Installer un défibrillateur en libre accès : recommandations et bonnes pratiques

Emplacement, signalisation, maintenance et déclaration Geo’DAE

par Frédéric Séguret — 7 octobre 2009 — dernière mise à jour 26 janvier 2026 — 6 min

Collectivités, entreprises, associations : vous souhaitez mettre un défibrillateur à disposition du public ? Au-delà de l’achat de l’appareil, plusieurs précautions sont indispensables pour garantir son efficacité le jour où il sera utilisé. Choix de l’emplacement, signalisation normalisée, formation des personnels, maintenance régulière et déclaration dans la base nationale Geo’DAE : voici les recommandations à suivre pour une installation réussie.

De nombreuses communes, ainsi que des opérateurs privés, mettent à disposition du public un ou plusieurs défibrillateurs en libre accès. Pour assurer une bonne efficacité de ces appareils, il est nécessaire de s’assurer de certaines précautions.

Le CFRC (Conseil Français de Réanimation Cardio-pulmonaire) rappelle que les témoins d’un arrêt cardiaque dans les lieux publics où la probabilité de cet arrêt cardiaque est élevée peuvent être aussi efficaces que les secouristes qui mettent en moyenne sept à huit minutes pour arriver [1]. Les recommandations internationales insistent sur le fait que recommande que les DAE en accès public soient déverrouillés et facilement accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 [2].

L’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) assure l’évaluation des produits sur le marché [3]. Les défibrillateurs mis à disposition du public, que ce soit en libre service, ou par l’intermédiaire d’un membre désigné du personnel, font l’objet de recommandations et de prescriptions détaillées.

Étude du site et de l’emplacement

Les défibrillateurs doivent être placés sur les sites présentant un risque important d’arrêt cardiaque. Le choix de l’emplacement pour le ou les défibrillateurs doit tenir compte de plusieurs facteurs :
 les risques d’accident cardiaque : présence de nombreuses personnes, présence de personnes de plus de 50 ans, présence de personnes à risque de santé particulier, atelier avec efforts physiques importants, atelier avec risque d’électrocution ou de noyade.
 les conditions d’ambiance thermique, les défibrillateurs ne supportant pas les grands froids (< 0 °C) ou les grandes chaleurs (> 40 °C),
 la proximité de moyens d’alerte.

Ils sont indispensables dès lors que peut survenir plus d’un arrêt tous les deux ans. Cela correspond par exemple à la fréquentation journalière de plus de 250 personnes âgées de plus de 50 ans. Ils sont également intéressants là où les secours ont un temps d’intervention important, dans les lieux de passage très fréquentés (gares, centre commercial, salle de spectacle...) ainsi que dans les lieux à risque de mort subite important : installations sportives, maisons de retraite... Depuis 2020, de nombreux établissements recevant du public sont soumis à une obligation légale d’équipement en défibrillateur, étendue en 2025 à de nouvelles catégories d’établissements [4].

Il est important de réaliser, avant de prendre la décision d’installation, une étude préalable en lien avec le SAMU. En effet, l’emplacement idéal dépend de nombreux facteurs. La visibilité et l’accessibilité de l’appareil doivent être privilégiées.

Signalisation obligatoire

L’arrêté du 29 octobre 2019 [5] impose une signalétique normalisée pour les DAE installés dans les lieux publics et les ERP :
 une affiche visible à chaque entrée indiquant « Ce site est équipé d’un défibrillateur cardiaque »,
 des panneaux de signalisation conformes aux modèles officiels (pictogramme blanc sur fond vert, conforme à la norme NF EN ISO 7010),
 une étiquette sur le boîtier rappelant que « toute personne, même non médecin, est habilitée à utiliser un défibrillateur externe » (article R.6311-15 du Code de la santé publique).

Choix de l’appareil

Le modèle doit être le plus simple possible. Il peut être automatique ou semi-automatique.

