Alors qu’en milieu hospitalier, l’hygiène est très stricte, elle a souvent pu être négligée lors de la pratique secouriste. Les équipiers-secouristes et les victimes qu’ils prennent en charge sont pourtant particulièrement exposés : SIDA, hépatites, tuberculose... Les formations PSE1 et PSE2 prévoient désormais les mesures d’hygiène et d’asepsie comme le nettoyage des mains ou l’utilisation d’antiseptiques. Le but de ce document est de rappeler quelques notions utiles.

I - Le nettoyage des mains

Le nettoyage des mains est expliqué dans la formation PSE1 (fiche technique 3.1).

Qu’est-ce que le nettoyage des mains ?

Nettoyage des mains simple

  1. eau + savon doux + frotter au moins 15 secondes en insistant sur la pulpe des doigts, les espaces interdigitaux, le pourtour des ongles, le dos des mains, les paumes et les poignets ;
  2. rincer à l’eau du robinet ;
  3. attention de ne pas se contaminer en fermant le robinet (fermer le robinet avec le dernier essuie-mains) ;
  4. s’essuyer avec un essuie-mains papier à usage unique ;
  5. jeter les essuie-mains dans une poubelle sans la toucher.

Voir notre démo en photos ici.

Quand le faire ?

- à la prise de poste et en fin de service ;
- avant de mettre des gants et après leur retrait ;
- systématiquement entre deux victimes ;
- après toute biocontamination : repas, passage aux toilettes, après s’être mouché, etc.
- en présence de poudre sur les mains ;
- chaque fois que les mains sont visiblement souillées.

II - Les gants

Qu’est-ce qu’un gant ?

Il existe deux sortes de gants :

- les gants à usage unique non stériles,
- les gants stériles.

Les gants stériles sont rarement utilisés dans le cadre secouriste (emballage de fracture ouverte). Ils nécessitent une technique particulière et un nettoyage chirurgical des mains (plus compliqué que le nettoyage simple exposé ci-dessus). Il est parfaitement inutile de les utiliser si on ne connaît pas la procédure.

Quand les mettre ?

- sauf situation exceptionnelle, les gants à usage unique doivent rester dans leur boîte jusqu’au dernier moment, pour éviter leur biocontamination :

  • ne pas les laisser traîner dans une poche de vêtement, sur une table, etc.
  • ne les sortir de leur boîte qu’après un lavage des mains ;
  • ne les sortir de leur boîte que pour les mettre.

- les gants doivent être portés pour toute antisepsie de plaie, pose de pansement, contact avec le sang ou un liquide biologique, des muqueuses, un épiderme souillé...

L’absence de gants ne doit pas retarder l’exécution d’un geste d’urgence vitale tel qu’une compression manuelle pour stopper une hémorragie. Dans ce cas on pourra toujours utiliser un moyen de protection de fortune tel qu’un sac plastique.

Précautions à prendre lors de l’utilisation des gants

Il est absolument indispensable de :

- se laver les mains avant de mettre les gants ;
- se laver les mains après avoir enlevé les gants ;
- jeter la paire de gants dans un sac-poubelle destiné à être incinéré.

Pour le retrait des gants, voir notre démo photo ici, ainsi que la fiche technique 3.3 de la formation PSE1.

III - Nettoyage et antisepsie des plaies

Qu’est-ce que le nettoyage et l’antisepsie ?

Nettoyage et antisepsie sont deux phases distinctes.

Nettoyage = Opération aux résultats momentanés permettant sur les surfaces de dissoudre les matières organiques et d’éliminer une partie des micro-organismes (définition Afnor).

Antisepsie = Opération au résultat momentané, permettant sur les tissus vivants d’éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus, en fonction des objectifs fixés (définition Afnor).

Quels produits utiliser ?

