Le CAPSU, promoteur de l’enseignement des gestes qui sauvent aux permis de conduire, revient sur les différents articles publiés dans la revue Secouriste Magazine. Ce texte a été adressé au magazine pour que soit publié un droit de réponse.

Ce texte fait référence au dossier « Secourisme au permis de conduire » publié dans « SECOURISTE magazine » n° 21 (juillet-août 2014).

1 - Sur l’éditorial de Nicolas LEFEBVRE

Quelques précisions sur cette présentation du sujet pour rappeler que les textes qui ont prévu le secourisme à l’école datent de 1957-1958 ! [1] Relancés régulièrement par des textes complémentaires, jusqu’à la loi de modernisation de la sécurité civile [2] en 2004 et le décret d’application de 2006.

Avant la loi de 2004 et ledit décret de mise en application, la formation aux premiers secours était déjà – heureusement – (un peu) en place (même si trop limitée) avec l’attestation AFPS puis le PSC1?? (seulement 120 000 en 2011 – mais la date de départ n’est pas 2006, mais 1991, date de création de l’AFPS).

« Les propositions de loi fleurissent » (depuis quelque temps) ?

Or, si deux propositions de loi ont bien été présentées, à l’Assemblée nationale et au Sénat en cette même année 2012 (les autres propositions de loi prévoyaient la formation aux premiers secours selon différentes possibilités avec en référence le PSC1). La première, précisément pour la formation aux « 5 gestes qui sauvent », obligatoire pour obtenir un permis de conduire, à la demande du CAPSU, fut celle déposée en 1997, par le député du Nord Patrick DELNATTE (Cf. bulletins du CAPSU et mémoires sur les « 5 gestes qui sauvent » > 9 premiers mémoires en ligne sur le site secourisme.net). [3]

D’autres propositions de loi identiques ont été déposées ensuite, à l’Assemblée et au Sénat, après celle du député DELNATTE, pour une formation aux « 5 gestes » face à un accident de la route – de différents groupes politiques.

Il est écrit : « deux visions s’affrontent ».

Or, il n’y en a qu’une valable, c’est la formation pratique et non de simples questions.

Il n’était pas possible à la Commission des lois du Sénat, de revenir donc de contredire celle de l’Assemblée, en adoptant la proposition de loi et en précisant aussi que la formation serait obligatoirement pratique, de 4 heures, sur les « 5 gestes » de survie, car ces compléments sont d’ordre réglementaire.

La Commission des lois a pu toutefois et enfin lever l’obstacle historique, le blocage permanent entre domaine législatif et réglementaire. Et supprimer ce qui avait été aussi à l’origine du rejet à l’Assemblée en octobre 2012, soit la troisième épreuve (prétexte utilisé par le ministre de l’Intérieur pour rejeter cette mise en place, du fait d’un contrôle des inspecteurs du permis de conduire – ce qui n’avait jamais été évoqué). C’était donc une étape positive, mais une simple étape avant que le texte adopté soit transféré à l’Assemblée nationale.

S’agissant d’une obligation pour obtenir un permis de conduire, il paraissait évident de s’en tenir qu’aux gestes, réflexes, face à un accident de la route et non obliger les candidats aux permis de conduire, en plus de l’apprentissage du code de la route et de la conduite automobile ou autre, d’apprendre également d’autres conduites à tenir comme dans le programme PSC1 dont le temps de formation est au minimum de 7 heures (ce qui semble très court vu ledit programme) et/ou de demander en plus une formation par internet, l’e-formation !

Ce n’est pas réaliste et c’est en effet la durée, alors de 6 à 8 heures, mais en réalité de 10 heures minimum, qui avait fait capoter la décision pourtant d’un CISR, en novembre 1974, afin de mettre en place cette formation aux « gestes de survie » (formation pratique et non théorique) ; seule mention faite dans le texte suivant par Yann Bellon pour présenter le sujet ( !).

Dans cette affaire, il n’y a aucune « considération financière », car le coût a toujours été précisé (environ 25 € à payer par chaque candidat à l’association formatrice). C’est un prétexte permanent utilisé malheureusement – ce qui est incompréhensible – par ceux qui veulent encore, en 2014 (dont les pouvoirs publics) différer la mise en place de cette mesure !

