Une alerte est la diffusion d’un signal sonore et de messages qui annoncent qu’un danger est imminent. Elle permet à chacun de prendre des mesures de protection adaptées.

Les mesures d’alerte

La loi du 22 juillet 1987 [1] a initié le principe d’un code national d’alerte. Ce même principe figure dans le code de la sécurité intérieure [2]. Il reprend le principe des sirènes, en y ajoutant les moyens offerts par les nouvelles technologies (automates d’appel, information téléphonique personnalisée dans les secteurs à risques, SMS, panneaux à messages variables).

Le texte d’application [3] précise : « les mesures d’alerte ont pour objet d’avertir la population de la nécessité de se mettre immédiatement à l’abri du danger et de se porter à l’écoute de l’un des programmes nationaux ou locaux de radio ou de télévision des sociétés nationales de programme Radio France, France Télévisions et son réseau en outre-mer et, le cas échéant, d’autres services de radiodiffusion sonore et de télévision (...) ».

Afin d’assurer la diffusion de l’alerte dans les médias conventionnels, le ministère de l’intérieur a signé, en 2006, une convention de partenariat avec France Télévisions renouvelée en date du 3 septembre 2009, et qui était renégociée en 2017. Celle-ci avait été déclinée par des conventions conclues avec France 2, France 3 et Réseau France Outre-mer (RFO).

La convention nationale de 2004 conclue avec Radio France a quant à elle été renouvelée le 16 juillet 2015. Elle est accompagnée de messages préformatés comprenant les consignes de sauvegarde pour treize types de risques différents. Les modules sonores prescrivant les comportements adaptés ont été enregistrés et mis à disposition de l’ensemble des stations émettrices de Radio France. La pratique a révélé que les réseaux France Bleu et France Info étaient les mieux armés pour répondre à la diffusion de l’alerte par leur granularité optimale et la participation des équipes aux exercices.

Les sirènes historiques appartiennent à l’ancien réseau national d’alerte (RNA), qui a nécessité des travaux de rénovation importants. Le RNA a été institué après la seconde guerre mondiale par le service de la protection civile pour répondre à des risques de nature militaire. L’arrêté du 9 février 1954, qui porte création de ce réseau, n’envisageait que les bombardements comme motif de déclenchement. L’arrêté du 8 mai 1973 a, par la suite, élargi les hypothèses d’utilisation aux risques nucléaires, bactériologiques et chimiques (NBC).

Il était, dans les années 2000, constitué d’environ 4 500 sirènes et 48 sites de déclenchement, interconnectés par des liaisons filaires, situés sur 6 bureaux généraux de l’alerte (centres de détection et de commandement de l’armée de l’air) et 42 bureaux de diffusion et de l’alerte (implantés dans les locaux des préfectures).

La technologie de ce réseau était analogique, et les équipements (armoires de commande et meubles de déclenchement des sirènes) répondaient aux normes électriques de l’époque. Le nouveau système d’alerte aux populations prévoit 5338 sirènes à installer. Les anciennes sirènes du RNA sont en partie conservées et modernisée pour être raccordées au nouveau système de commande. L’architecture repose désormais sur un serveur informatique de commande des sirènes, qui peut être déclenché par les autorités au niveau national, zonal, ou communal.

Ce réseau est critiqué dans la mesure où son coût de rénovation et d’entretien est très important et sa compréhension par la population faible [4].

Le signal national d’alerte

Le signal national d’alerte est un signal spécifique émis par une sirène. Il ne renseigne pas sur la nature du danger, car le même signal est émis dans toutes les situations d’urgence [5].

Pour donner l’alerte, une sirène émet un signal [6] :

- prolongé ;
- modulé, montant et descendant ;
- de trois séquences séparées par un intervalle de cinq secondes.

Chaque séquence est composée d’un signal modulé de 61 secondes, qui s’atténue ensuite pendant 40 s.

Ce signal peut être schématisé ainsi :

La fin de l’alerte est également annoncée par une sirène émettant un signal continu de 30 secondes.

Signal d’essai

Chaque premier mercredi du mois, à midi, un signal d’essai est émis. Ce signal d’essai a les mêmes caractéristiques que le signal d’alerte, mais il dure seulement un cycle de 30 secondes pour ne pas être confondu avec une alerte réelle.

Si ce mercredi tombe un jour férié, l’essai peut être reporté.

Messages d’alerte

En complément des sirènes, des messages d’alerte peuvent être diffusés par les panneaux lumineux qui se trouvent dans les lieux publics et sur les infrastructures de transport, en particulier les gares, métro, aéroports, panneaux d’autoroute... Des messages d’alerte peuvent également être diffusés par la radio et la télévision ainsi que par l’application pour smartphones SAIP [7].

Avant l’alerte

Participez aux exercices s’il en est organisé dans votre commune, informez-vous sur les risques majeurs.

Achetez des piles pour alimenter un poste de radio. En cas de coupure d’électricité pendant une alerte, cela vous permettra d’écouter les instructions qui seront diffusées par radio. Renseignez-vous sur les fréquences d’émission de France Bleu et de France Info dans votre secteur pour ne pas avoir à tâtonner pour les trouver le jour J.