Formation et information

La formation des personnes susceptibles d’utiliser l’appareil n’est pas une obligation légale [6] mais est nécessaire. Une simple initiation, d’une durée de 2 heures par groupe, est suffisante pour apprendre à alerter les secours médicaux, réaliser un massage cardiaque, installer le défibrillateur et suivre ses instructions. Il est recommandé de suivre le référentiel d’initiation du ministère de l’Intérieur [7] pour la réalisation de ces formations.

Une campagne d’information du public est également nécessaire, par voie d’affichage, d’annonces, de réunions d’information et de démonstration. Elle doit être entreprise en collaboration avec le SAMU, le SDIS et les associations de sécurité civile. Les personnels de santé du secteur doivent également être informés. Une signalétique [8] doit être mise en place et les consignes d’utilisation rappelées à proximité de l’appareil.

Le reportage ci-dessous montre l’importance d’une signalétique conduisant à l’appareil lorsque celui-ci est difficile à trouver.

Enregistrement obligatoire dans la base nationale Geo’DAE

Depuis la loi du 28 juin 2018, les exploitants de défibrillateurs accessibles au public doivent les déclarer dans la base de données nationale Geo’DAE [9]. Cette base permet aux services de secours et aux applications d’urgence de localiser le DAE le plus proche lors d’un appel au 15 ou au 112.

L’enregistrement s’effectue sur le portail Geo’DAE. La déclaration de l’appareil dans la base de données nationale Géo’DAE est obligatoire dans les douze mois suivant l’installation.

Il reste également utile de signaler directement la localisation au SDIS et au SAMU de votre département.

Par ailleurs, il est important d’enregistrer le défibrillateur auprès du fabricant afin que celui-ci puisse adresser à l’exploitant les éventuelles alertes de sécurité relatives à l’appareil, et les mises à jour du logiciel interne.

Maintenance et suivi

La maintenance doit être organisée : approvisionnement en consommables, remplacement de la batterie, vérifications périodiques.

Deux points doivent faire l’objet d’une attention particulière :
 les batteries, dont la durée de vie varie d’un à cinq ans,
 les électrodes, dont le gel a tendance à se dessécher, sur lesquelles figure une date de péremption (deux à sept ans).

L’entretien peut parfois être confié au fournisseur du défibrillateur en souscrivant un contrat de service.

L’article R.157-4 du Code de la construction et de l’habitation précise que le propriétaire du défibrillateur est responsable de sa maintenance. Celle-ci peut être réalisée par le fabricant, un prestataire de tierce maintenance, ou l’exploitant lui-même conformément à l’article R.5212-25 du Code de la santé publique.

En outre, l’ANSM préconise :
 de désigner une personne responsable du suivi de l’appareil,
 de réaliser un inventaire permettant l’identification du défibrillateur dans lequel figure : le modèle, le numéro de série, le lieu d’implantation ainsi que la version du logiciel de l’appareil,
 de tenir un registre de maintenance,
 de vérifier régulièrement son état extérieur ainsi que le témoin de marche et l’absence d’alarme de dysfonctionnement,
 de déclarer auprès de l’ANSM tout dysfonctionnement observé sur le défibrillateur en cours d’utilisation pouvant avoir ou ayant eu une incidence sur l’état de santé de la personne secourue, d’un utilisateur ou d’un tiers.

Un modèle d’étiquette permet de faciliter le suivi des appareils, à apposer directement sur les défibrillateurs.

Défibrillateur hors service en attente de maintenance.

Pour le suivi, il est recommandé de contacter le SAMU une fois par an afin de faire le point sur l’efficacité du dispositif.

En savoir plus

 Sur les obligations spécifiques aux établissements recevant du public, lire notre article Obligation d’équipement en défibrillateur pour les ERP : ce que dit la loi
 Sur les obligations en entreprise, lire notre article Défibrillateur en entreprise : obligations légales et responsabilité de l’employeur

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