Il n’y a également aucune « considération réglementaire », car si le ministre de l’Intérieur actuel le souhaite, il peut prendre un arrêté pour mettre en place un enseignement pratique sur la base des « 5 gestes » puisque ce projet existe !

En résumé l’éditorial va dans le bon sens. Il invite à la réflexion et permet d’engager le débat au-delà du Parlement.

Nous espérons au CAPSU que la revue « Secouriste Magazine » tiendra son rôle afin qu’il y ait une jonction entre les secouristes professionnels, volontaires et bénévoles et le public, c’est-à-dire dans le cas présent les futurs candidats aux (au pluriel) permis de conduire.

Pourquoi pas un débat lors de « secours expo », en février 2015 Porte de Versailles à Paris puisque, depuis la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004, le citoyen est partie prenante et devient un relais, en amont, des secours professionnels et associatifs ?

2 – Sur l’article « Sur la bonne voie ? »

« Modification mineure » :

Il s’agit de trois amendements déposés par le gouvernement, en totale contradiction avec les propos du ministre de l’Intérieur lors du débat en octobre 2012 au sein de cette même Assemblée ! Cet aspect n’est pas du tout « mineur », mais démontre l’ambiguïté des pouvoirs publics.

Les gestes et les mots-clés :

Nous avons relevé au CAPSU que certains mots-clés avaient été mal interprétés !

Aucun problème pour « Alerter » 1er geste, avec le complément (voir couverture de la brochure) … les secours.

Aucun problème pour « Baliser » 2e geste, avec le complément (voir couverture de la brochure) … les lieux et protéger les victimes.

Mais il y a incompréhension et/ou interprétation concernant les trois autres gestes, justement les gestes de survie ! Complémentaires et indispensables aux deux premiers.

« Ventiler ».

Ce mot-clé attire l’attention sur la ventilation, c’est-à-dire la nécessité absolue pour tout accidenté de la route, surtout s’il est malconscient, voire inconscient, de « ventiler » correctement ! D’où la LVA et au final la possibilité de pratiquer le « bouche-à-bouche », en cas d’arrêt de cette ventilation (respiration).
Le mot-clé « ventiler » reprend donc à son compte autant la libération des voies aériennes en cas d’obstruction, que la position de la tête ; qu’éventuellement la nécessité de pratiquer une ventilation par bouche à bouche ou bouche à nez (objet de la formation pratique) afin d’éviter l’arrêt cardiaque qui signerait la mort certaine de la victime.

« Comprimer ».

Ce mot-clé a été confondu avec les compressions lors du MCE ! Ou pour pratiquer une ventilation artificielle par manœuvres sur la cage thoracique alors que ces méthodes ont été toutes abandonnées depuis de très nombreuses années (méthodes Sylvester, Nielsen et même Schaeffer, etc.). C’est incroyable, mais c’est ainsi !

Il s’agit bien sûr uniquement de comprimer directement la plaie qui saigne abondamment, c’est-à-dire l’hémorragie externe, dans l’attente de poser un pansement compressif (objet également de la formation pratique)… et non d’effectuer un « point de compression » de l’artère concernée pour stopper le sang, ce geste ayant été supprimé pour la formation PSC1. Il n’en a jamais été question pour les « 5 gestes », car il s’agit d’une formation de masse, donc élémentaire, uniquement sur les gestes essentiels – et simples - de survie.

« Sauvegarder ».

Il s’agit bien sûr de la position dite de « sauvegarde », expression même de son créateur le Professeur Marcel ARNAUD, la PLSA (position latérale de sécurité et d’attente) qu’il avait mise au point pour les « polytraumatisés de la route » donc bien pour secourir un blessé de la route dans le cadre des « 5 gestes ».

La brochure, éditée pour la première fois en 1972 avait obtenu l’accord et l’agrément du Professeur ARNAUD d’où la mention à la première page de la brochure.