Les produits suivants sont conseillés :

- pour le nettoyage : eau et savon doux. Convient pour le lavage des peaux saines ou lésées. Bien rincer pour éliminer tout le savon.
- pour le rinçage : eau simple ou solution stérile de NaCl à 0,9 % (« sérum physiologique »)
- pour l’antisepsie : un antiseptique, de préférence en dosette à usage unique. Il est important de vérifier la date de péremption du produit et de lire attentivement la notice du produit utilisé. Comme tout produit médicamenteux, il peut faire l’objet de contre-indications et provoquer des allergies. À titre d’exemple, la Bétadine, parfois utilisée en secourisme, est contre-indiquée aux enfants de moins de 30 mois, et à la grossesse à partir du 4e mois et allaitement ;
- des compresses stériles emballées (les compresses non stériles ou hors emballage sont fortement déconseillées).

IL EST INUTILE ET DANGEREUX D’UTILISER PLUSIEURS ANTISEPTIQUES SUR UNE MÊME PLAIE.

Les plaies simples pour lesquelles on ne peut pas appliquer l’antiseptique de la trousse de secours en raison d’une contre-indication seront seulement nettoyées à l’eau et au savon.

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Matériel pour le nettoyage et l’antisepsie des plaies simples
eau, savon doux, Bétadine rouge, sérum physiologique, Bétadine jaune, gants à usage unique, compresses stériles emballées, pansements adhésifs.

Comment procéder ?

1. Préparation

- se laver les mains
- mettre des gants à usage unique
- s’assurer que la victime n’est pas allergique à l’antiseptique de la trousse de secours,
- vérifier la date limite d’utilisation de l’antiseptique et du sérum physiologique si on veut en utiliser ;
- vérifier l’intégrité des flacons (ils ne sont pas percés, souillés, ouverts depuis 2 mois, etc.)

2. Nettoyage

- se saisir d’une compresse ;
- nettoyer la plaie à l’eau et au savon. Recommencer avec de nouvelles compresses jusqu’à ce que la plaie soit propre.

3. Rinçage

- irriguer abondamment la plaie au sérum physiologique ou à l’eau pour rincer le savon.

4. Antisepsie

- demander à la victime si elle n’est pas allergique à l’antiseptique de la trousse de secours ;
- vérifier la date de péremption de l’antiseptique ;
- prendre une nouvelle compresse stérile et l’asperger abondamment d’antiseptique. Le bouchon de la bouteille d’antiseptique ne doit pas toucher la compresse ;
- réaliser l’antisepsie de la plaie (de l’intérieur vers l’extérieur de la plaie si elle est étendue) ;
- recommencer au moins une fois
- si nécessaire, placer un pansement adhésif stérile sous emballage individuel, après avoir vérifié l’intégrité de l’emballage et la date limite d’utilisation. La partie adhésive ne doit jamais être collée sur la partie lésée de la peau.

5. Et le tétanos ?

- ne pas oublier de questionner la victime à propos de sa vaccination antitétanique ;
- conseiller à la victime, si la plaie devient chaude, rouge, si elle gonfle, ou si elle continue à être douloureuse dans les 24 heures de consulter sans tarder un médecin.
- faire noter l’intervention, remercier le visiteur

6. Nettoyage

- jeter les compresses souillées et les emballages dans un sac jaune de déchets d’activités de soins ;
- y jeter aussi les gants ;
- se laver les mains ;
- assurer le rangement et la décontamination du poste de travail ;
- se laver à nouveau les mains ;
- faire un sourire au chef.

Élimination des déchets de soins : voir à ce sujet notre article ou la fiche technique 2.1 de la formation PSE2.

IV - Désinfection du matériel et du véhicule de secours

Définition : Opération au résultat momentané permettant sur les surfaces inertes contaminées d’éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus indésirables, en fonction des objectifs fixés. Le résultat de cette opération est limité aux micro-organismes présents au moment de l’opération (définition Afnor).

Il existe deux types de désinfection du matériel de secourisme :

- la désinfection de fortune en cours de mission, après une intervention sur le terrain ;
- la désinfection mission terminée, de retour au garage.

Le principe général est décrit dans les fiches techniques 2.2 et 2.3 de la formation PSE2. On donne ici un exemple de protocole. Il en existe d’autres. Voir aussi la rubrique consacrée à la désinfection des véhicules de premiers secours sur le serveur Urgence : http://www.urgence.com/hygiene/vehicules/.

