Notions d’hygiène en secourisme
En intervention comme en formation, le risque infectieux est permanent : contact avec le sang, les liquides biologiques, un matériel souillé. Le référentiel des premiers secours en équipe (PSE) fixe des règles précises d’hygiène des mains, de port des gants, de nettoyage des plaies et de désinfection du matériel. Le point sur ce qui est recommandé.
Sommaire
I. L’hygiène des mains
Deux techniques
Le lavage à l’eau et au savon et la friction avec un gel hydroalcoolique sont considérés comme également efficaces. Néanmoins la friction alcoolique ne doit être réalisée que sur des mains visuellement propres et non talquées [1]. La friction est la technique de référence en l’absence de point d’eau.
- le lavage à l’eau et au savon reste nécessaire en début et fin de mission, ainsi qu’en cas de mains visiblement souillées ou en présence de poudre sur les mains ;
- la friction au gel hydroalcoolique convient en l’absence de point d’eau, ou en complément d’un lavage pour renforcer le niveau d’asepsie avant un geste qui l’exige.
Lavage des mains
- mouiller les mains ;
- savonner pendant 30 secondes en insistant sur la pulpe des doigts, les espaces interdigitaux, le pourtour des ongles, le dos des mains, les paumes et les poignets ;
- rincer abondamment sous l’eau, sans toucher le robinet ;
- sécher par tamponnement avec un essuie-mains à usage unique ;
- fermer le robinet avec le dernier essuie-mains, puis le jeter sans le toucher.
Voir notre démo en photos ici.
Friction hydroalcoolique
- retirer montre, bagues et autres bijoux ;
- déposer dans le creux de la main une dose suffisante de gel hydroalcoolique ;
- frictionner sans interruption, pendant au moins 30 secondes et jusqu’à évaporation complète, toutes les surfaces des mains (pulpe des doigts, espaces interdigitaux, pouces, dos des mains, poignets) ;
- ne pas rincer ni essuyer.
Le gel hydroalcoolique est inflammable : ne pas réaliser cette technique à proximité d’une flamme.
Quand se laver ou se désinfecter les mains ?
- à la prise de poste et en fin de mission ;
- avant de mettre des gants et après leur retrait ;
- systématiquement entre deux victimes ;
- après toute biocontamination : repas, passage aux toilettes, s’être mouché, etc. ;
- en présence de poudre sur les mains ;
- chaque fois que les mains sont visiblement souillées.
II. Les gants
Il existe deux sortes de gants :
- les gants à usage unique non stériles ;
- les gants stériles.
Les gants stériles sont recommandés pour la mise en place d’un matériel lui-même stérile : pansement stérile pour brûlure, drap ou champ stérile pour une brûlure étendue, compresses stériles sur une plaie oculaire, champ stérile humidifié pour protéger une éviscération, pansement stérile en présence d’une fracture ouverte, kit d’accouchement (clampage et section du cordon). Cet usage n’est cependant pas mentionné par le référentiel, qui précise la stérilité du matériel posé sur la victime mais jamais celle des gants du secouriste. Le port de gants stériles nécessite une technique de pose particulière et un nettoyage préalable des mains plus rigoureux qu’un lavage simple ; il est inutile de les utiliser si l’on ne connaît pas la procédure.
Dans la plupart des situations, ce sont donc généralement des gants à usage unique non stériles qui sont utilisés.
Quand les mettre ?
- les gants à usage unique se mettent après un lavage ou une friction des mains, jamais avant ;
- ils doivent être portés pour toute antisepsie de plaie, pose de pansement, contact avec le sang ou un liquide biologique, une muqueuse, un épiderme souillé...
L’absence de gants ne doit jamais retarder l’exécution d’un geste d’urgence vitale, comme une compression manuelle pour stopper une hémorragie. Dans ce cas, on pourra utiliser un moyen de protection de fortune (sac plastique, par exemple).
Avant et après
- se laver ou se désinfecter les mains avant de mettre les gants ;
- se laver ou se désinfecter les mains après les avoir retirés ;
- jeter les gants usagés dans le circuit des déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI).
Pour le retrait des gants, voir notre démo photo ici.
III. Nettoyer une plaie
Longtemps, la prise en charge d’une plaie par un secouriste comportait une étape d’antisepsie systématique (produit iodé type Bétadine, dérivé chloré). Ce n’est plus le cas : le référentiel actuel ne prévoit plus d’antiseptique dans la prise en charge d’une plaie simple [2]. Le protocole se limite à un nettoyage, sans étape d’antisepsie chimique.