La PLS est un geste de survie essentiel, apprise dans tous les pays du monde, certes avec des techniques différentes qui ont évolué au fil du temps, avec des retours en arrière difficilement compréhensibles pour le grand public – qui ignore ces détails. Il est bien évident que pour le mot-clé « Sauvegarder », avec le complément… le blessé inconscient. Le tourner sur le côté, il s’agit de la PLSA à deux personnes et non pratiquée seule comme pour une personne victime d’un malaise. Là réside uniquement le point de désaccord.

Ces 3 gestes de survie (Ventiler, Comprimer, Sauvegarder) font partie du programme PSC1 de la sécurité civile. Comment comprendre qu’ils soient « critiqués » par ce même service dont le rôle, la mission et le devoir est de diffuser le secourisme, au maximum, au sein de la population française ?

Sur les 25 euros :

« Coût qui inquiète » le directeur des études et recherches de l’association prévention routière ! Qui cite le prix moyen d’un permis (1500 €), soit pour 25 €, qui serait inscrit dans le décret pour éviter toute dérive, + 1,6 % de ce coût !!!

A qui fera-t-on croire que c’est un obstacle majeur pour un tel apprentissage ?
Et de reprendre les objections qui n’en sont pas, car nous avons voulu justement que la formation soit courte (4 heures) et bien en relation avec les accidents, la sécurité routière, donc le permis de conduire.

Point de vue de l’ACMF :

« Instruction d’une heure et demie » ?
C’est-à-dire rien.

Toutefois, l’ACMF pointe bien la nécessité « d’aborder des points spécifiques liés aux accidents de la route » et non d’autres conduites à tenir (accidents domestiques ou malaises contenues dans le programme PSC1).

On constate que ces divers commentaires n’apportent pas vraiment d’éléments positifs pour permettre aux pouvoirs de conclure rapidement donc de décider !

Précision de la CRF :

Complément possible à la « JDC » (Journée défense et citoyenneté) ?
Or, à cette journée, 75 minutes sont prévues pour les risques, consignes de sécurité et comment pratiquer le MCE (massage cardiaque externe) et la PLS (position latérale de sécurité).

Est-ce possible d’ajouter quelque chose ? Rien ne l’interdit, mais cela ne retire en rien la nécessité d’apprendre les « 5 gestes » face à un accident de la route au moment de la préparation d’un permis de conduire.

L’opinion du « directeur de l’urgence et du secourisme » de la Croix-Rouge est en contradiction avec l’ancien président de la CRF qui, dès 1987, disait : « À quand une épreuve de secourisme pour le permis de conduire » ? Puis son successeur en 2012 ; ainsi que par rapport à l’opinion du docteur Pascal CASSAN, auteur de l’ouvrage « Les premiers secours pour les nuls » ! (Voir les commentaires du CAPSU - bulletin n° 49, pages 65 à 70). [4] Ces messages contradictoires sont nuisibles pour le grand public et deviennent des prétextes supplémentaires pour les pouvoirs publics pour ne rien faire, en tout cas de surseoir, car : « les spécialistes ne sont pas d’accord entre eux » !

Exemple de la Suisse :

Quand on interroge la population, il est important de savoir quelle formation elle a reçue : est-ce une formation complète (type PSC1 en France) ou une simple initiation (comme avec la Croix-Rouge ou la FFSS sur les plages ou autoroutes en une heure voire moins ?).

Avec les « 5 gestes », on demande à tout futur nouveau titulaire d’un permis de conduire d’être capable de les pratiquer, par réflexe (grâce à l’apprentissage) et correctement c’est-à-dire sans danger.

L’Ambassade de Suisse à Paris avait répondu au CAPSU que les médecins des hôpitaux avaient signalé qu’ils recevaient moins de victimes de la route en détresse respiratoire, voire asphyxiées... Car mises en PLS... Grâce à la formation obligatoire décidée en 1977 !

(Il serait utile d’obtenir des précisions sur cette « auto-évaluation des personnes interrogées en matière de premiers secours). Par qui, quand ? Et quoi !
S’agit-il uniquement de l’alerte ou également des premiers gestes envers les blessés ?

Ce qui contredit totalement les interrogations (inutiles) de certains « spécialistes » (En France) qui, par leurs commentaires, ne font que freiner ou différer encore la mise en place de la formation pratique aux « 5 gestes ».