Désinfection en cours de mission (entre deux interventions)

Conditionner les déchets souillés, le linge sale, la couverture isothermique (usage unique)...

Pulvériser une solution détergente désinfectante sur le matériel qui a été en contact avec la victime : brancard, matelas à dépression, surfaces, lavabo, poignées de porte... Étaler avec une lavette en non-tissé à usage unique ; laisser sécher sans rincer. Jeter la lavette dans le sac jaune à déchets mous.

Le matériel à risque faible, c’est à dire qui n’est pas en contact direct avec la peau lésée ou les muqueuses, peut être nettoyé sur place à l’aide d’une solution détergente désinfectante en spray et d’une lavette en non-tissé. C’est par exemple le cas du stéthoscope, du tensiomètre, du brancard, matelas à dépression, etc.

Le matériel non jetable en contact avec une muqueuse ou une peau lésée (masque de BAVU par exemple) doit faire l’objet d’une désinfection complète à la base et sera donc stocké temporairement dans un sac en plastique prévu pour contenir le matériel contaminé non jetable (ex. sac en plastique rouge).

Se laver les mains.

Noter ce qui a été fait.

Désinfection complète (de retour à la base...)

Nettoyer la cellule sanitaire et le poste de conduite.

Utiliser un produit détergent et désinfectant puissant, selon les recommandations de votre médecin ou pharmacien-conseil. Généralement ce type de produit doit être dilué. Il est souvent très agressif pour les tissus humains et doit donc être utilisé avec précaution pour éviter les irritations : lire la fiche de sécurité du produit, porter des gants.

Partir des surfaces les moins sales vers les plus sales pour ne pas favoriser la recontamination des zones déjà nettoyées.

Ne pas oublier les tiroirs, les supports de matériel, étagères, porte-brancard, poignées...

Laver le sol sans balayage préalable pour éviter la remise en suspension des poussières, ou aspirer la poussière à l’aide d’un aspirateur dont le moteur est laissé à l’extérieur de la cellule. Utiliser la méthode de lavage des deux seaux (cf. fiche technique 2.2 de la formation PSE2). Laisser sécher avant de remettre le matériel.

Vider la réserve d’eau puis la remplir avec de l’eau potable à laquelle on ajoute une solution d’eau de Javel à 12 ° chlore (10 mL pour 10 L d’eau). Pour éviter tout risque de contamination en provenance de la réserve d’eau sur les véhicules anciens, il est aussi possible de la condamner purement et simplement.

Petit matériel (masque, BAVU, aspirateur de mucosités) :

- nettoyer à l’aide d’un détergent : brossage, rinçage à l’eau claire, séchage avec un papier à usage unique ;
- désinfecter par immersion dans une solution désinfectante (cf. mode d’emploi : protection individuelle, temps de contact...) ;
- rincer à l’eau claire, sécher,
- stocker dans un endroit propre et fermé réservé à cet usage.

Noter ce qui a été fait.

Merci à Thomas Duvernoy, Yann Aunez et Yves Benisty pour vos remarques pertinentes.
Pour en savoir plus sur les produits antiseptiques, lisez sur le serveur Urgence
http://www.urgence.com/hygiene/antiseptique/doc.html Mise à jour 14/04/08

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> Notions d’hygiène en secourisme

23 janvier 2005 par infirmier spv 31

le site web d’urgence .com ne fonctionnant plus pourrai-je recuperer l’article nommé urgence.com/hygiene/antiseptique/doc.html pour pouvoir l’exploiter pour la formation au cour de la manoeuvre d’équipe ?
merci par avance

Sur le Web : www.

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> Notions d’hygiène en secourisme

4 juillet 2005 par Le webmaster

Voici (en attendant la remise en ligne de l’original) le texte de l’article récupéré sur http://web.archive.org/.


