À l’occasion de l’inauguration de l’École Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers, à Aix-en-Provence, le 17 mars 2011, le Président a annoncé [1] sa décision d’y créer une unité civilo-militaire de formation et d’entraînement au risque NRBC : nucléaire, radioactif, bactériologique, chimique. Il a également évoqué « certains des grands chantiers » qui lui « paraissent essentiels pour l’avenir de notre sécurité civile. »

Il a ainsi indiqué avoir voulu et soutenir la proposition de loi relative à l’engagement citoyen en qualité de sapeur-pompier volontaire, déposée le 18 novembre dernier à l’Assemblée nationale [2]. Ce texte clarifie le statut de sapeur-pompier volontaire et lui offre des facilités pour se présenter aux concours de recrutement de la fonction publique.

Le Président envisage également une fusion au ministère de l’Intérieur des directions de la sécurité civile et la direction de la prospective et de la planification en une grande direction générale. Cette fusion est contraire aux suggestions du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale [3] qui préconise plutôt une séparation entre un organe de planification et la direction opérationnelle, mais semble satisfaire la demande des sapeurs-pompiers.

Il indique également porter une attention particulière à l’amélioration de la carrière des sapeurs-pompiers professionnels, et des mesures concernant la modernisation des équipements nationaux de sécurité civile, en particulier les moyens aériens semi-spécialisés.

Aucune allusion au secourisme associatif ni à la formation du citoyen

De tout cela, on retiendra que le Président n’aura pas fait la plus petite allusion au secourisme associatif, pas plus qu’à la formation du citoyen. Faut-il en déduire que ces derniers n’ont pas de réelle place dans la sécurité civile, qui était le thème du discours, ou que les sapeurs-pompiers, à qui étaient destinées les paroles du Président, ne veulent pas en entendre parler ? La Fédération nationale des sapeurs-pompiers, dont le président était présent lors de cette allocution, a pourtant formé plus de 100 000 citoyens au PSC1 en 2007.

Il est dommage que l’engagement des bénévoles des associations ne bénéficie pas de la même attention que celui des sapeurs-pompiers volontaires, alors que les « associatifs » auraient également besoin de reconnaissance et d’un statut à même de favoriser le développement de l’engagement et la fidélisation des secouristes. En même temps, ce n’est guère surprenant, les sapeurs-pompiers ayant pour eux une puissante fédération. Les secouristes bénévoles, près de dix fois moins nombreux, sont divisés en une vingtaine d’associations [4]... Et n’ont aucune voix à même de porter leurs préoccupations communes.

Rappelons qu’en 2010 l’Académie de médecine demandait un pilotage fort du secouriste au niveau national [5]. Elle ne semble toujours pas avoir été entendue, hélas, au plus haut niveau de l’État.

Notes

[1Discours du Président à l’occasion de l’inauguration de l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers, à Aix-en-Provence http://www.elysee.fr/president/les-... ; en vidéo : http://www.elysee.fr/president/medi...

[2Proposition de loi relative à l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires et son cadre juridique, http://www.assemblee-nationale.fr/1...

[3Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale http://www.livreblancdefenseetsecur...

[4Liste des associations ayant un agrément de sécurité civile (PDF) : http://www.secourisme.net/IMG/pdf/a...

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