Si vous avez un smartphone : abonnez-vous aux comptes des médias sociaux de votre préfecture sur Twitter et/ou Facebook. Téléchargez l’application SAIP. Ayez si possible une batterie de secours chargée en permanence pour faire face à une coupure d’électricité prolongée.

Préparez un kit d’urgence personnel [8].

Consignes officielles à observer en cas d’alerte

Il existe un certain nombre de consignes générales de bonne conduite à suivre en cas d’accident.

Dès le retentissement du signal national d’alerte, il convient :

- de se confiner dans un local clos, de préférence sans fenêtre, en calfeutrant soigneusement les ouvertures, y compris les aérations, après avoir arrêté ventilation et climatisation, et réduit le chauffage. En effet, le confinement est le premier réflexe à avoir, car le plus efficace dans la majorité des cas. Même si l’isolation n’est pas parfaite (par exemple fenêtres brisées), cette mesure permet de limiter les effets d’une catastrophe. En cas d’explosion ou de nuage toxique, et en attendant les consignes données par les autorités, le confinement doit se faire de préférence dans des locaux situés en sous-sol ou le plus possible au centre des bâtiments ;
- ne pas fumer, éviter toute flamme ou étincelle, fermer le gaz ;
- laisser les enfants à l’école, les professeurs veilleront sur eux [9] ;

- d’écouter la radio ou la télévision (Radio France : France Info, France Bleu ; Réseau France outre-mer ; France 3) où seront données les premières informations sur la nature du risque et les premières consignes à appliquer. C’est le préfet du département où se produit l’accident qui compose le message radiophonique d’alerte transmis en radio. Le ministre de l’Intérieur (ou son représentant) a la possibilité d’intervenir directement sur les ondes à partir d’un studio situé à la direction de la sécurité civile à Paris ;
- vous informer à l’aide des réseaux sociaux de votre préfecture et du gouvernement,
- ne pas téléphoner, sauf urgence vitale, ni par le réseau fixe ni par le réseau mobile afin de ne pas encombrer le réseau qui doit rester libre pour les secours ;
- de ne sortir qu’en fin d’alerte ou sur ordre d’évacuation décidé par le responsable des secours. Cet ordre est diffusé par radio et télévision.

En cas d’ordre d’évacuation

L’annonce de l’évacuation sera faite par radio :

- se munir de ses papiers d’identité personnels, livret de famille ;
- prendre les médicaments indispensables pour les traitements en cours, et une bouteille d’eau pour les prendre ;
- couper l’eau, le gaz, l’électricité,
- se conformer aux consignes qui vous sont transmises.

En cas d’inondation

- A la maison :

  • obturer portes et soupiraux
  • couper le gaz et l’électricité ;
  • monter les objets utiles ;
  • monter à l’étage.

- A l’extérieur : ne pas tenter de traverser un courant d’eau qui atteint vos genoux.

En cas de séisme

- A l’intérieur d’un bâtiment :

  • s’abriter sous une table solide
  • ou se tenir dans l’angle d’un mur
  • ou placer un meuble (lit par exemple) près d’un mur porteur
  • s’éloigner des fenêtres.

- A l’extérieur :

  • dans une rue large, gagner le milieu de la chaussée ;
  • sinon s’abriter sous un porche ou dans l’encadrement d’une porte ;
  • s’éloigner des câbles électriques.

- En voiture : rester dans le véhicule, s’arrêter, mais jamais sur un pont ou près des constructions.

Voir aussi

- Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alerte...
- Ministère de l’intérieur : http://www.interieur.gouv.fr/Alerte...

Télécharger / écouter

Signal d’alerte aux populations
Signal de sécurité des barrages

Notes

[1Loi n° 87-565 du 22 juillet 1987 relative à l’organisation de la sécurité civile, à la protection de la forêt contre l’incendie et à la prévention des risques majeurs (abrogée)

[5Une exception toutefois : en métropole, la rupture de barrage qui est annoncée par une corne de brume. Lors de l’audition de ce signal, il faut rejoindre une zone à l’abri des effets de la rupture de l’ouvrage hydraulique.

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Le signal d’alerte aux populations

28 avril 2015 par lenglet

Bonjour
Directrice d’école, je dois mettre en place des exercices de sécurité et notamment des exercices de mise en confinement. Nous avons cette année fait toute une information auprès de nos élèves, sur ce qu’était l’alerte aux populations, ce qu’il fallait faire, nous avons simulé une mise en confinement mais personne aujourd’hui, M. le maire y compris, ne peut me dire quel est le signal qui alerte la population de notre commune. Auriez vous une réponse ?
Merci d’avance
Mme Lenglet

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Le signal d’alerte aux populations

3 février 2016 par tamtam

Le signal est le même pour tous comme expliqué sur ce site : signal modulé long. Le confinement se fait pour vous en relation avec votre inspection académique, la mairie et la préfecture

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Le signal d’alerte aux populations

10 février 2014 par anhune

Bonjour,
Je travaille en crèche. Doit-on avoir un local particulier en cas de confinement ? Que faut-il prévoir dans l’éventualité où nous devrions rester confinés avec les enfants pour un temps indéterminé ? (Eau, nourriture, couvertures ?)
Merci.