Généralités sur les produits antiseptiques ou désinfectants
Auteurs : Yann Aunez, Dr Jean-Marc Cachera, Eric Couchot
Mise à jour : 22/11/99


Nous avons choisi de vous présenter quelques notions concernant les produits antiseptiques ou désinfectants, avant de vous détailler les différentes familles chimiques, puis les produits.

1. Historique

Depuis très longtemps l’homme, en fonction de ses connaissances, a utilisé de nombreux produits et méthodes pour se protéger et lutter contre les infections.
Voici un court résumé de l’historique sur l’hygiène. Il est plus détaillé en cliquant ici.

Dans l’antiquité le principal moyen de lutter contre les maladies est la propreté. Les égyptiens utilisaient des épices, essences et huiles végétales pour limiter la putréfaction des plaies et des cadavres. A cette même époque les perses conservaient l’eau dans des récipients en cuivre ou en argent, car ces métaux en empêchaient le pourrissement.

Au Moyen Age avec les grandes maladies contagieuses (pestes, …), la notion d’organismes invisibles se développe pour propager ces maladies. Les seules mesures de protection efficaces sont l’isolement.

A la renaissance, l’allemand PARACELSE améliore le traitement des plaies par des pansements d’ « émollients » non douloureux à base de mercure et de cuivre.

En 1537, le chirurgien français Ambroise PARÉ abandonne l’huile bouillante et panse les plaies avec un mélange de jaune d’œuf, d’huile de rosat et de térébenthine.

Il obtient le taux d’infection le plus bas pour l’époque et pour ce type de blessure.

En 1750, le chirurgien écossais John PRINGLE emploie pour la première fois le mot « antiseptic » pour les produits appliqués sur la peau et les plaies. En pleine révolution française, le chimiste français Claude BERTHOLET découvre l’eau de Javel. Ce n’est qu’en 1793 que, le chirurgien-major Pierre François PERCY utilisera des dérivés du chlore contre la pourriture à l’hôpital.

Pendant le siècle des découvertes, le pharmacien français Bernard COURTOIS découvre l’iode en 1811, tandis qu’à la même période le chimiste français Louis Jacques THENARD découvre l’eau oxygénée. En 1867, Joseph LISTER utilise l’acide phénique pour prévenir l’infection à la suite d’une fracture ouverte de jambe. La mortalité baisse de 60% à 15%. C’est en 1874 que le chirurgien français Just LUCAS-CHAMPIONNIÈRE met en pratique cette méthode qui donne d’excellent résultats. Vers la fin du siècle apparaît de nouvel forme de produits (synthétisation des phénols par BASF) ou de nouvel utilisation (le formaldéhyde pour désinfecter des locaux, l’ozone ou la Javel pour désinfecter l’eau).

Au début du 20ième siècle, pendant la première guerre mondiale, le médecin chimiste Henry DAKIN met au point un antiseptique (à base de chlore) pour les plaies ouvertes ou infectées. En 1950, ROSE et SWAIN synthétisent pour les laboratoires I.C.I. la chlorhexidine suivit de près par H. SHELANSKI et CANTOR qui réussissent à complexer l’iode dans un polymère : la polyvinyl pyrrolidone iodé.

2. Définitions

Pour une meilleure compréhension de l’article, voici quelques définitions (vous les retrouverez plus complètement en cliquant ici) :

- Antisepsie : opération au résultat momentané, permettant sur les tissus vivants d’éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus, en fonction des objectifs fixés.
- Antiseptique : produit ou procédé utilisé pour l’antisepsie.
- Désinfection : opération au résultat momentané permettant sur les surfaces inertes contaminées d’éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus indésirables, en fonction des objectifs fixés. Le résultat de cette opération est limité aux micro-organismes présents au moment de l’opération.
- Désinfectant : produit ou procédé utilisé pour la désinfection.
- Décontamination : opération au résultat momentané permettant d’éliminer, de tuer ou d’inhiber les micro-organismes indésirables en fonction des objectifs fixés. Le résultat de cette opération est limité aux micro-organismes présents au moment de l’opération. La décontamination s’adresse exclusivement à du matériel souillé.
- Décontaminant : produit ou procédé utilisé pour la décontamination.

