle hiérarchisation des priorités. Le premier maillon met désormais l’accent sur la prévention et la reconnaissance précoce de la détérioration ou de l’arrêt cardiaque. Le deuxième maillon fusionne la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) et la défibrillation précoces en une approche intégrée du Basic Life Support (BLS). Le troisième maillon se concentre sur les soins avancés et post-réanimation, tandis que le quatrième introduit formellement la notion de rétablissement à long terme.

L’introduction de ce dernier maillon constitue une évolution majeure, reconnaissant que le succès ne se limite pas au retour de la circulation spontanée (ROSC), mais englobe le soutien à long terme face aux défis physiques, cognitifs et psychologiques de la victime et de son entourage.

Rendre l’éducation à la RCP systématique et précoce

L’ERC insiste sur l’intégration de la formation aux gestes qui sauvent dans les parcours éducatifs et citoyens afin de créer une communauté de sauveteurs.

 Formation obligatoire dès le plus jeune âge : les lignes directrices préconisent l’introduction précoce de la formation à la réanimation, en commençant par la sensibilisation dès la petite enfance (autour de 4 à 6 ans) et en intégrant une formation annuelle obligatoire dans les programmes scolaires.

 Progression des compétences : La formation doit être progressive, allant de l’apprentissage de l’appel à l’aide (dès 4 ans) aux compressions thoraciques (10 à 12 ans), aux ventilations (14 ans) et à l’utilisation du DAE (13 à 16 ans).

 Programmes d’envergure citoyenne : La formation doit être étendue à d’autres groupes, notamment l’intégration de la RCP obligatoire à l’école et au permis de conduire (via des initiatives telles que Kids Save Lives et Learn to Drive, Learn CPR). L’objectif est de rendre les collectivités plus sûres en formant autant de personnes que possible.

Renforcement de la reconnaissance de l’arrêt cardiaque

Une séquence repensée pour le grand public : CHECK – CALL – CPR

L’ERC 2025 présente la séquence de base sous une forme mnémotechnique simplifiée : CHECK – CALL (112) – CPR, également appelée « les 3 C ». Au-delà de cette reformulation pédagogique, une évolution notable concerne le moment de l’appel aux secours et le rôle du régulateur.

Appeler dès l’inconscience, sans attendre

Traditionnellement, la séquence enseignée consiste à vérifier la conscience, puis la respiration, avant d’appeler les secours. L’ERC 2025 reprend une autre approche pour le grand public non formé : l’appel au 112 est recommandé dès que l’on constate l’inconscience, sans attendre d’avoir évalué la respiration.

Cette évolution repose sur un constat : la reconnaissance de la respiration agonique (gasp) reste le principal obstacle à l’identification de l’arrêt cardiaque par les témoins. L’ERC reconnaît d’ailleurs que la majorité des arrêts cardiaques ne sont pas identifiés par les témoins, mais par les régulateurs lors de l’appel. Ces derniers, formés spécifiquement à cette tâche, sont mieux à même de guider l’évaluation par téléphone.

Le régulateur devient co-évaluateur

Cette approche implique un changement dans la nature même du message d’alerte. Pour le grand public non formé, il ne s’agit plus de délivrer un message structuré complet avant d’avoir évalué la victime (lieu, nature du problème, état de la victime, gestes effectués...), mais d’engager rapidement un dialogue avec le régulateur.
Concrètement, le témoin signale :

 sa localisation (adresse ou lieu précis) ;
 la présence d’une personne inconsciente ou qui s’est effondrée.

C’est ensuite le régulateur qui, par ses questions, aide à évaluer la situation :

 « La personne réagit-elle quand vous lui parlez ou la secouez ? »
 « Est-ce qu’elle respire ? Regardez sa poitrine, est-ce qu’elle se soulève ? »
 « Est-ce qu’elle fait des bruits bizarres, comme des hoquets ou des râles ? »

Si l’arrêt cardiaque est suspecté, le régulateur guide alors le témoin pas à pas dans la réalisation de la RCP, en commençant généralement par les compressions thoraciques seules (sans insufflations) pour les personnes non formées.