3 – Pour ou contre

POUR

Il s’agit bien en effet « d’intégrer des connaissances élémentaires ».
Compréhensibles et applicables par tous !
Pour le docteur MUHLMANN, qui est « pour », ses propos sont contradictoires et à nouveau sont de nature à semer le trouble, outre dans le public s’il en a connaissance, surtout pour les pouvoirs publics qui utilisent toujours les réticences des uns ou des autres pour exprimer des réserves et le report d’une décision qui pourtant, aurait dû être prise depuis longtemps !

Le « devoir citoyen », nous le connaissons au CAPSU, car nous avons pour plusieurs de ses membres des années de formation du public au secourisme.
Et nous tentons de le faire comprendre et admettre par les pouvoirs publics depuis plusieurs dizaines d’années !

Le secourisme à l’école, nous sommes pour (le signataire de cette note proposait en 1968 une formation aux premiers gestes de base, gratuitement, dans les collèges, à l’Académie de Lille).

En 1997, le Conseil général du Nord subventionnera la CRF afin de former aux « 5 gestes qui sauvent » 7500 collégiens en une séance de 3h 30 !
(Il s’agit bien des « 5 gestes » enseignés par les moniteurs de secourisme de la CRF).

Le problème c’est que nous ne serons jamais capables, d’une manière satisfaisante donc suffisante, d’assurer cette formation initiale au sein de l’Éducation nationale à tous les élèves. Nous le savons maintenant depuis de nombreuses années. Il faut certes poursuivre les efforts, mais ne pas oublier tous ceux et celles qui arriveront à l’examen d’un permis de conduire sans rien !

Pour eux il y aura alors la formation – minimale – pratique, de quatre heures, aux « 5 gestes » face à un accident de la route.
Le projet des « 5 gestes » comprend bien sûr l’apprentissage de l’alerte et de la protection des lieux (baliser) conduites reprises par le docteur MUHLMANN, mais il est aberrant de relever ses objections quant à la PLS et la LVA… toutefois en atténuant son propos par « à un public non averti ».
Qu’est-ce qu’un public « non averti » ? Celui qui aujourd’hui n’a évidemment aucune formation aux gestes d’urgence ! C’est pourquoi il le serait, uniquement pour cinq gestes, dans le cadre de cette formation.

Cette réserve assez incompréhensible d’un ancien médecin de l’urgence (mais qui n’a pas pratiqué effectivement le secourisme – ce qui peut expliquer cette position), est en totale contradiction avec celle du président actuel de l’ACMF (exprimée page 9) – qui fait assez désordre. Puisque le docteur LAUWICK indique qu’il faut enseigner, pour une victime inconsciente au volant, ladite LVA (ce qui est prévu avec le mot-clé « ventiler » - soit vérifier et/ou assurer la LVA donc la ventilation – et « ventiler » si nécessaire).

Ce genre d’opinion est contre-productive pour le secourisme, car il met en avant la contradiction permanente des « spécialistes » qui, en définitive, s’expriment sur le secourisme sans en connaître les fondements ni les techniques !

Enfin, si le CAPSU a préconisé de dispenser les personnes titulaires, depuis trois ans maximum, de l’attestation de formation aux premiers secours dite PSC1 ou du brevet de SST, c’est bien évidemment afin de permettre la mise en place de cette formation de masse qui devrait toucher environ 900 000 nouveaux titulaires d’un permis de conduire. Les personnes exonérées de cette obligation (les premières années) seraient environ 200 à 300 000. Mais toute personne qui le souhaiterait pourra suivre la formation de quatre heures, car l’apprentissage des « 5 gestes » est adapté à l’accident de la route avec les précautions à prendre, notamment pour la LVA et la PLS.

