Créé en 1934 à l’initiative d’une poignée de femmes, un enseignement spécialisé aéronautique pour les « dames infirmières » donnera naissance aux IPSA, infirmières pilotes secouristes de l’air, qui seront rapidement intégrées aux équipes d’urgence de la Croix-Rouge française, et dont la devise deviendra inter aera caritas. Dès 1936, elles participent à des manœuvres d’évacuation sanitaire avec l’armée de l’air. En 1945, l’armée de l’air fait appel à ces bénévoles pour assurer le rapatriement des prisonniers et des déportés, puis des fonctionnaires des colonies. À partir de 1946, 35 d’entre elles sont intégrées par concours au groupement des moyens militaires de transport aérien (GMMTA) et prennent le grade de « convoyeuses de l’air ». Elles participeront activement aux évacuations sanitaires (EVASAN), concept né en Indochine. Aujourd’hui encore, l’armée de l’air organise chaque année un concours destiné aux infirmiers diplômés d’État qui se destinent à devenir officier convoyeur ou convoyeuse de l’air.

En 1949, une équipe d’infirmières secouristes parachutistes est créée à la Croix-Rouge au sein des IPSA, avec l’idée de pouvoir facilement monter une antenne chirurgicale sur un lieu de conflit isolé. Elles reçurent un entraînement intensif, à la fois civil et militaire, qui leur permit d’envisager pour certaines des carrières dans l’humanitaire ou dans l’armée. L’une d’entre elles devint général dans l’armée de l’air. Cette spécialité fut toutefois abandonnée avec les progrès du transport héliporté.


Vidéo INA, datée du 5 juillet 1956.

Mais les IPSA ont également eu un rôle à jouer dans le développement de l’aviation civile, et fournirent à la fin de 1945 les premiers personnels de bords féminins à Air France, qui seront bientôt connues sous le nom d’hôtesses de l’air. C’est le début des IPSA de « seconde génération » : il n’était plus nécessaire qu’elles soient infirmières à part entière, mais elles continuaient de recevoir lors de leur formation à la Croix-Rouge un solide enseignement. De telles formations n’existent plus aujourd’hui, bien que la Croix-Rouge française perpétue la tradition en formant les futurs personnels navigants commerciaux au CFS (certificat de formation à la sécurité).

Qui se souvient des Filles de l’Air, les IPSA ?
Portrait de Rosemay de la Besse, vice-présidente de l’amicale des Infirmières Pilote Secouristes de l’Air de la Croix-Rouge Française (IPSA) - Réalisation Frédéric Joli

En savoir plus

- Historique des IPSA http://www.aeroclub-ipsa.org/tradit...
- Historique des convoyeuses de l’air http://blog-unp.thionville.over-blo...
- Qui se souvient des « Filles de l’Air », les IPSA ? http://cicr.blog.lemonde.fr/2011/03...
- Vidéo sur le site de l’INA http://www.ina.fr/economie-et-socie...
- Les IPSA et les convoyeuses de l’air, Icare, n°127, 1988
- J.P. Chabanne, C. Pelletier, Le rapatriement par avion des prisonniers et déportés français en 1945, médecine et armées, 2006, vol. 34, n°3, p. 265

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Illustration de couverture de la revue Icare n°127, consacrée aux IPSA
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