Extrait du bulletin du CAPSU n°49 - mai 2012

Secourisme au(x) permis de conduire : proposition de l’ACMF

Nous attendions avec impatience la position prise par l’ACMF [1].

Historiquement, l’ACMF et son président, le docteur André SOUBIRAN, ont soutenu et aidé le professeur Marcel ARNAUD dès le début de son action. Le docteur SOUBIRAN apportera également son appui au projet des « 5 gestes qui sauvent » en finançant ou cofinançant plusieurs éditions de la brochure gratuite. En 1987, l’ACMF avait pris l’initiative d’organiser à Paris une conférence de presse pour faire connaître le projet.

Dans le bulletin de l’ACMF, plusieurs rappels ont remis à l’ordre du jour la formation aux « gestes de premiers secours ».

Cet encart (en mars 2009) où effectivement nous pensions que la « nouvelle réforme » du permis de conduire aurait incité les pouvoirs publics à introduire cette formation. Dans ce texte, le terme peu compréhensible de « sensibilisation » est utilisé (« sensibilisation » prévue par un article de la loi de juin 2003 non appliquée [2]). Désormais, dix ans après, il faut aller à l’étape suivante, par une formation pratique effective. Et non plus de la théorie. Encore dix années de perdues !

Dans le dossier « Route et Médecine » de sa revue, l’ACMF précisait, en février 2010 que « plus de 750 000 personnes se présentent chaque année au permis B » et que son coût est d’environ 1200 €. Les 25 ou 30 € prévus pour la formation aux « 5 gestes », en quatre heures ne devaient plus être un obstacle (ou un prétexte) à une décision. Mais ce coût « supplémentaire » revient encore régulièrement sur le tapis !

Dans le dossier de décembre 2010 qui rend compte du 4e congrès, il fut question de secourisme, cité par le président en exercice de l’Académie nationale de médecine, mais la (nouvelle) déléguée interministérielle, présente, n’en dira pas un mot, confirmant ainsi sans l’aborder l’hostilité (inadmissible) d’une structure de l’État, dont la mission (et le devoir) est de rechercher tous les moyens pour épargner des vies humaines.

Mais dans ce même dossier de décembre 2010, le récent rapport (juin 2010) de l’Académie de médecine, sur le secourisme en France, à l’initiative du Professeur Alain LARCAN est évoqué [3]. M. LARCAN s’était lui-même prononcé pour une formation lors de la préparation du permis de conduire lorsqu’il en fut le président, en 1994. L’ACMF confirme qu’elle « s’est prononcée en faveur d’une formation obligatoire au secourisme pour tous les candidats au permis de conduire ».

Un encart précise la position du président actuel de l’ACMF, le docteur Philippe LAUWICK. Il rappelle en quoi devrait consister cette formation : l’alerte, protéger les lieux (baliser), la liberté des voies aériennes pour les victimes, la PLS et la compression des plaies. C’est-à-dire les « 5 gestes ». C’est normal, le président de l’ACMF a milité en son temps au sein de l’ASAR et du CAPSU pour les faire connaître à la population, au grand public, à la presse locale…

Puis, nous arrivons au dossier « Route et Médecine » de mars-avril 2011 où il était annoncé qu’à l’occasion d’un congrès, en Chine, le sujet serait traité. La position de l’ACMF était claire. Elle « souhaite une généralisation rapide de son enseignement à tous les candidats aux permis de conduire » (sans oublier le pluriel). La question était : « Quel programme retenir ? ».

L’ACMF reprenait également les arguments du CAPSU qui avait rappelé que la FFC avait lancé elle-même une campagne « Une vie = 3 gestes », contredisant ainsi l’Observatoire du secourisme (cité dans l’article) qui prétendait qu’en deçà de l’AFPS (ou PSC1) rien n’était valable !

Et c’est dans le numéro de septembre-octobre 2011 (RAM n° 500) que nous apprenions la proposition définitive de l’ACMF [4] [5].

Avis du CAPSU

Sur une page on apprenait ce qui avait été retenu comme « programme spécifique » pour les candidats aux permis de conduire. Nous étions d’accord, puisque maintenant nous le sommes tous – après plusieurs décennies – sur la nécessité d’une « formation courte, pratique, gestuelle et accessible à tous ».

Puis, comment ne pas être surpris que le « groupe d’experts » propose :

- une formation de (seulement) 1h 30 Pré requis à l’examen du permis de conduire.
- Une formation complémentaire (5 à 6h) « complémentaire au PSC1 ».

Si le « PAS » de Marcel ARNAUD est utilité, la PLS n’a pas été retenue ! C’est incompréhensible.

Il est bien évident que nous ne pouvons pas apprendre, absolument, la LVA et s’abstenir également d’apprendre la mise en PLS d’une victime inconsciente ! C’est contradictoire. Le président de l’ACMF n’avait-il pas cité la PLS dans les seuls gestes à apprendre ?

Le groupe d’experts aurait pu tout simplement reprendre le bon conseil de notre Maître, Marcel ARNAUD (réutilisé d’ailleurs dans la revue de l’ACMF), qui disait « Sans être secouriste, connais au moins les gestes qui sauvent ». Et ces gestes, le « PAS », ce sont les « 5 gestes » dont il avait approuvé le projet, la campagne et la brochure (gratuite) pour la première édition en 1972.

En conclusion, la proposition de l’ACMF devient irréaliste, car en proposant deux formules, l’approche compliquée des pouvoirs publics le sera encore plus. Peut-être un nouveau prétexte pour retarder une telle mesure puisque les « experts » ne sont pas d’accord ?

À quoi aura servi l’expérience ratée du programme « premiers secours sur la route » abandonné très rapidement ? À quoi aura servi le programme GES de 1978 inapplicable pour une formation généralisée des candidats aux permis de conduire ?

Sur le Web http://capsu.secourisme.net

Notes

[1Automobile club médical de France http://www.acmf.asso.fr/

[4RAM n° 500 p. 18 : http://www.calameo.com/read/0006972...

[5Dr Philippe LAUWICK, « secourisme au permis de conduire : quel programme retenir ? », diaporama de la communication de l’ACMF au WADEM, juin 2011 http://www.acmf.asso.fr/images/stor...

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