CONTRE

Les auto-écoles n’enseigneront pas les « 5 gestes » face à un accident de la route. Cela n’a jamais été prévu. Ce qui a été suggéré c’est que les moniteurs d’enseignement de la conduite – il y en a – qui souhaiteraient l’assurer, obtiennent la qualification requise accordée par la sécurité civile, selon un processus pédagogique (formateur aux premiers secours). Également, pour en accroître le nombre, le CAPSU a proposé (depuis longtemps) d’ajouter aux instructeurs et moniteurs existants (devenus tous aujourd’hui des formateurs) des « initiateurs », soit des secouristes actifs des associations (ou professionnels) qui seraient uniquement préparés à l’enseignement des « 5 gestes ».

Il est précisé « contre » ! Pourtant le président du réseau CRF dit : « Apprendre les gestes qui sauvent à l’occasion du permis de conduire est une mesure à laquelle nous sommes plutôt favorables ». C’est effectivement ce que nous savions, au CAPSU, étant en contact avec un représentant de ce syndicat que nous avons demandé d’auditionner à l’Assemblée et au Sénat dans le cadre du rapport prévu pour les Commissions des lois.

Ce monsieur, comme beaucoup d’autres qui s’expriment sur le sujet, ne connaît pas bien le projet d’origine des « 5 gestes ». Chaque candidat ne devra produire à l’auto-école que l’attestation de formation, c’est tout. Pas d’inquiétude à avoir pour déstabiliser les plannings.

Ce qui est regrettable – la faute (grave) doit être imputée aux pouvoirs publics, depuis l’abandon en 1983 de la décision du CISR de 1974 à nos jours – pour n’avoir pas entrepris la pédagogie et les discussions nécessaires afin d’obtenir un consensus sur un projet qui reste toujours en suspens pour les mêmes raisons d’incompréhension… Pendant que des accidentés de la route meurent avant l’arrivée des secours - encore et encore !

4 – « PARVENIR A UN CONSENSUS »

C’est sur les trois questions posées et les réponses du docteur Philippe LAUWICK, président de l’ACMF que le CAPSU souhaite obtenir le « droit de réponse » prioritaire (selon la place disponible dans la revue).

1ère question : « Pourquoi l’introduction d’une formation de secourisme au permis de conduire a-t-elle été bloquée jusqu’à présent ? »

Comment l’ancien président de l’ASAR (association des secouristes de l’agglomération de Roubaix) peut-il répondre que les « autorités politiques ont considéré qu’une telle formation serait forcément longue, difficile et coûteuse » ?
Cette perception était valable au cours de la première phase de ce projet soit dès les premières démarches ministérielles (1968) jusqu’à la décision du CISR de novembre 1974. Pourquoi ? Car la décision ne concernait plus un programme complet type BNS, mais uniquement un nouvel enseignement pratique, court, des « gestes de survie ».

Il n’y aura jamais d’accord « unanime » sur les gestes à retenir. De multiples échanges ou réunions ont confirmé ce problème. En 1986, au ministère des Transports, le docteur GIROUD, du SAMU 92, préconisait le garrot à la place de la compression directe puis d’un pansement compressif… Dès qu’il y a un désaccord exprimé, les pouvoirs bloquent. Et tout attend de nouveau !

2e question : « Quels sont les gestes qui posent problème ? »

Le docteur LAUWICK, qui a enseigné de nombreuses années la mise en PLS comme moniteur de secourisme, pour des personnes inconscientes victimes d’un malaise, mais aussi pour un blessé (au travail, domestique… donc aussi sur la route), se range à un avis de quelques médecins d’un groupe de travail sur cette question qui, probablement, n’ont jamais dans leur vie, malgré qu’ils soient médecins, placé une victime inconsciente en PLS dans la rue !

Ou le docteur LAUWICK s’est mal exprimé ou sa réponse a été mal comprise et mal rédigée lorsqu’il lui est attribué, toujours à propos de la PLS :
« Ne devrait-elle pas être appliquée uniquement pour une victime accidentée se trouvant déjà au sol ? » ( ?).

Or, la PLS, mise au point rappelons-le par le Professeur Marcel ARNAUD pour « sauver » les « blessés de la route » est bien évidement uniquement prévue pour les victimes qui se trouvent au sol, soit un piéton renversé, un conducteur ou passager d’un deux-roues ou une personne éjectée d’un véhicule.

