Lors d’un discours prononcé le 13 septembre 2011, Xavier Bertrand suggère quatre « axes de progrès » pour lutter contre la mort subite :

- continuer d’implanter des défibrillateurs en accès public, équiper tous les ERP et les entreprises, et favoriser l’équipement des lieux résidentiels,
- améliorer la géolocalisation du parc de défibrillateurs, ainsi que leur suivi, et créer une base nationale,
- renforcer la maintenance de ces appareils,
- développer la formation des premiers secours, éventuellement en rendant obligatoire le PSC1 pour le permis de conduire.

Le ministre indique qu’il s’agit d’un « programme », ce qui revient à dire en termes clairs qu’il n’en est qu’au stade de la réflexion et n’a rien arrêté. On peut toutefois penser que ces orientations seraient assez faciles à mettre en œuvre dans la mesure où elles ne reposent pour l’essentiel que sur une activité de réglementation et ne nécessitent pas l’engagement d’un financement par l’État. Ainsi l’implantation renforcée des défibrillateurs et leur maintenance sont du ressort des collectivités locales, des entreprises, et dans certains cas de sponsors et mécènes. Le discours a d’ailleurs été prononcé à l’occasion de la signature par plus de 80 entreprises d’une « charte du cœur » qui les engage à installer des défibrillateurs et à former leurs personnels [1].

En outre, la création d’une base nationale de localisation des défibrillateurs est d’ores et déjà une réalité grâce aux initiatives privées de Vauban Humanis [2] et de l’ARLoD [3].

L’idée de rendre le PSC1 obligatoire au permis de conduire peut également séduire. Ce serait une manière de diffuser, enfin, les gestes qui sauvent en masse dans la population. Mais on peut aussi objecter que les candidats au permis de conduire devraient alors ajouter à leur formation à la conduite, déjà fort coûteuse, une formation PSC1 qui, dispensée par une association agréée, est facturée 60 € ou plus. Alors que, quelques années plus tôt, ces mêmes candidats au permis auraient dû obtenir ce même PSC1 gratuitement avec le brevet des collèges... Rappelons en effet que la formation au PSC1 est prévue lors de la scolarité de tous les élèves, mais qu’elle n’est pas mise en œuvre de manière généralisée. Il est dommage que ce léger problème [4] ne soit pas évoqué par M. Bertrand. Mais il est vrai qu’il n’est pas ministre de l’Éducation.

On devrait se féliciter des résolutions de ce discours qui semblent frappées au coin du bon sens. Mais on n’y trouve toujours pas la volonté d’un pilotage stratégique de haut niveau du secourisme en France, pourtant réclamé par l’Académie de médecine [5].

Sur le Web Allocution de Xavier Bertrand

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Le ministre de la Santé veut aller plus loin contre la mort subite

22 septembre 2011

Equiper les ERP n’engage pas un financement de l’Etat ?? Le P ne veut pas dire Public ?? Si tous les ERP doivent avoir un DAE celà va coûter une fortune en commençant par tous les établissements scolaires (qui accueillent en plus une population représentant un risque très faible de mort subite !!).

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Le ministre de la Santé veut aller plus loin contre la mort subite

22 septembre 2011

Le problème à l’éducation nationale est simple :
- si on le rend obligatoire, demain nous sommes incapables de former tous les élèves ;
- tant que ce n’est pas obligatoire, nous n’avons aucun moyen pour former.
On forme de plus en plus d’élèves, de moniteurs et d’instructeurs mais sur le nombre d’élèves nous sommes encore dans des proportions très faibles.
Pb insoluble ..... en l’état !

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Le ministre de la Santé veut aller plus loin contre la mort subite

23 septembre 2011

En fait C’EST obligatoire. Mais voilà les moyens ne sont pas là (ni la volonté il faut bien le dire) donc l’obligation n’est pas appliquée. A quand des parents d’élève pour mettre en demeure l’EN d’appliquer les textes ?

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Le ministre de la Santé veut aller plus loin contre la mort subite

18 septembre 2011 par FDN

Il y a près de 10 ans, le Pr GENTILLINI alors président de la croix-rouge française avait déjà sollicité les ministères concernés pour que tout candidat au permis de conduire soit titulaire de l’AFPS. tout cela avait été fin de non recevoir....
C’est ce qui à conduit un peu plus tard à la formation RCP pour les jeunes des JAPD.
il faut espérer que tout cela puisse se faire, malheureusement je n’y croit guère !

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