Lors d’une urgence, il n’est pas évident de savoir expliquer exactement où l’on se trouve lorsqu’on appelle le service de secours. C’est pourquoi, depuis une dizaine d’années, dans toute l’Europe, l’opérateur doit mettre à disposition des services d’urgence la localisation de l’appelant.

Cette localisation est constituée « de l’adresse de l’appelant issue de la liste d’abonnés et d’utilisateurs de l’opérateur complète, non expurgée et mise à jour et, dans le cas du service mobile, le lieu géographique de provenance de l’appel le plus précis que les équipements dont l’opérateur dispose sont en mesure d’identifier » [1].

La localisation à partir d’un mobile peut donc être très imprécise, ce qui retarde l’action des secours si l’appelant n’est pas en mesure de décrire précisément son adresse.

Au Royaume-Uni, British Telecom, l’opérateur historique équivalent de France Télécom, l’opérateur mobile EE et le fabricant de smartphones HTC ont collaboré pour aboutir à un système de localisation de l’alerte effectuée à partir du mobile appelé AML (Advanced Mobile Location). Il est 4000 fois plus précis que le système actuel, basé sur un calcul de triangulation à partir des antennes qui captent l’émission du téléphone mobile. Ce nouveau système a une précision de 30 m, au lieu de 3 km dans le cas de la triangulation. La fonctionnalité n’existe pour commencer que sur le réseau de l’opérateur mobile EE et pour les personnes équipées d’un téléphone HTC. Mais les trois acteurs du système indiquent qu’il pourra être généralisé facilement.

L’information sur la localisation de l’appelant est transmise par un canal sécurisé uniquement aux services d’urgence, que ce soient des services de police, de lutte contre l’incendie ou de secours. La position est transmise sous forme d’un message texte, en moyenne 18 secondes après le début de l’appel. Un système de validation compare la localisation fournie par le smartphone avec celle fournie par triangulation afin de s’assurer que les informations concordent. Les données de localisation sont fournies sous forme de coordonnées géographiques (latitude, longitude) à partir de la puce GPS du Smartphone ou bien des réseaux WiFi captés.

Il s’agit d’un progrès important : cela permet de réduire significativement la durée de l’appel puisqu’il n’est plus nécessaire de solliciter l’adresse de la part de l’appelant. Cela évite également les recherches sur place par les équipes de secours et permet donc de diminuer la durée d’intervention. Enfin ce système permet également d’intervenir facilement lorsque l’appelant a du mal à s’exprimer, ce qui est relativement fréquent.

Cette réalisation est saluée comme exemple à suivre en Europe par l’EENA (European Emergency Number Association) [2].

Sur le Web Source

Notes

[1article D98-8 du Code des postes et des communications électroniques

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