Un risque de « faux positif » acceptable

L’ERC reconnaît que cette approche peut conduire à débuter une RCP sur une personne qui n’est pas réellement en arrêt cardiaque. Toutefois, les études montrent que ce risque est faible : seuls 2 % des patients ayant reçu des compressions thoraciques par erreur (c’est-à-dire alors qu’ils n’étaient pas en arrêt cardiaque) subissent une blessure. Ce risque est jugé largement acceptable au regard du risque inverse : chaque minute de retard dans la mise en œuvre de la RCP diminue de 7 à 10 % les chances de survie de la victime.

Le critère de déclenchement de la RCP reste inchangé

Le critère opérationnel définissant l’arrêt cardiaque demeure le même : la victime est inconsciente ET ne respire pas normalement. C’est la combinaison de ces deux critères qui déclenche la RCP. La nouveauté réside dans le fait que cette évaluation peut désormais être réalisée avec l’assistance du régulateur, plutôt que par le témoin seul avant l’appel.

Et pour les personnes formées au secourisme ?

Pour les secouristes formés, la vérification de la respiration peut se faire en parallèle de l’appel, pendant l’attente de connexion avec le régulateur. Le bilan transmis reste structuré et complet, mais l’appel n’est plus retardé par une évaluation préalable exhaustive. L’objectif reste le même : réduire au maximum le délai avant le début des compressions thoraciques.

Reconnaître les signes trompeurs de l’arrêt cardiaque

L’arrêt cardiaque est caractérisé par l’inconscience et l’absence de respiration normale. En 2025 l’ERC insiste particulièrement sur deux éléments qui méritent une attention particulière :

 La respiration agonique : une personne inconsciente qui semble respirer de manière lente, bruyante, difficile, en hoquetant ou en faisant des bruits de râle n’est pas en train de respirer normalement. Cette respiration agonique (gasp) doit être reconnue comme un signe d’arrêt cardiaque nécessitant le démarrage immédiat de la réanimation cardio-pulmonaire. C’est un point de confusion fréquent pour le grand public.

 Les mouvements convulsifs : une brève période de mouvements de type convulsifs peut survenir au début de l’arrêt cardiaque. Une fois ces mouvements cessés, si la victime ne réagit pas et ne respire pas normalement, il faut considérer l’arrêt cardiaque et commencer la RCP.

 Le cas particulier des sportifs : l’ERC attire l’attention sur une situation trompeuse. Une victime d’arrêt cardiaque survenu pendant un effort physique intense peut encore présenter une respiration haletante apparemment normale, et ses yeux peuvent rester ouverts. Ces signes ne doivent pas retarder la mise en œuvre de la RCP. Si la personne ne réagit pas aux stimulations, il faut considérer l’arrêt cardiaque et débuter immédiatement les compressions thoraciques. Ce point est particulièrement important pour les secouristes intervenant en milieu sportif ou auprès de personnels de surveillance (stades, piscines, salles de sport).

Précisions sur la réanimation cardio-pulmonaire

Les recommandations ERC 2025 réaffirment les paramètres techniques de qualité pour la RCP, qui doivent être maintenus en continu :

 Fréquence des compressions : Maintenir une fréquence de 100 à 120 compressions par minute.

 Profondeur des compressions : La profondeur des compressions doit être d’au moins 5 cm, sans dépasser 6 cm chez l’adulte.

 Rapport compressions-insufflations : L’ERC confirme que la combinaison de 30 compressions pour 2 insufflations (30:2) offre les meilleures chances de survie avec une fonction cérébrale intacte.

 Le sauveteur doit être attentif à minimiser les interruptions.

RCP sur surface molle : les compressions thoraciques sont plus efficaces sur une surface ferme. Toutefois, l’ERC 2025 apporte une nuance par rapport aux recommandations antérieures : si la victime se trouve sur un lit ou un matelas et que son déplacement au sol risque de retarder la RCP, il est préférable de commencer immédiatement les compressions sur place en augmentant la force appliquée pour compenser la souplesse du support. Des études sur mannequin suggèrent que cette approche est plus bénéfique qu’un délai supplémentaire pour installer la victime au sol. En pratique, il convient de retirer les oreillers et de s’agenouiller à côté de la victime sur le lit si possible.