En présence d’une plaie simple
- se laver les mains à l’eau et au savon, ou utiliser une solution hydroalcoolique ;
- se protéger par le port de gants ;
- nettoyer la plaie à l’eau courante (propre) ou en bouteille, à défaut avec du sérum physiologique ; utiliser du savon si la plaie est souillée, à l’aide d’une compresse si besoin ;
- sécher la zone autour de la plaie et la protéger par un pansement ;
- conseiller à la victime de consulter un médecin si elle n’est pas à jour de sa vaccination antitétanique, ou si la plaie devient chaude, rouge, si elle suinte, gonfle ou continue de faire mal dans les vingt-quatre heures.
Toute plaie, même minime, expose au tétanos : seule la vaccination protège. En l’absence de vaccination à jour (plus de dix ans chez l’adulte, cinq ans chez l’enfant), une consultation médicale s’impose.
Un cas différent : l’accident d’exposition virale du secouriste
Le protocole d’antisepsie au produit iodé ou au dérivé chloré n’a pas disparu du référentiel : il reste prescrit, mais dans un contexte précis et différent de celui d’une plaie de victime, celui où le secouriste lui-même se blesse ou se contamine au contact du sang ou d’un liquide biologique (accident d’exposition virale, ou AEV). Dans ce cas :
- ne pas faire saigner la plaie ;
- nettoyer immédiatement à l’eau courante et au savon, puis rincer ;
- réaliser l’antisepsie, en assurant un temps de contact d’au moins cinq minutes, à l’aide d’un dérivé chloré (soluté de Dakin, ou eau de Javel à 9° chlorométrique fraîchement diluée au 1/5e) ou, à défaut, d’un antiseptique à large spectre (produits iodés) ;
- en cas de projection sur une muqueuse (l’œil, en particulier), rincer abondamment pendant au moins cinq minutes, de préférence au sérum physiologique ;
- rendre compte sans délai à son autorité d’emploi pour la suite de la procédure de soins et les formalités administratives.
Important : dans ce cas précis, ne pas utiliser de produit hydroalcoolique pour l’antisepsie, le référentiel l’exclut explicitement.
Les deux situations ne se confondent pas : nettoyer la plaie d’une victime ne nécessite pas d’antiseptique ; se soigner soi-même après un accident d’exposition virale en nécessite un, avec un temps de contact précis.
IV. Désinfection du matériel et du véhicule de secours
Le référentiel distingue quatre protocoles selon le contexte, et une technique de nettoyage standardisée pour les sols.
| Protocole | Quand |
|---|---|
| Simplifié | Entre chaque victime prise en charge, ou à l’issue de chaque transport |
| Quotidien | Avant la prise de service d’une nouvelle équipe, ou avant une mission de longue durée |
| Périodique | À une fréquence recommandée par l’autorité d’emploi (en général hebdomadaire) |
| Approfondi | À l’issue du transport d’une victime à risque infectieux particulier connu, sur conseil de l’autorité médicale ou d’emploi |
Règles communes
- bien aérer le véhicule ou le local avant de commencer ;
- se laver les mains, porter des gants à usage unique non stériles et des lunettes de protection ;
- dépoussiérer et nettoyer le sol et l’intérieur du véhicule ou du local avant la désinfection proprement dite ;
- utiliser des lavettes à usage unique ou des lingettes préimprégnées ; les serpillières et éponges réutilisables sont interdites, car elles constituent des réservoirs de micro-organismes ;
- en fin de protocole : jeter le matériel à usage unique et les gants dans le circuit DASRI, se laver les mains, noter l’opération sur le cahier de traçabilité.
La technique des deux seaux
Pour le lavage du sol :
- préparer un seau de lavage (rouge, par exemple) avec la solution détergente-désinfectante diluée selon les préconisations du fournisseur ;
- remplir un seau de rinçage (bleu) d’eau propre ;
- tremper la frange dans le seau de lavage, nettoyer le sol du fond vers la sortie en formant des « S » ;
- essorer la frange dans le seau de rinçage ;
- retremper la frange dans le seau de lavage avant de poursuivre le nettoyage ;
- répéter ces trois derniers gestes jusqu’à ce que tout le sol soit nettoyé, en changeant l’eau du seau de rinçage dès qu’elle trouble.
Une fois le sol entièrement nettoyé, vider les deux seaux, rincer et essorer la frange. La laver en machine si besoin, séparément du linge, puis la laisser sécher.