3. Facteurs influancant l’activité des produits antiseptiques, désinfectants, ...

Ces produits vont réagir avec certaines parties de ces micro-organismes (la paroi cellulaire, le noyau, ...) par une réaction chimique afin d’obtenir la mort de la bactérie, du virus, champignons, ... Cette réaction chimique sera modifié en fonction de différents éléments.

La concentration

Le produit utilisé doit être à la bonne concentration pour avoir une activité microbiologique (selon ce que l’on choisit).

Si ce produit est (trop) dilué, il y aura une diminution (parfois importante) de son activité. On pourra obtenir une action bactériostatique, virostatique ou fongistatique, voire nulle. A l’inverse s’il est trop concentré, il sera agressif, irritant pour les tissus vivants ; ou corrosif pour le matériel, les surfaces ... et pourra l’abîmer.

Par exemple certains produits (comme les phénols) s’ils sont trop concentrés, entraînent une coagulation des protéines et le désinfectant aura de grande difficultés pour atteindre sa cible au coeur du micro-organisme.

Parfois un produit chimique possède une certaine concentration pour être efficace contre les surfaces, le mobilier, ... il serait trop agressif sur les tissus vivants : peau, muqueuses. C’est pour cela que l’on peut retrouver une même molécule avec une forte concentration comme désinfectant et nettement plus diluée comme antiseptique. Par exemple c’est le cas de l’eau de Javel (12° Ch) comme désinfectant et le Dakin (environ 1,5° Ch) comme antiseptique.

La température

Les micro-organismes se multiplient plus ou moins vite suivant la température. Une chaleur importante peut même entraîner leur mort, a l’inverse on conserve les aliments à basse température dans un réfrigérateur pour limiter le développement microbien.

Par exemple, certains produits comme les aldéhydes peuvent dégager des vapeurs toxiques au delà de certaines températures. Il faudra toujours respecter les températures préconisées par le laboratoire.

Le temps de contact

Comme pour toutes réactions chimiques, il faut un temps de contact minimum entre le produit chimique et le micro-organisme pour le tuer.
Si le temps de contact est trop bref (durée ecourtée par un rinçage anticipée) le produit chimique n’a pas le temps d’agir, il n’aura alors qu’une action bactériostatique, virostatique ou fongistatique, voire nulle.
A l’inverse si le temps de contact est plus long que celui préconnisé par le laboratoire, le produit chimique pourra être agressif, irritant pour les tissus vivants ; ou corrosif pour le matériel, les surfaces ... et pourra abîmer le matériel, les surfaces ...

Par exemple, le temps de contact est généralement court (5 minutes) pour les bactéries, mais il augmentent sensiblement pour les virus (15 à 30 minutes), les champignons et encore plus pour les spores bactériennes (1 heure).

L’acidité, le PH

Ce facteur intervient principalement sur la croissance et la survie des micro-organismes. Suivant son acidité, un antiseptique, désinfectant sera plus ou moins actif.

Par exemple les dérivés chlorés sont plus actifs en milieu acide. Par contre les ammoniums quaternaires ne sont pas actifs en milieu alcalin.

Les substances interférentes

Les ions (Calcium, Magnésium, Iode, Mercure, ...)

Ils agissent au niveau de la dureté de l’eau, selon la concentration des ions calciques et magnésiques, un produit chimiques sera plus ou moins actif.

C’est pour cela qu’il existe des normes qui mesure l’activité des antiseptiques, désinfectants, ... en présence de substances interférentes référencées.

Par exemple, le calcium contenu dans eau « dure » pour inhiber les désinfectant à base de chlorhexidine ou d’ammoniums quaternaires.

Certains ions lorsqu’ils sont en présence, peuvent précipiter et former un composé très agressif pour les tissus (Iode + Mercure = Iodure de Mercure).

Les matières organiques biologiques

Les matières organiques sont généralement le sang, mais également urine, selle, vomis, ... Les protéines contenues dans ces matières organiques biologiques entraînent une réaction chimique qui diminue la concentration du produit chimique, donc son activité en sera affaiblie.