Si le sauveteur n’est pas formé aux insufflations ou s’il est réfractaire à les pratiquer, la RCP par compressions seules est acceptable, néanmoins la combinaison de 30 compressions pour 2 insufflations offre la meilleure chance de survie avec fonction cérébrale intacte.

Comme mentionné précédemment, le permanencier des services de secours (SAMU ou sapeurs-pompiers) a un rôle important pour guider le témoin dans les gestes de secours à distance par les instructions qu’il peut lui fournir au téléphone afin d’adapter la conduite à tenir.

Précisions techniques pour les cas particuliers

L’ERC 2025 apporte des clarifications importantes sur plusieurs situations spécifiques qui nécessitent des adaptations techniques :

 Utilisation du DAE en pédiatrie :

  • Pour l’utilisation du DAE sur les enfants (situation rare, mais possible), les recommandations précisent que si l’appareil le permet, il faut activer le mode pédiatrique pour les enfants pesant moins de 25 kg (environ 8 ans). Si le DAE ne dispose pas de mode pédiatrique, utiliser l’appareil en mode adulte standard.
  • Pour le placement des électrodes chez les enfants de moins de 25 kg, si les électrodes adultes se touchent ou sont trop grandes pour la poitrine en position antéro-latérale, il convient d’utiliser la position antéro-postérieure : une électrode sur la poitrine à gauche du sternum, l’autre sur le dos entre les omoplates.

 Compressions thoraciques chez le nourrisson : l’ERC 2025 préconise la technique des deux pouces encerclants. Cette technique est privilégiée car elle est efficace, simple à réaliser, et surtout facilement explicable par téléphone par un régulateur à un témoin non formé.

 Pour la noyade : si l’on intervient pour une victime sortie de l’eau inconsciente et qui ne respire pas, la cause principale de l’arrêt est souvent l’hypoxie. La séquence de réanimation est de commencer immédiatement par 5 insufflations initiales avant de débuter les compressions thoraciques, puis poursuivre la RCP en cycles 30:2. Il est toutefois fortement déconseillé aux secouristes non formés à la réanimation aquatique d’entrer dans l’eau profonde. Il convient d’utiliser des dispositifs de flottaison ou des objets longs pour atteindre la victime depuis la terre ferme.

 Pour l’accessibilité des défibrillateurs : L’ERC recommande que les DAE en accès public soient déverrouillés et facilement accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les préoccupations concernant le vol ou le vandalisme ne sont pas considérées comme majeures par rapport aux bénéfices d’un accès immédiat. Les DAE doivent être mis en place par le sauveteur dès qu’ils sont disponibles.

Situations spécifiques

L’ERC 2025 apporte des précisions dans certaines situations spécifiques.

 Hémorragies externes et utilisation du garrot : en 2025 l’ERC réaffirme l’importance du garrot dans certaines situations d’urgence, conformément à l’évolution récente des recommandations internationales. Il convient d’appliquer un garrot dès que possible pour les saignements d’extrémité potentiellement mortels qui ne sont pas contrôlés par pression directe. Cet outil constitue une option précoce et vitale dans ces cas (traumatisme, multiples victimes, etc.).

 Obstruction des voies aériennes : l’utilisation de gadgets pour l’aspiration commercialisés pour la désobstruction des voies aériennes ne fait pas l’objet de recommandations, car il manque de preuves scientifiques solides sur leur efficacité ou leur dangerosité. Il convient donc de continuer d’appliquer la manoeuvre de 5 claques dans le dos alternées avec 5 compressions (abdominales ou thoraciques).

 Pour l’évaluation des victimes critiques qui ne sont pas en arrêt cardiaque, l’ERC recommande l’utilisation du protocole ABCDE. Cette méthode systématique, jusqu’ici recommandée aux professionnels, est désormais intégrée aux recommandations First Aid pour tous les intervenants.

