C’est le 15 octobre que l’ERC (European Resuscitation Council, littéralement le conseil européen de réanimation) a publié ses nouvelles guidelines (recommandations) pour la prise en charge de l’arrêt cardiaque. Ces recommandations sont basées sur les derniers résultats de la recherche dans ce domaine et sont valables pour la période de 2015 à 2020.

Elles sont disponibles en anglais sur le site http://www.cprguidelines.eu. Une traduction en français a été réalisée par le Conseil Belge de Réanimation et mise en ligne début 2016 [1].

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En France, l’ERC est représentée le Conseil français de Réanimation cardio-pulmonaire (CFRC), a présenté les recommandations lors de son congrès annuel, les 2 et 3 décembre 2015 à Marseille. Elles devraient ensuite logiquement être intégrées dans les référentiels techniques des formations secouristes, notamment PSC1 et PSE.

En attendant, voici une présentation rapide et résumée des points clés relatifs à la prise en charge de l’arrêt cardiaque de l’adulte par les secouristes par le Pr Gavin Perkins. Une traduction par nos soins vous en est proposée sous la vidéo.

« Dans cette courte présentation, je vais résumer les points clés des recommandations 2015 de l’ERC pour ce qui concerne les premiers secours et l’utilisation du DAE.

Les recommandations 2015 insistent sur l’importance cruciale des échanges entre le régulateur médical et le témoin de l’arrêt cardiaque qui réalise la RCP, et la mise en œuvre rapide d’un défibrillateur externe.

La réussite de la prise en charge des arrêts cardiaques survenant hors hôpital nécessite de mettre en place une organisation collective efficace, capable de conjuguer la mise en place de ces éléments.

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La prise en charge des arrêts cardiaques nécessite une organisation collective efficace.

Pour diagnostiquer correctement un arrêt cardiaque, il faut être capable de reconnaître une victime qui ne répond pas et ne respire pas normalement. Immédiatement après un arrêt cardiaque, le débit sanguin parvenant au cerveau est pratiquement réduit à zéro. Cela peut provoquer des épisodes de crise qui peuvent être confondus avec l’épilepsie. Les témoins, ainsi que les services d’urgence, doivent suspecter un arrêt cardiaque avec les patients présentant ce type de crise, et évaluer soigneusement si la victime respire normalement. Si la victime ne répond pas et ne respire pas normalement, commencez la RCP.

L’ERC recommande que toute victime en arrêt cardiaque reçoive des compressions thoraciques sans délai. Les sauveteurs qui sont entraînés à réaliser des insufflations doivent ajouter aux compressions thoraciques les insufflations, car cela peut améliorer le pronostic. Les compressions doivent être de 5 cm au moins, sans dépasser 6 cm, à un rythme de 100 à 120 par minute.

La durée des insufflations doit être d’environ 1 s et le volume d’air doit être suffisant pour permettre au thorax de se soulever visiblement. Le ratio compressions / ventilations reste à 30 / 2. Il ne faut pas interrompre les compressions plus de 10 s pour réaliser les insufflations.

Une défibrillation réalisée dans les 3 à 5 minutes après l’arrêt cardiaque est susceptible d’améliorer les chances de survie de 50 à 70 %. La défibrillation peut être réalisée par les témoins en utilisant des défibrillateurs se trouvant sur place et en libre accès. La mise à disposition de défibrillateurs en libre accès dans les lieux publics doit être une priorité dans les lieux publics ayant une forte densité de population, comme les aéroports, les gares ferroviaires et routières, les enceintes sportives, les centres commerciaux, les bureaux et les casinos. C’est là que les arrêts cardiaques sont le plus souvent constatés et que des sauveteurs peuvent également se trouver pour réaliser une RCP rapidement. Placer un DAE dans un endroit où la probabilité de survenue d’un arrêt cardiaque est de 1 tous les 5 ans est économiquement viable. Le coût pour chaque année de vie gagnée est comparable à d’autres interventions médicales. Le retour d’expérience sur le nombre d’arrêts cardiaques dans une zone donnée ainsi que les caractéristiques du secteur peuvent permettre de décider de l’emplacement des DAE.

L’enregistrement des défibrillateurs dans une base de données peut permettre au régulateur médical de guide le sauveteur vers le défibrillateur le plus proche.

La séquence utilisée pour la RCP adulte peut être utilisée sans danger avec les enfants qui ne répondent pas et ne respirent pas normalement. Les sauveteurs formés à la RCP peuvent utiliser une procédure modifiée pour les enfants et les noyés, comprenant 5 insufflations initiales avant de commencer les compressions du thorax, et une alerte plus tardive dans le cas peu probable où le sauveteur serait seul. »

Sur le Web http://www.cprguidelines.eu

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Les recommandations 2015 de l’ERC sont disponibles

23 juin 2016 par Vincent

La prise en charge de l’arrêt cardiaque reste dans la continuité de ce que l’on pratique déjà. Je suis bien plus intéressé par les conséquences sur nos pratiques d’un petit paragraphe qui pourrait presque passer inaperçu (p. 198) :

"En cas de suspicion de lésion du rachis cervical, il est courant de placer un collier cervical sur le cou de la victime afin d’éviter toute aggravation de la blessure par le mouvement de sa colonne vertébrale. Néanmoins, cette pratique est fondée sur le consensus et sur des opinions plutôt que sur des preuves scientifiques. Par ailleurs, il a été prouvé que des effets indésirables significatifs sur le plan clinique (comme l’augmentation de la pression intracrânienne) apparaissent après la pose d’un collier cervical. L’application systématique d’un collier cervical par les secouristes n’est désormais plus recommandée. En cas de suspicion d’une lésion cervicale, soutenir manuellement la tête dans une position qui limitera les mouvements de flexion, d’extension, de torsion ou latéraux de la nuque jusqu’à ce que des soins plus spécialisés puissent être pratiqués."

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