Le docteur LAUWICK aurait dû s’opposer à valider cette affirmation au nom de l’ACMF, association qui a aidé le Professeur ARNAUD, dès ses débuts. Le prédécesseur du président actuel de l’ACMF, le docteur André SOUBIRAN, soutiendra le projet, le concept et la campagne des « 5 gestes qui sauvent » par le financement de plusieurs éditions de la brochure gratuite ainsi que l’organisation à Paris d’une conférence de presse en mai 1987.

L’ACMF est pour une telle formation, mais sa proposition ne ressemble guère à ce qu’il faut entreprendre. Il ne reste plus rien avec une proposition de 1h 30.

La PLS s’impose pour toute victime inconsciente du fait des risques de régurgitations, vomissements et/ou écoulement de sang éventuel dans la gorge donc dans la trachée vers les poumons. Et le risque d’une obstruction au passage de l’air lorsque la personne inconsciente demeure sur le dos, par l’affaissement de la langue vers l’arrière.

La PLS est l’un des gestes les plus importants du secourisme. Faire l’impasse parce qu’on prétend que mettre un blessé sur le côté » - s’il était atteint à la colonne vertébrale ou surtout aux vertèbres cervicales – pourrait aggraver son état et le paralyser est un non-sens. Il faut alors reprendre le propre slogan de l’ACMF : agir ou laisser mourir ! Pour nous évidemment, il faut agir, mais pas n’importe comment.

La PLS pour un blessé est à pratiquer à deux personnes. Une qui se charge de maintenir la tête par une prise bilatérale et de l’accompagner durant la manœuvre de mise en position latérale. L’autre qui pivote le corps progressivement sur le côté.
Pourquoi la PLS est-elle inscrite dans tous les programmes, en France et à l’étranger et que l’on ne pourrait pas l’apprendre, à tous (comme le MCE avec la FFC pour l’arrêt cardiaque) pour sauver des vies ?

Les médecins cardiologues de la FFC répètent souvent : « il vaut mieux mal faire que de ne rien faire », car, dans le cas d’un MCE pas tout à fait précis il pourra être moins utile… donc suffisant pour maintenir en vie la personne en détresse avant l’arrivée des secours !
Dans ces conditions, il faut d’urgence (en France, car dans les autres pays on ne pose pas cette question assez décalée, voire incroyable) retirer l’enseignement de la PLS dans les programmes SST et PSC1.

3e question : « Quelles sont les recommandations de l’ACMF » ?

A l’apprentissage de l’alerte et de la protection des lieux de l’accident, le président de l’ACMF confirme également que la « compression des hémorragies externes » fait l’unanimité !
Pour prouver combien le débat entre quelques « spécialistes » va à l’inverse du but recherché, le ministre de l’Intérieur, lors du débat sur la proposition de loi pour la formation aux « 5 gestes qui sauvent » à l’Assemblée nationale, en octobre 2012, affirmera le contraire ! Position qui lui aura été communiquée par la sécurité civile – comment comprendre ?

Ainsi, ces échanges anormaux et inexacts sèment le désordre et font que lorsqu’une décision doit être prise, des parlementaires s’interrogent (à cause du risque éventuel qui n’existe pas, car, ou on sauve la vie du blessé ou on le laisse mourir en ne faisant rien) !

Nous sommes d’accord pour le « dégagement d’urgence » - prévu avec le 2e geste « Baliser et protéger les victimes », même si le cas n’est pas très fréquent.

Le « quatrième » geste de l’ACMF est en fait la LVA prévu avec la formation « Ventiler ». Selon ses réponses, le docteur LAUWICK serait d’accord avec quatre des cinq gestes : alerter, baliser, ventiler (soit LVA), comprimer. Sauf la PLS même s’il atténue son propos par « de nouvelles études médicales doivent être menées afin de déterminer le ratio bénéfice/risque de la PLS ».

Nous sommes en 2014 ! La PLS a été mise au point et améliorée, pour les polytraumatisés de la route, par le Professeur ARNAUD, au début des années 60 !
C’est à faire pitié que nous en soyons toujours là.

