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Gasp et arrêt cardiaque : savoir reconnaître la respiration agonique

par Frédéric Séguret — 21 février 2018 — dernière mise à jour 14 janvier 2026 — 4 min

Présent dans 30 à 40 % des arrêts cardiaques, le gasp est souvent confondu avec une respiration normale. Cette erreur retarde l’appel aux secours et le massage cardiaque. Voici comment le reconnaître et réagir.

Le gasp est une suite de mouvements respiratoires agoniques traduisant une souffrance cérébrale due au manque d’oxygène. Ils sont inefficaces, lents et anarchiques. Ils peuvent être bruyants (ronflements, gargouillis, gémissements) ou plus discrets, ressemblant à des soupirs.

Le gasp n’est pas rare : il est présent dans 30 à 40 % des cas d’arrêts cardiaques survenant hors de l’hôpital. Ample, il peut faire penser à tort à une respiration normale. Ces mouvements peuvent intervenir dans les premières minutes qui suivent l’arrêt cardiaque, puis diminuent progressivement.

Le gasp doit être considéré comme une absence de respiration. Une réanimation cardio-pulmonaire (compressions thoraciques et insufflations) doit être commencée immédiatement si un gasp est reconnu, ainsi qu’en cas de doute. La RCP par compressions thoraciques seules est également efficace si le sauveteur ne souhaite pas ou ne peut pas réaliser les insufflations.

Pourquoi est-il si difficile à reconnaître ?

La mauvaise interprétation des gasps reste le principal obstacle à la reconnaissance de l’arrêt cardiaque par les témoins. Beaucoup de personnes, y compris des professionnels de santé, peuvent confondre ces mouvements avec une respiration normale, ce qui retarde le déclenchement de la RCP.

Une brève période de mouvements de type convulsifs peut également survenir au début de l’arrêt cardiaque. Une fois ces mouvements cessés, si la victime ne réagit pas et ne respire pas normalement, il faut considérer l’arrêt cardiaque et commencer la RCP.

L’aide du régulateur téléphonique

En cas de doute sur la présence d’un gasp, le régulateur du 15 ou du 112 peut aider le témoin à identifier une respiration anormale pendant l’appel. Les recommandations de l’ERC 2025 préconisent d’ailleurs d’appeler les secours dès qu’une personne est trouvée inconsciente, avant même d’évaluer sa respiration. Cette recommandation n’est toutefois pas encore intégrée dans les référentiels français, qui prévoient d’évaluer la respiration avant d’alerter les secours.

Un signe de bon pronostic

Des études récentes montrent que la présence de gasps est associée à une meilleure survie : les patients qui présentent des gasps pendant la réanimation ont environ trois fois plus de chances de survivre avec un bon pronostic neurologique. Cette information souligne l’importance de ne pas interrompre prématurément la RCP chez une victime qui présente des gasps.

Vidéos pour reconnaître un gasp

Voici des vidéos qui permettent de reconnaître un gasp. Les premières sont simulées, la dernière en intervention réelle.

Formation

Apprendre à différencier un gasp d’une respiration normale fait partie des recommandations officielles de la formation PSC (Premiers Secours Citoyen) depuis 2012 et est également enseigné au PSE1.

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