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Le signal d’alerte aux populations

10 février 2014 par Webmaster

Bonjour,

Il n’y a pas de réponse toute faite, chaque cas est particulier. Pour réfléchir à un plan de prévention dans votre crèche, je vous suggère de développer :
- la connaissance des risques naturels ou technologiques auxquels la commune est exposée,
- des contacts avec la mairie, les secours locaux, etc...
- la constitution d’une équipe pour assurer l’encadrement des enfants et du personnel, les liaisons avec les autorités, la famille et les secours...
- des exercices de simulation.

Lors de l’élaboration de votre plan, voici quelques questions à se poser :
- quand mettre en œuvre ce plan ?
- comment sera déclenchée l’alerte ?
- où et comment mettre les enfants en sûreté ?
- comment gérer la communication avec l’extérieur ?
- quelles sont les consignes à suivre ?
- quelles sont les ressources dont dispose la crèche ?

Comme vous l’imaginez c’est un projet collectif, pas nécessairement très complexe, mais important pour être prêt en cas d’alerte réelle. Faire un exercice par an sera aussi très instructif et vous permettra d’affiner votre plan. Vous n’avez plus qu’à vous lancer :-)

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Le signal d’alerte aux populations

5 novembre 2009 par Thierry

Bonjour
Je suis à la recherche d’un message radiophonique d’alerte au confinement.
Où puis-je en trouver un.
Merci de vos réponses

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Le signal d’alerte aux populations

8 juin 2009 par lou19

J’ai voulu télécharger ce signal, mais en fait il ne semble pas cohérent, avec la véritable alarme, il est tronqué.3 fois 1 minute 41 secondes, on est loin du compte. Ou peut-on télécharger une alarme conforme ?
lou

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Le signal d’alerte aux populations

6 février 2009 par Alain-Jean THOMAS

Bonjour,

en préparant une session de formation initiale de SST lundi et en lisant cet article à la recherche d’un exemple de signal d’alerte, j’ai suivi le lien vers le ministère de l’intérieur et oh surprise, cela parait incroyable, mais il apparaît toujours 3 cycles de 1 mn au lieu de 1mn41 !

L’article datant de 2006 et le décret de mars 2007... 2 ans de retard c’est un bon score...

Courriel adressé illico au webmaster du site gouvernemental, on va mesurer leur réactivité...

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Le signal d’alerte aux populations

28 mai 2008 par OTMANI

pourquoi 1.41 s plutot que 1 min. ?

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Le signal d’alerte aux populations

9 juin 2008 par vincent29

Tout simplement parce, contrairement aux sirènes électroniques équipant notamment les sites industriels "Seveso seuil haut", les sirènes électromécaniques équipant nombre d’installations du réseau national d’alerte ne peuvent pas s’arrêter d’une seconde à l’autre. Si on coupe le moteur au bout d’une minute, il faut... 41 seconde pour qu’il s’arrête complètement - et donc que la sirène arrête totalement de sonner. L’ancien signal (3 fois 1 minutes) n’était donc pas reproductible par ces sirènes, et comme elles n’ont pas été remplaçées par des sirènes plus modernes, il fallait changer le signal national d’alerte !

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Le signal d’alerte aux populations

9 juin 2008

Merci pour ces précisions.

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Le signal d’alerte aux populations

30 novembre 2007 par Looping2007

Bonjour,

Pour information l’arrêté du 23 mars 2007 a modifié les caractéristiques du signal.

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Le signal d’alerte aux populations

30 novembre 2007 par Webmaster

C’est indiqué dans l’article.

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Le signal d’alerte aux populations

26 octobre 2007 par Le_neptunien@hotmail.com

Bonjour,

Je tenais à signaler que le signal n’est pas forcément "chaque premier mercredi du mois, à midi" comme cela est dit dans l’article. En effet je me suis fait surprendre en l’entendant un dimanche soir et après renseignement c’était bien le signal d’essai. Pourquoi cela n’est-il pas dit dans le GNR et les cours PSC1 ?

Bonsoir

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Le signal d’alerte aux populations

27 octobre 2007 par Webmaster

Si si, c’est forcément le 1er mercredi du mois à midi (12h15 pour les barrages), comme réglementé dans l’arrêté technique relatif au signal d’alerte. Sauf si la sirène n’est pas opérée par l’État, une commune ni un établissement industriel, mais c’est quand même très rare.

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Le signal d’alerte aux populations

4 novembre 2008 par Le_neptunien

Bonjour,

Vous semblez dire que la grande majorité des sirènes sont sous le contrôle de l’Etat ce qui me semble exagéré. En effet, je me suis laissé dire que le rapport était plutôt de 50/50, la moitié des sirènes seraient sous le contrôle (financement et fonctionnement) des autorités locales (communauté de communes ou communes elles-même).

Cepandant, je confirme que d’après cette même source, les sirènes régenst par l’Etat sonnent toutes les mercredi midi. Quand aux autres, c’est aux bons soins du responsable local ...

Cordialement

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