Produits : un détergent dégraisse et met les salissures en suspension ; un désinfectant, utilisé seulement sur une surface déjà nettoyée, élimine les micro-organismes. Certains produits combinent les deux fonctions. À défaut de produit normé (activité bactéricide et fongicide, norme AFNOR), l’eau de Javel diluée convient. Les désinfectants sont irritants pour la peau et les muqueuses : porter des gants adaptés et des lunettes de protection, sans jamais mélanger différents produits entre eux.
Notes
[1] Référentiel PSE (Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises), fiches « Lavage des mains » et « Friction des mains ».
[2] Référentiel PSE, fiche « Plaie ».
Commentaires
> Notions d’hygiène en secourisme
23 janvier 2005 par infirmier spv 31
le site web d’urgence .com ne fonctionnant plus pourrai-je recuperer l’article nommé urgence.com/hygiene/antiseptique/doc.html pour pouvoir l’exploiter pour la formation au cour de la manoeuvre d’équipe ?
merci par avance
Sur le Web : www.
> Notions d’hygiène en secourisme
4 juillet 2005 par Le webmaster
Voici (en attendant la remise en ligne de l’original) le texte de l’article récupéré sur http://web.archive.org/.
Généralités sur les produits antiseptiques ou désinfectants
Auteurs : Yann Aunez, Dr Jean-Marc Cachera, Eric Couchot
Mise à jour : 22/11/99
Nous avons choisi de vous présenter quelques notions concernant les produits antiseptiques ou désinfectants, avant de vous détailler les différentes familles chimiques, puis les produits.
1. Historique
Depuis très longtemps l’homme, en fonction de ses connaissances, a utilisé de nombreux produits et méthodes pour se protéger et lutter contre les infections.
Voici un court résumé de l’historique sur l’hygiène. Il est plus détaillé en cliquant ici.
Dans l’antiquité le principal moyen de lutter contre les maladies est la propreté. Les égyptiens utilisaient des épices, essences et huiles végétales pour limiter la putréfaction des plaies et des cadavres. A cette même époque les perses conservaient l’eau dans des récipients en cuivre ou en argent, car ces métaux en empêchaient le pourrissement.
Au Moyen Age avec les grandes maladies contagieuses (pestes, …), la notion d’organismes invisibles se développe pour propager ces maladies. Les seules mesures de protection efficaces sont l’isolement.
A la renaissance, l’allemand PARACELSE améliore le traitement des plaies par des pansements d’ « émollients » non douloureux à base de mercure et de cuivre.
En 1537, le chirurgien français Ambroise PARÉ abandonne l’huile bouillante et panse les plaies avec un mélange de jaune d’œuf, d’huile de rosat et de térébenthine.
Il obtient le taux d’infection le plus bas pour l’époque et pour ce type de blessure.
En 1750, le chirurgien écossais John PRINGLE emploie pour la première fois le mot « antiseptic » pour les produits appliqués sur la peau et les plaies. En pleine révolution française, le chimiste français Claude BERTHOLET découvre l’eau de Javel. Ce n’est qu’en 1793 que, le chirurgien-major Pierre François PERCY utilisera des dérivés du chlore contre la pourriture à l’hôpital.
Pendant le siècle des découvertes, le pharmacien français Bernard COURTOIS découvre l’iode en 1811, tandis qu’à la même période le chimiste français Louis Jacques THENARD découvre l’eau oxygénée. En 1867, Joseph LISTER utilise l’acide phénique pour prévenir l’infection à la suite d’une fracture ouverte de jambe. La mortalité baisse de 60% à 15%. C’est en 1874 que le chirurgien français Just LUCAS-CHAMPIONNIÈRE met en pratique cette méthode qui donne d’excellent résultats. Vers la fin du siècle apparaît de nouvel forme de produits (synthétisation des phénols par BASF) ou de nouvel utilisation (le formaldéhyde pour désinfecter des locaux, l’ozone ou la Javel pour désinfecter l’eau).
Au début du 20ième siècle, pendant la première guerre mondiale, le médecin chimiste Henry DAKIN met au point un antiseptique (à base de chlore) pour les plaies ouvertes ou infectées. En 1950, ROSE et SWAIN synthétisent pour les laboratoires I.C.I. la chlorhexidine suivit de près par H. SHELANSKI et CANTOR qui réussissent à complexer l’iode dans un polymère : la polyvinyl pyrrolidone iodé.
