C’est le dimanche 24 septembre 1967 que Didier Burggraeve, alors à la Brigade de sapeurs pompiers de Paris, revient en permission une journée à Roubaix pour l’anniversaire de sa mère, jour qu’il choisira pour lancer une pétition nationale afin de recueillir 10 000 signatures pour soutenir son idée :

« Instaurer dans le permis de conduire, les premiers secours et soins à donner aux blessés ».

Il diffuse une circulaire avec au verso la possibilité de recueillir 25 signatures. En parallèle, il ouvre un cahier qu’il va utiliser en permanence afin de recueillir également des signatures [1] [2].

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Pétition du 24 septembre 1967

Cet anniversaire arrive deux jours avant que la Commission des lois de l’Assemblée nationale étudie la proposition de loi [3] déposée le 23 août dernier par le député du Nord Bernard GERARD et cosignée par une soixantaine de ses collègues du groupe UMP.

Cette proposition de loi a pour but de rendre obligatoire la formation pratique (prévue en quatre heures) des « 5 gestes qui sauvent », c’est-à-dire la conduite à tenir en présence d’un accident dans la rue ou sur la route, avec des mots-clés : Alerter, Baliser, Ventiler, Comprimer et Sauvegarder [4].

Il s’agit de ne retenir que les gestes essentiels de survie que tous les usagers de la route devraient connaître afin de les apprendre par des exercices (durant quatre heures), les mémoriser puis être capable de les pratiquer par réflexe et maîtrise sur les victimes en détresse avant l’arrivée des secours.

D‘après l’Académie de médecine (juin 2010 [5]) 250 à 350 personnes pourraient être sauvées par l’apprentissage de ces gestes, sur les routes (sans compter celles épargnées lors des accidents de la vie courante : domestiques et des loisirs).

Une autre proposition de loi [6] a également été déposée, au Sénat, en février, par les sénateurs UMP Jean-Pierre LELEUX (Alpes-Maritimes – nouveau siège du CAPSU) et Jean-René LECERF (Nord), également cosignée par un peu plus de cinquante sénateurs.

Alors que l’Allemagne dès 1969, l’Autriche en 1973, la Suisse en 1977, ont rendu une telle formation obligatoire pour obtenir un permis de conduire, même si les programmes et les modalités sont différentes, on peut se demander pourquoi la France en est toujours à se poser la question du possible et/ou du souhaitable ?

Sur le Web Le CAPSU sur secourisme.net

Notes

[1Les deux premières pages de ce cahier ainsi que les deux premières pages des signatures (40 premières signatures) ont été insérées dans le volume 2 des « Mémoires d’un Secouriste » de Didier Burggraeve (1967-1970) qui sortira mi-octobre.

[2Les 10 000 signatures seront déposées au cabinet du ministre de l’Intérieur en 1972.

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