5 – « AVEC QUELQUES GESTES SIMPLES, ON PEUT SAUVER UNE VIE » :

C’est avec le sénateur Jean-Pierre LELEUX que nous achèverons nos commentaires sur cet article. Considéré comme « non-spécialiste » (il a passé il y a bien longtemps son BNS), c’est pourtant lui qui aura la présentation la plus claire, objective et pédagogique du « concept des 5 gestes » et de sa proposition de loi.

Tout est dit et repris dans on interview dont devraient s’inspirer les parlementaires qui n’ont rien compris (il y en a malheureusement), mais surtout les quelques soi disant « spécialistes », peut être de la sécurité routière, mais sûrement pas du secourisme ! Et surtout les pouvoirs publics qui ont révélé au grand jour à l’occasion des discussions à l’Assemblée en octobre 2012 puis au Sénat au novembre 2013, combien ils pouvaient se contredire et compliquer encore la compréhension d’une idée pourtant « extrêmement simple » comme le rappelle le sénateur.

En reprenant plusieurs mots essentiels, on a le concept tel qu’il a été créé et proposé :

« pratique – réflexes – survie – gestes simples – moyen mnémotechnique – quatre heures… ».

Monsieur le sénateur Jean-Pierre LELEUX a compris l’enjeu et, par l’étude progressive et minutieuse du projet présenté il a compris l’urgence de déposer une proposition de loi avec son collègue du Nord le sénateur Jean-René LECERF.

Car il s’agissait de relancer le débat stoppé à l’Assemblée en octobre 2012 par le blocage des pouvoirs publics qui n’étaient pas désireux de s’engager (maintenant ?) dans cette voie. Or, vu le retard chronique qu’a pris notre pays pour la diffusion du secourisme, il y a urgence, on ne peut plus différer, à prendre cette décision.


Documents utiles pour le débat

- Rapports à l’Assemblée nationale du député Bernard GÉRARD (2012 et 2014).
- Rapport au Sénat – Intervention en séance des sénateurs Jean-Pierre LELEUX et Jean-René LECERF en novembre 2013 et en avril 2014.
- Lettres adressées par le CAPSU à la rapporteure de la proposition de loi au Sénat, à la ministre qui représentait le gouvernement lors du débat en séance en novembre 2013 au Sénat ; ainsi qu’au président de la Commission des lois à l’Assemblée.
- Documents intitulés « mémoires » sur les 5 gestes qui sauvent : 9 premiers mémoires (1981 à 2005) en ligne sur le site secourisme.net
- Références bibliographiques du CAPSU (voir page CAPSU sur secourisme.net).
- Bulletins CAPSU n° 50 (novembre 2012), n° 51 (juin 2013), n° 52 (juin 2014).
- Voir les mots-clés détaillés sur la couverture (jointe) de la brochure gratuite « 5 gestes qui sauvent » (625 000 exemplaires) agréée par le Professeur Marcel ARNAUD.
- Voir la note (jointe) CAPSU de novembre 2013 – historique des « 5 gestes ».

Sur le Web : CAPSU

Notes

[1Voir les références bibliographiques du CAPSU.

[2Projet de loi pour lequel le CAPSU a été auditionné. Ses propositions d’un « plan de secours communal » (qui sera appelé plan de sauvegarde), ainsi que de la nomination d’un élu en charge de la protection civile, avaient été retenus (parmi d’autres propositions non retenues).

[3Voir la note jointe sur le CAPSU et les « 5 gestes » de novembre 2013.

[4Dans son ouvrage « Les premiers secours pour les nuls », le docteur Pascal CASSAN, page 21, rend hommage au fondateur du premier SMUR, le Professeur BOURRET, à Salon-de-Provence en 1957 et rappelle que « cette idée, élaborée par le Professeur Marcel ARNAUD, fondateur de la traumatologie routière, a ensuite été reprise…. Tout en précisant que « Marcel ARNAUD fut ainsi le véritable promoteur du secourisme dans le domaine des accidents de la route ».
Il préconise page 22 une formation aux premiers secours en France et précise qu’en Autriche (obligation mise en place en 1973) : « dans 57% des cas un premier sauveteur était présent et que, lorsqu’un geste de premiers secours était nécessaire, 86% d’entre eux ont été effectués de manière appropriée » !

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