Cette page résume une partie des recommandations de l’ERC (European Resuscitation Council). Elles ont été en grande partie prises en compte dans l’évolution des techniques officielles qui a eu lieu en septembre 2001.

Théorie de la compression thoracique

Les termes « compressions thoraciques » et « massage cardiaque externe » viennent de la théorie selon laquelle la circulation est assurée artificiellement par des pressions sur le cœur. Vers le milieu des années 70, cette « théorie de la pompe cardiaque » a été critiquée, en premier lieu parce que l’on a constaté par échographie cardiaque que les valves ne fonctionnent pas pendant la réanimation, et en second lieu, car on a montré que le simple fait de tousser produit une circulation susceptible de maintenir en vie. La nouvelle théorie de la « pompe thoracique » suggère que la compression thoracique augmente la pression intra-thoracique, ce qui propulse le sang à l’extérieur du thorax.

L’opposition de ces deux théories a soulevé la question de la fréquence des compressions thoracique. Faut-il pendant la réanimation qu’elles soit élevée ou faible ? Quoiqu’il en soit, la recommandation actuelle est de 100 par minute, et il a été montré que cela est efficace en pratique.

Il est important de se rappeler que des compressions thoraciques, même réalisées efficacement, ne permettent pas de remplacer plus de 30% de l’activité cardiaque normale.

Recommandations pour le sauveteur isolé (1998)

Ces recommandations ont été publiées par l’ILCOR (International Liaison Committee on Resuscitation) en 1997. L’ILCOR a pris en compte les pratiques nationales et les travaux de recherche scientifique pour élaborer un modèle de conduite à tenir face à une personne inanimée. Ce modèle peut être adapté en fonction de pays pour tenir compte de l’organisation des services de secours et des pratiques locales, et des études à venir. L’ILCOR a constaté que l’éducation du grand public à la réanimation cardiaque est insuffisante ; que les personnes formées qui n’entretiennent pas leurs connaissances perdent très vite leur savoir-faire ; que dans certain le sauveteur répugne à pratiquer des insufflations en raison de la peur de transmission de maladies. Enfin, il apparaît qu’il vaut mieux un "mauvais massage cardiaque" que pas de massage cardiaque du tout.

Évaluation de la circulation

L’évaluation de la circulation se fait normalement par la palpation du pouls carotidien pendant 5 à 10 s. Cependant, on a constaté que pour le grand public cette évaluation n’est pas facile et peut prendre plus de 30 secondes. Même en palpant la carotide avec une longue durée, le résultat n’est pas garanti et le pouls carotidien peut être non perçu alors que le cœur bat. La plupart de ces études ont été faites en utilisant des victimes simulées en bonne santé, qui ont un pouls plus facilement perceptible qu’une victime réelle. Par conséquent l’ILCOR a choisi d’introduire l’expression : "rechercher les signes de la circulation" plutôt que d’insister sur le pouls carotidien. Cela inclus l’observation de mouvements en plus de la vérification du pouls carotidien. Le temps mis pour cette évaluation ne devrait pas excéder 10 secondes. L’absence évidente de signe de vie doit donc être suffisante pour initier les compressions thoraciques. Bien entendu, cela n’est valable que pour le grand public ; les secouristes devant être parfaitement capables de vérifier le pouls carotidien.

Volume et fréquence ventilatoires

La ventilation artificielle est une technique pratiquée depuis le débit des années 60. Le volume d’air insufflé est normalement de 0,8 à 1,2 L, chaque insufflation prenant 1 à 1,5 seconde. La validité des cette pratique est remise en cause.

En effet, le risque d’insufflation stomacale, suivi d’entrée de liquide dans les poumons, est très élevé. Le risque d’insufflation stomacale dépend de : a) la pression de l’air dans les voies aériennes, qui est déterminé par le volume et la vitesse des insufflations ; b) l’alignement de la tête et du cou, et le degré d’encombrement des voies aériennes ; c) la pression d’ouverture du sphincter inférieur de l’œsophage (environ 20 cm H2O).

Il a été montré qu’un volume d’insufflation de 0,4 à 0,5 L est suffisant pour la réanimation de l’adulte, du fait que la production de CO2 lors de l’arrêt cardiaque est très faible. Cette recommandation annule les règles précédemment en vigueur et rend nécessaire un réétalonnage des mannequins d’entraînement adultes. Ceci dit il ne remet pas en cause le fait d’enseigner que le volume d’insufflation est celui juste nécessaire au soulèvement du thorax de la victime.

Lorsque les insufflations sont associées aux compressions thoraciques, la quantité d’air insufflé par unité de temps dépend à la fois du volume insufflé et de la vitesse des compressions cardiaques. Une insufflation qui dure 1,5 à 2 secondes diminue le risque de dépasser la pression d’ouverture de l’œsophage ; il en résulte un cycle d’insufflation / expiration de 3 secondes environ. Avec un rythme de compression thoracique à 100 par minute, il faut 12 secondes pour faire 15 compressions cardiaques, puis 6 secondes pour les 2 insufflations. Le sauveteur isolé fait ainsi 60 compressions et 8 insufflations dans l’espace d’une minute.

Alerter vite / alerter d’abord

A quel moment faut-il alerter les secours ? L’importance d’une défibrillation précoce en cas d’arrêt cardiaque est reconnue. Deux logiques s’affrontent. La pratique américaine est appeler d’abord (dès que l’inconscience est constatée), la pratique européenne d’appeler après avoir constaté l’absence de pouls. Les deux approches permettent de s’assurer qu’un défibrillateur arrivera à la victime le plus rapidement possible.

Toutefois, dans les deux cas, la recommandation pour un enfant est (dans le cas où le sauveteur est seul) de pratiquer une réanimation cardio-pulmonaire pendant 1 minute avant d’aller alerter. Chez l’enfant les causes de l’arrêt cardiaque diffèrent de l’adulte. L’arrêt ventilatoire est plus courant que l’arrêt cardiaque, qui, s’il se produit, est secondaire à l’arrêt ventilatoire. Dans ce cas, les chances de survie sont extrêmement faibles. Elle dépendent essentiellement de la réalisation immédiate de la ventilation artificielle, ce qui explique la recommandation de pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire pendant 1 minute avant d’aller alerter les secours. Des résultats tendent à montrer qu’une stratégie similaire serait pertinente jusqu’à l’âge de 30 ans. Il en va de même pour les arrêts cardio-ventilatoires consécutifs à des traumatismes.

Position de sécurité

La position de sécurité, sur la côté, nécessite un compromis. La position latérale vraie, instable, qui impose une flexion importante de la colonne vertébrale, draine faiblement les liquides de la bouche. La position quasi-ventrale, elle, provoque une diminution de la ventilation du fait de l’appui sur le thorax.

Six recommandations sont émises pour la victime inconsciente qui respire :

  1. La victime doit être dans une position aussi latérale que possible, en faisant en sorte que les liquides puissent librement s’écouler par la bouche.
  2. La position doit être stable.
  3. Tout appui sur le thorax susceptible de contrarier la ventilation doit être évité.
  4. Il faut pouvoir tourner la victime et la remettre sur le dos facilement et en toute sécurité, en prêtant attention à la possibilité de blessure à la colonne cervicale.
  5. La position doit permettre un accès et une observation faciles des voies aériennes.
  6. La position ne doit pas être aggravante pour la victime.

Sur le Web : Vous trouverez l’intégralité des recommandations en anglais sur le site de l’ERC (http://www.erc.edu/)

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