Extrait du bulletin du CAPSU n°49, mai 2012.

Nouvelle réforme de la formation de base, le P.S.C.1 passe à « 7 heures au minimum »

Cette réforme, applicable au 1er juillet 2012 a (à nouveau), modifié des gestes et techniques et supprimé des consignes [1]. Mais c’est surtout le temps de formation, qui passe de 10 h minimum à 7 heures minimum ! Est-ce raisonnable ?

Nous avons déjà exprimé notre surprise d’une appellation difficile à comprendre (PSC1) par le grand public, destinataire de cette formation. L’AFPS était préférable, car il s’agit de « premiers secours » essentiellement, pas ou peu de prévention.

Pourquoi 7 heures ? Peut-être pour recueillir l’accord – enfin – de rendre obligatoire l’attestation de formation pour obtenir un permis de conduire ?
Mais ce programme est tout à fait inadapté pour une formation, de masse, de tous les candidats aux permis de conduire. Environ 800 000 personnes par an. Et traite de nombreuses questions qui n’ont rien à voir avec l’accident de la route. D’où incompréhension lorsque l’on rend une formation obligatoire.

D’ailleurs, pour « compenser » ce temps réduit (donc trop court pour respecter tout le programme et apprendre les gestes et méthodes correctement), on propose en plus l’utilisation du « e-learning » pour « remplacer » une partie de la formation ! Est-ce sérieux ? Qui le fera ?

Qu’est-ce qui change :

- L’alerte : elle est simplifiée,
- Arrêt cardiaque : on parle de « gasp » au singulier ? Pour le grand public !
- Ventilation orale : suppression du « bouche à nez »,
- Brûlure simple : on parle de la vaccination antitétanique… de fièvre… ( ?)
- Hémorragie externe : on clarifie avec « comprimer immédiatement l’endroit qui saigne » - enfin,
- Protection (supprimer le danger) : suppression de cas particuliers, notamment l’accident de la route ( ?),
- Suppression dans « Traumatisme » de cas particuliers (exemple : la victime a reçu un coup sur la tête),
- PLS : dans les points-clés : « Limiter au maximum les mouvements de la colonne cervicale » mais, dans la « fiche du geste technique » on reste uniquement sur une PLS effectuée seul avec pas moins de 12 consignes, de « retirer les lunettes », « saisir le bras opposé de la victime » etc. Puis il est précisé à nouveau de « limiter au maximum les mouvements de la colonne vertébrale »...

Or, pour y arriver, dans le cas d’une PLS pour un blessé, il faut une personne qui se charge uniquement de maintenir la tête dans l’axe puis qui accompagne le corps lorsqu’il est positionné sur le côté, par une deuxième personne. C’est un minimum.

PSC 1 = 7 heures ?

Si, écourter ce temps de formation, a pour but de former plus de nos concitoyens (car on n’arrive même pas à la moitié de ce qui avait été prévu en 1991 lors de la création de l’AFPS), est-ce la solution si nous voulons que les gestes soient appris correctement ?

L’objectif est aussi de « simplifier les formations » comme le rappelle l’INRS qui adapte également le programme SST [2].

Mais la vraie « simplification » demeure les « 5 gestes qui sauvent » [3] face à l’accident de la route, car on les nomme, ils sont 5 et non 10, 20 ou plus ! Ainsi que les 3 gestes face à l’urgence cardiaque.

On remarquera que l’INRS reste prudent et conserve le temps de formation du SST à 12 heures, ce qui nous paraît un temps adapté par rapport au programme. Car, combien de temps faut-il pour vraiment apprendre le MCE à une personne qui n’en a jamais – ou presque – entendu parler ? On risque de récupérer ce temps partout.

Or, si l’on reprend ce que l’ANIMS, dans « Secourisme Revue » n° 146 de juin 2004 avait appelé le « Tableau de bord » de la formation aux premiers secours, les temps impartis aux différents modules donc aux gestes étaient détaillés.

3 heures étaient prévues pour la « victime inconsciente » où il y a avait, la LVA, la PLS, la ventilation artificielle et le MCE. C’est absolument nécessaire.
Certes, on peut supprimer les « synthèses » prévues en fin de chaque partie mais, au plan pédagogique, est-ce un plus ?

C’est la CRF de Paris qui avait apporté ces précisions. Globalement elles étaient justifiées.

En 1978, l’arrêté fixant le programme des GES (gestes élémentaires de survie) qui devait être enseigné dans les écoles, collèges et lycées et retenu également pour la délivrance de tout permis de conduire, avait une durée de 6 à 8 heures.

Nous revenons aux mêmes erreurs. Et pourtant le BNS et ces GES, abrogés, ont été remplacés il y a vingt ans ! Remplacés par l’AFPS. Mais le PSC1 a-t-il touché sa cible ?

Cette nouvelle réforme va se mettre en place, espérons qu’elle n’apportera pas plus de déception dans la concrétisation et dans ses résultats. Pour le grand public, nous devons être le plus simple et accessible possible.

« Mieux vaut comprendre peu que comprendre mal » disait Anatole FRANCE [4].

Puissions-nous, dans ce pays, après tant d’échecs, y arriver !

Sur le Web http://capsu.secourisme.net/

Notes

[4La révolte des anges, 1914. « Il ne savait rien, ne voulait rien savoir, en quoi il se conformait à son génie, dont il ne surchargeait point l’aimable petitesse, et son heureux instinct lui conseillait de comprendre peu plutôt que de comprendre mal. »

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