Implications pratiques

Les nouvelles recommandations ERC 2025 n’ont pas d’impact immédiat sur les formations dispensées par les associations agréées de sécurité civile en France. Les référentiels nationaux demeurent en vigueur dans l’attente d’éventuelles modifications futures.

Néanmoins, ces directives constituent des préfigurateurs d’évolutions potentielles qui pourront être intégrées dans l’actualisation des formations aux premiers secours.

Les directives encouragent à poursuivre le développement de plusieurs axes de progrès :

 L’éducation obligatoire à la RCP pour les enfants et les étudiants, en commençant dès l’âge de quatre ans, ce qui nécessite de renforcer les moyens dédiés au secourisme en milieu scolaire
 Focaliser la formation sur les véritables urgences vitales (hémorragie, obstruction des voies aériennes, choc allergique, overdose, hypothermie, hyperthermie, AVC...) et moins s’attarder sur les situations qui n’en sont pas (plaies et brûlures simples, entorses, malaises sans signe de détresse vitale...)
 Le développement de meilleurs systèmes de premiers répondants volontaires (bons samaritains) notifiés par téléphone portable, et leur intégration dans la formation du public
 L’accent sur la formation continue annuelle et l’utilisation de méthodes innovantes en formation(simulation, retour d’information en temps réel...)
 Le soutien psychologique pour les témoins et les sauveteurs pour faire face au stress, à l’anxiété et à la détresse émotionnelle qui suivent un événement intense.

Accent sur les compétences non techniques et l’éthique

Les lignes directrices 2025 mettent en évidence la nécessité d’aborder les barrières psychologiques et le cadre éthique pour augmenter la volonté d’intervenir des citoyens.

 Gestion des barrières psychologiques : la formation doit aborder et aider les sauveteurs potentiels à surmonter l’anxiété, la peur (y compris la peur d’être tenu responsable ou de nuire à la victime) et le stress émotionnel liés à l’intervention.
 Soutien psychosocial : il est recommandé que les systèmes de santé mettent en place des mesures pour faciliter le soutien psychologique des passants et des premiers intervenants après un arrêt cardiaque extra-hospitalier (OHCA).
 Cadre juridique et éthique : la formation doit inclure des informations claires sur les règles en matière de responsabilité des sauveteurs occasionnels et bénévoles et d’assistance aux personnes en danger afin de réduire l’hésitation à intervenir due à la crainte de la responsabilité.
 Le concept de « co-survivant » : l’ERC 2025 introduit une notion importante : celle des « co-survivants » (co-survivors), c’est-à-dire les proches, familles et témoins d’un arrêt cardiaque. Ces personnes sont elles-mêmes exposées à un risque de troubles émotionnels : anxiété, stress post-traumatique, dépression. Être témoin de l’arrêt cardiaque d’un proche et être appelé à pratiquer la RCP constitue une expérience profondément bouleversante, y compris lorsque l’issue est favorable.

En résumé, l’évolution des recommandations sur les gestes qui sauvent préconisées par l’ERC en 2025 pour les formations aux premiers secours peut être vue comme une incitation à intégrer le citoyen secouriste dans une chaîne de survie globale améliorée, en lui fournissant non seulement les compétences techniques (meilleure formation, meilleure assistance par le régulateur, meilleure disponibilité des DAE) mais aussi la préparation psychologique et le soutien organisationnel nécessaires pour agir rapidement et efficacement en vue de sauver plus de vies.

À retenir

 Les recommandations ERC 2025 constituent une référence scientifique internationale qui préfigure les évolutions potentielles des référentiels français

 En Europe, le taux de survie moyen après arrêt cardiaque extrahospitalier est de 7,5 %, avec des écarts considérables selon les pays (de 3,1 % à 35 %), soulignant l’importance des systèmes de formation et d’organisation des secours

 La reconnaissance de l’arrêt cardiaque fait l’objet de précisions importantes, notamment concernant la respiration agonique et les mouvements convulsifs initiaux. La séquence simplifiée CHECK-CALL-CPR est encouragée

 Attention particulière chez les sportifs : une victime d’AC pendant l’effort peut présenter une respiration haletante et les yeux ouverts ; en l’absence de réaction, débuter immédiatement la RCP

 Les paramètres techniques de qualité sont confirmés : fréquence de 100-120 compressions/minute, profondeur de 5-6 cm, ratio 30:2, minimisation des interruptions. La RCP par compressions seules demeure acceptable si les insufflations posent problème.

