La Commission européenne a adopté une proposition visant à rendre obligatoire l’équipement des voitures neuves du système eCall dès 2015 [1]. Ce système appellera automatiquement les secours, en principe via le 112, en cas d’accident grave. Le message d’alerte contiendra les coordonnées géographiques de la voiture. Selon les estimations de la Commission, ce système pourrait diminuer le temps moyen d’arrivée des secours sur les lieux de l’accident de 40 % en ville, et de 50 % dans les zones rurales. Le risque de suraccident pourrait ainsi nettement diminuer, et 2 500 vies pourraient être sauvées chaque année à l’échelle de l’Europe [2].

eCall sera activé automatiquement dès que les capteurs du véhicule détectent une collision. Il transmettra au 112 [3], via le réseau du téléphone mobile, l’heure exacte de l’accident, la position GPS, et le sens de circulation, ce qui est important sur les autoroutes et 2x2 voies. Il pourra également être activé manuellement depuis le véhicule d’un automobiliste témoin d’un accident grave pour porter secours à un véhicule tiers. Le système tentera d’établir une communication audio entre les occupants du véhicule et les services de secours. Il fonctionnera dans toute l’Union européenne, ainsi qu’en Suisse, Norvège et Islande.

Principe simplifié du système eCall

Le coût du système embarqué est de l’ordre de 100 € par véhicule. Il pourra éventuellement être utilisé par les constructeurs pour assurer d’autres services que l’alerte ; on pense par exemple, en matière de sûreté, à la localisation des véhicules volés, ou en matière d’assurance à la mise en place de contrats où l’assuré paye une prime au km parcouru plutôt qu’à l’année.

Le système eCall a néanmoins fait l’objet de réticences de la part des États membres, en raison de difficultés concernant l’infrastructure à mettre en place. En France, les autorités considéraient fin 2010 qu’il ne s’agit pas d’une priorité [4]. Pour cette raison, il a pris plus de cinq ans de retard, puisqu’il était initialement prévu qu’il soit généralisé dès 2009 [5].

Quelques constructeurs intègrent d’ores et déjà le système eCall à certains modèles de leur gamme. Problème, ils utilisent leur propre plateforme pour répondre aux appels, ou celle d’un équipementier comme Bosch, associé à Mercedes-Benz [6], contrairement aux recommandations de la Commission. Cette plateforme ne redirige l’appel vers les services de secours qu’en cas de nécessité avérée. Or cela n’arriverait que dans 2,5 % des cas d’après Peugeot-Citroën, cité par l’Automobile Magazine [7].

On peut donc craindre que la généralisation de l’eCall implique que les services du 112 recevront nombre d’appels qui relèvent en réalité de l’assistance au dépannage. Ils devront alors s’organiser en conséquence.

A suivre...

Notes

[2En 2012, 28000 personnes ont été tuées et plus de 1,5 million blessées dans des accidents sur les routes de l’Union européenne

[4Réaction de la France à la consultation publique sur eCall, décembre 2010 PDF

[72015 : l’eCall de série, L’Automobile Magazine, n°809 octobre 2013 p. 112

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