La présence de matières organiques diminue l’activité de tous les produits désinfectants, à divers degrés. Elle est la moindre avec les dérivés phénoliques. Elle est nettement plus importante avec les dérivés chlorés ou iodés, les aldéhydes ou les ammoniums quaternaires. Il est important en présence de nombreuses matières organiques biologiques de procéder à un rinçage pour permettre une dilution de ces matières organiques biologiques ; puis à un nettoyage mécanique.

4. Classement des antiseptiques, désinfectants, ...

On peut classer les antiseptiques, désinfectants selon plusieurs critères.

Leur type

Les différents produits peuvent être classés selon qu’ils sont des antiseptiques, des désinfectants, des décontaminants ...

La famille chimique

Les oxydants (dérivés iodés, chlorés, ...), les dérivés métalliques, les biguanides, les ammoniums quaternaires, les aldéhydes, etc ...

Leur utilisation

Au niveau des antiseptiques suivant l’Autorisation de Mse sur le Marché (AMM) ou le Visa Pharmaceutique ils peuvent être classés selon leur différente utilisation :

- antisepsie de la peau saine ;
- antisepsie de la peau lésée, ou des plaies ;
- antisepsie des muqueuses ;
- antisepsie pour actes chirurgicaux ;
- ...

Au niveau des désinfectants ils seront utilisés sur les surfaces inertes (surfaces, du mobilier, et des sols) , tandis que les décontaminants s’utilisent sur du matériel souillé (matériel médico-chirurgical, médico-secouriste, ...).

5. Conservation de l’efficacité des antiseptiques, désinfectants, ...

Il faut respecter certaines conditions pour garder intact l’activité chimiques des produits antiseptiques, désinfectants, ...

L’emballage

Au niveau des antiseptiques, ils sont en général emballés soit dans des flacons en verre translucide ou opaque, soit avec des plastiques en polypropylène de haute densité. Ce type de plastique évite que le produit soit adsorbé ou neutralisé.

Au niveau des désinfectants ou des décontaminants , ils sont généralement emballés en sachets individuels en polypropylène de haute densité.
Au niveau du bouchage, il faut éviter de fermer ces récipients avec des bouchons en aluminium, caoutchouc, liège, ... Il faudra toujours respecter le bouchon d’origine.

Le conditionnement

Le conditionnement dépend généralement du laboratoire pharmaceutique, mais ces dernières années ils ont fait des efforts pour élargir leur conditionnement avec des petits flacons ou unidoses.

Il faudra préférer de petits conditionnements, pour éviter que ces derniers soient manipulés souvent. L’extérieur du conditionnement est plus souvent contaminé par les mains que le produit lui même. Cela est d’autant plus vrai que le produit est diluée, faiblement actif (ammoniums quaternaires) et que le bouchon n’est pas anti-reflux. Il ne faut jamais déconditionner ou transvaser un antiseptique, désinfectant, ...

Le stockage

Au niveau des antiseptiques une bonne partie d’entre eux doivent être conservé à l’abri de la lumière, dans des flacons opaques. Le lieu de stockage devrait être à température relativement constante. Il faudrait faire attention (comme tous autres médicaments) à l’efficacité de ceux ci après de grande variation de température dans un véhicule sanitaire (froid l’hiver, chaud l’été).

La péremption

Il faut impérativement respecter la date de péremption indiquée par le fabriquant.

La conservation

Certains produits peuvent être actifs pendant longtemps lorsqu’ils sont concentrés (cf. date de péremption), mais avoir une durée de conservation courte une fois diluée.

Par exemple l’Hibitane Champ® a une péremption de dix jours une fois diluée. De même les nettoyants-décontaminants une fois diluée ne sont stables que pendant 24 heures.

Il sera préférable d’indiquer sur le flacon ou dans la préparation la date, voire l’heure (pour les décontaminants qui sont stables 24 heures) de l’ouverture et même la date limite d’utilisation.

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