 Si la victime est sur un lit, il est préférable de débuter la RCP sur place (en augmentant la force) plutôt que de perdre du temps à la déplacer au sol

 L’utilisation du DAE en pédiatrie nécessite l’activation du mode pédiatrique pour les enfants de moins de 25 kg, avec placement antéro-postérieur des électrodes si nécessaire

 Pour les cas de noyade, la priorité est donnée à la ventilation avec 5 insufflations de secours avant les compressions

 L’usage du garrot est renforcé comme option précoce pour les hémorragies d’extrémité non contrôlées par compression directe

 Les formations futures pourraient intégrer davantage les aspects de prévention et de rétablissement à long terme

 Le concept de « co-survivant » (proches, témoins) est introduit : ces personnes nécessitent également un soutien psychologique

 Les barrières psychologiques de l’intervention pour un citoyen doivent être levées en formation

 Il est possible de consulter directement les publications ERC disponibles en anglais, notamment celle concernant les premiers secours pour tous : https://www.erc.edu/for-everyone/le...

 La mise à jour des gestes enseignés en France intègrera vraisemblablement ces recommandations dans le cadre de la formation continue des formateurs dans les années à venir.

Questions fréquentes

Non. Les référentiels nationaux en vigueur (arrêtés et recommandations de la DGSCGC) restent la seule base réglementaire pour vos formations. Les recommandations ERC 2025 n’ont pas de valeur prescriptive en France. Continuez à enseigner selon les référentiels actuels jusqu’à leur actualisation officielle.

Il n’existe pas de calendrier officiel. Historiquement, l’intégration des recommandations internationales dans les référentiels français intervient avec un décalage de plusieurs années et fait l’objet d’adaptations. Les recommandations ERC 2021 n’ont été que partiellement intégrées dans les actualisations récentes. Une révision pourrait intervenir à l’horizon 2026-2027, mais aucune annonce n’a été faite à ce jour.

En formation continue de formateurs, ces recommandations peuvent être présentées comme une veille scientifique et pédagogique. Vous pouvez les utiliser pour contextualiser les gestes enseignés, expliquer leur fondement scientifique, et préparer les formateurs aux évolutions à venir — tout en rappelant clairement que seuls les référentiels nationaux font foi pour l’évaluation des apprenants.

Non. L’ERC 2025 réaffirme que la combinaison 30:2 (compressions et insufflations) offre les meilleures chances de survie avec fonction cérébrale intacte. La RCP par compressions seules reste une alternative acceptable pour les témoins non formés ou réticents aux insufflations, mais elle ne remplace pas la RCP complète dans les référentiels de formation.

Le garrot figure déjà dans le référentiel PSC depuis décembre 2023, en cas d’hémorragie de membre non contrôlée par compression directe ou dans les situations où celle-ci est impossible. L’ERC 2025 conforte cette approche en positionnant le garrot comme une « option précoce et vitale » pour les hémorragies d’extrémité potentiellement mortelles. Les recommandations internationales et françaises convergent donc sur ce point.

En savoir plus

Sur secourisme.net

 Gasp et arrêt cardiaque : savoir reconnaître la respiration agonique
 Les référentiels PSE et PSC

Sources officielles ERC

 Publications scientifiques ERC 2025 — Accès aux articles complets dans Resuscitation
 Guidelines 2025 – For Everyone (en anglais) — Recommandations pour le grand public et les premiers intervenants : ci-dessous

The ERC Guidelines 2025 on Resuscitation for Everyone
ERC

Sur le Web : 2025 ERC Guidelines is Released

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