2. Définitions
Pour une meilleure compréhension de l’article, voici quelques définitions (vous les retrouverez plus complètement en cliquant ici) :
– Antisepsie : opération au résultat momentané, permettant sur les tissus vivants d’éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus, en fonction des objectifs fixés.
– Antiseptique : produit ou procédé utilisé pour l’antisepsie.
– Désinfection : opération au résultat momentané permettant sur les surfaces inertes contaminées d’éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus indésirables, en fonction des objectifs fixés. Le résultat de cette opération est limité aux micro-organismes présents au moment de l’opération.
– Désinfectant : produit ou procédé utilisé pour la désinfection.
– Décontamination : opération au résultat momentané permettant d’éliminer, de tuer ou d’inhiber les micro-organismes indésirables en fonction des objectifs fixés. Le résultat de cette opération est limité aux micro-organismes présents au moment de l’opération. La décontamination s’adresse exclusivement à du matériel souillé.
– Décontaminant : produit ou procédé utilisé pour la décontamination.
3. Facteurs influancant l’activité des produits antiseptiques, désinfectants, ...
Ces produits vont réagir avec certaines parties de ces micro-organismes (la paroi cellulaire, le noyau, ...) par une réaction chimique afin d’obtenir la mort de la bactérie, du virus, champignons, ... Cette réaction chimique sera modifié en fonction de différents éléments.
La concentration
Le produit utilisé doit être à la bonne concentration pour avoir une activité microbiologique (selon ce que l’on choisit).
Si ce produit est (trop) dilué, il y aura une diminution (parfois importante) de son activité. On pourra obtenir une action bactériostatique, virostatique ou fongistatique, voire nulle. A l’inverse s’il est trop concentré, il sera agressif, irritant pour les tissus vivants ; ou corrosif pour le matériel, les surfaces ... et pourra l’abîmer.
Par exemple certains produits (comme les phénols) s’ils sont trop concentrés, entraînent une coagulation des protéines et le désinfectant aura de grande difficultés pour atteindre sa cible au coeur du micro-organisme.
Parfois un produit chimique possède une certaine concentration pour être efficace contre les surfaces, le mobilier, ... il serait trop agressif sur les tissus vivants : peau, muqueuses. C’est pour cela que l’on peut retrouver une même molécule avec une forte concentration comme désinfectant et nettement plus diluée comme antiseptique. Par exemple c’est le cas de l’eau de Javel (12° Ch) comme désinfectant et le Dakin (environ 1,5° Ch) comme antiseptique.
La température
Les micro-organismes se multiplient plus ou moins vite suivant la température. Une chaleur importante peut même entraîner leur mort, a l’inverse on conserve les aliments à basse température dans un réfrigérateur pour limiter le développement microbien.
Par exemple, certains produits comme les aldéhydes peuvent dégager des vapeurs toxiques au delà de certaines températures. Il faudra toujours respecter les températures préconisées par le laboratoire.
Le temps de contact
Comme pour toutes réactions chimiques, il faut un temps de contact minimum entre le produit chimique et le micro-organisme pour le tuer.
Si le temps de contact est trop bref (durée ecourtée par un rinçage anticipée) le produit chimique n’a pas le temps d’agir, il n’aura alors qu’une action bactériostatique, virostatique ou fongistatique, voire nulle.
A l’inverse si le temps de contact est plus long que celui préconnisé par le laboratoire, le produit chimique pourra être agressif, irritant pour les tissus vivants ; ou corrosif pour le matériel, les surfaces ... et pourra abîmer le matériel, les surfaces ...
Par exemple, le temps de contact est généralement court (5 minutes) pour les bactéries, mais il augmentent sensiblement pour les virus (15 à 30 minutes), les champignons et encore plus pour les spores bactériennes (1 heure).
L’acidité, le PH
Ce facteur intervient principalement sur la croissance et la survie des micro-organismes. Suivant son acidité, un antiseptique, désinfectant sera plus ou moins actif.
Par exemple les dérivés chlorés sont plus actifs en milieu acide. Par contre les ammoniums quaternaires ne sont pas actifs en milieu alcalin.
Les substances interférentes
Les ions (Calcium, Magnésium, Iode, Mercure, ...)
Ils agissent au niveau de la dureté de l’eau, selon la concentration des ions calciques et magnésiques, un produit chimiques sera plus ou moins actif.
C’est pour cela qu’il existe des normes qui mesure l’activité des antiseptiques, désinfectants, ... en présence de substances interférentes référencées.
Par exemple, le calcium contenu dans eau « dure » pour inhiber les désinfectant à base de chlorhexidine ou d’ammoniums quaternaires.
Certains ions lorsqu’ils sont en présence, peuvent précipiter et former un composé très agressif pour les tissus (Iode + Mercure = Iodure de Mercure).
Les matières organiques biologiques
Les matières organiques sont généralement le sang, mais également urine, selle, vomis, ... Les protéines contenues dans ces matières organiques biologiques entraînent une réaction chimique qui diminue la concentration du produit chimique, donc son activité en sera affaiblie.
La présence de matières organiques diminue l’activité de tous les produits désinfectants, à divers degrés. Elle est la moindre avec les dérivés phénoliques. Elle est nettement plus importante avec les dérivés chlorés ou iodés, les aldéhydes ou les ammoniums quaternaires. Il est important en présence de nombreuses matières organiques biologiques de procéder à un rinçage pour permettre une dilution de ces matières organiques biologiques ; puis à un nettoyage mécanique.
4. Classement des antiseptiques, désinfectants, ...
On peut classer les antiseptiques, désinfectants selon plusieurs critères.
Leur type
Les différents produits peuvent être classés selon qu’ils sont des antiseptiques, des désinfectants, des décontaminants ...
La famille chimique
Les oxydants (dérivés iodés, chlorés, ...), les dérivés métalliques, les biguanides, les ammoniums quaternaires, les aldéhydes, etc ...
Leur utilisation
Au niveau des antiseptiques suivant l’Autorisation de Mse sur le Marché (AMM) ou le Visa Pharmaceutique ils peuvent être classés selon leur différente utilisation :
– antisepsie de la peau saine ;
– antisepsie de la peau lésée, ou des plaies ;
– antisepsie des muqueuses ;
– antisepsie pour actes chirurgicaux ;
– ...
Au niveau des désinfectants ils seront utilisés sur les surfaces inertes (surfaces, du mobilier, et des sols) , tandis que les décontaminants s’utilisent sur du matériel souillé (matériel médico-chirurgical, médico-secouriste, ...).
5. Conservation de l’efficacité des antiseptiques, désinfectants, ...
Il faut respecter certaines conditions pour garder intact l’activité chimiques des produits antiseptiques, désinfectants, ...
L’emballage
Au niveau des antiseptiques, ils sont en général emballés soit dans des flacons en verre translucide ou opaque, soit avec des plastiques en polypropylène de haute densité. Ce type de plastique évite que le produit soit adsorbé ou neutralisé.
Au niveau des désinfectants ou des décontaminants , ils sont généralement emballés en sachets individuels en polypropylène de haute densité.
Au niveau du bouchage, il faut éviter de fermer ces récipients avec des bouchons en aluminium, caoutchouc, liège, ... Il faudra toujours respecter le bouchon d’origine.
Le conditionnement
Le conditionnement dépend généralement du laboratoire pharmaceutique, mais ces dernières années ils ont fait des efforts pour élargir leur conditionnement avec des petits flacons ou unidoses.
Il faudra préférer de petits conditionnements, pour éviter que ces derniers soient manipulés souvent. L’extérieur du conditionnement est plus souvent contaminé par les mains que le produit lui même. Cela est d’autant plus vrai que le produit est diluée, faiblement actif (ammoniums quaternaires) et que le bouchon n’est pas anti-reflux. Il ne faut jamais déconditionner ou transvaser un antiseptique, désinfectant, ...
Le stockage
Au niveau des antiseptiques une bonne partie d’entre eux doivent être conservé à l’abri de la lumière, dans des flacons opaques. Le lieu de stockage devrait être à température relativement constante. Il faudrait faire attention (comme tous autres médicaments) à l’efficacité de ceux ci après de grande variation de température dans un véhicule sanitaire (froid l’hiver, chaud l’été).
La péremption
Il faut impérativement respecter la date de péremption indiquée par le fabriquant.
La conservation
Certains produits peuvent être actifs pendant longtemps lorsqu’ils sont concentrés (cf. date de péremption), mais avoir une durée de conservation courte une fois diluée.
Par exemple l’Hibitane Champ® a une péremption de dix jours une fois diluée. De même les nettoyants-décontaminants une fois diluée ne sont stables que pendant 24 heures.
Il sera préférable d’indiquer sur le flacon ou dans la préparation la date, voire l’heure (pour les décontaminants qui sont stables 24 heures) de l’ouverture et même la date limite d’utilisation.
